18 novembre 2018

[Drama] Hiyokko

asadora hiyokko

Titre japonais : ひよっこ
Nombre d’épisodes : 156
Diffusé au : Printemps-Eté 2017
Chaîne de diffusion : NHK
Fiche : DramaWiki

 

Après Beppin-san, feuilleton sympathique mais très classique dans le genre, la NHK nous a proposé au printemps dernier un asadora qui s’annonçait un peu différent. Déjà parce qu’il situe son histoire dans les années 1960 avec un scénario original (non basé sur un personnage réel comme la majorité des asadora d’époque se situant autour de la guerre), et ensuite parce que le scénario a été confié à Okada Yoshikazu, à qui l’on doit d’excellents drama et qui avait déjà oeuvré pour les feuilletons du matin pas moins de deux fois : assez récemment en 2011 avec Ohisama, qui a a été mon tout premier asadora, et avant ça au tout début des années 2000 avec Churasan, que je dois voir depuis longtemps et qui est malgré son âge un des asadora les plus célèbres pour les amateurs de drama hors Japon. Cerise sur le gâteau, c’est l’adorable Arimura Kasumi qui a été choisie directement sans casting pour incarner le personnage principal. J’espérais vraiment que sa popularité grandissante lui fasse décrocher ce genre de rôle, et j’avais vu juste ! Après Tsuchiya Tao et surtout Takahata Mitsuki, c’était la troisième actrice que j’ai découverte dans un rôle secondaire d’asadora et qui a obtenu ensuite le rôle principal dans un feuilleton suivant. 

Yatabe Mineko est l’aînée des trois enfants d’une famille de paysans qui cultivent du riz dans le nord du département d’Ibaraki. Comme beaucoup d’hommes des campagnes japonaises à cette époque, il est monté à la capitale pour travailler sur l’un des nombreux chantiers entrepris pour la préparation des jeux olympiques de 1964 afin d’augmenter les revenus de son foyer. Mais un jour, Minoru disparaît brusquement sans explication. Mineko, qui devait continuer à travailler au côté de sa mère et de son grand-mère aux champs, va décider d’aller travailler à Tokyo pour soutenir financièrement sa famille et tenter de retrouver son père. La jeune fille va faire de nombreuses rencontres qui vont égayer son quotidien et changer petit à petit.

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Comme toute bonne héroïne d’asadora, Mineko est une jeune fille courageuse et joyeuse, parfois un peu maladroite et naïve. Le cahier des charges est donc rempli, mais le personnage parvient tout de même à se démarquer grâce au contexte et à l’actrice qui l’interprète. Je ne suis pas objective, j’aimais déjà beaucoup Arimura Kasumi. Mais franchement, elle est tellement adorable avec son sourire si franc ! Si bien sûr c’est l’héroïne qui porte le feuilleton sur ses épaules et qu’un personnage mal écrit et/ou mal interprété ne pourra pas donner une bonne série, j’ai déjà pu vérifier que la différence entre un bon asadora et un excellent asadora se situe souvent au niveau des personnages secondaires et de l’ambiance générale. Et comme on va le voir, cela se vérifie à 200% avec Hiyokko.

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Yatabe Minoru est un père et un époux aimant qui ferait tout pour sa famille et personne ne croit une seconde qu’il ait pu disparaître volontairement pour fuir les siens et ses responsabilités. J’étais évidemment très contente de voir Sawamura Ikki dans ce rôle, et j’allais dire que même si je sais qu’il n’a pas 20 ans ça faisait presque drôle de le voir père d’une fille de 18 ans, mais en fait j’ai vérifié là et il a… 50 ans ! P*tain, sérieusement, les Japonais ! Depuis le temps, je me fais encore avoir. Un vrai Kusano Masamune version grand :D. J’ai beaucoup aimé la complicité que Miyoko, la mère, avait avec sa fille ainée, qui a pas mal d’années d’écart avec ses deux autres enfants, Chiyoko et Susumu. Le rôle de Miyoko est tenu par Kimura Yoshino, que j’ai vu justement au même moment dans un asadora douze ans plus vieux dans un rôle bien différent. J’ai sûrement eu l’occasion de le dire, mais si l’héroïne est traditionnellement un visage nouveau pour le petit écran japonais, on retrouve régulièrement les mêmes acteurs et actrices dans les rôles secondaires de personnages plus âgés et maintenant que j’ai plus d’une douzaine d’asadora au compteur c’est quelque chose que j’aime beaucoup. Shigeru (Furuya Ikko), le grand-père maternel, veille en silence sur tout son petit monde qui travaille avec lui chaque jour aux champs.

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Minoru a un frère plus jeune, Muneo, qui est marié à l’imposante et autoritaire Shigeko. Il vient parfois aider les Yatabe pour les travaux des champs, surtout à la période de la récolte du riz. Si jamais on n’avait pas encore compris que l’histoire de Hiyokko se situait dans les années 60, avec le look de Muneo on est est sûr ! :D. Avec son humour particulier, sa petite moto et sa passion sans bornes pour les Beatles, Muneo a des airs de grand enfant. On a l’habitude des personnages masculins un peu irresponsables et/ou fanfarons dans les asadora, souvent le frère (Chiritotechin) quand il ne s’agit pas du père (Mare). Là, Muneo est vraiment attachant car on n’est jamais dans l’excès et son caractère découle de son histoire personnelle. Mineta Kazunobu est au départ musicien et non acteur, mais je l’ai trouvé franchement chouette dans ce rôle. J’entends encore ses OUAH ! OUAH ! quand il trépigne d’excitation :D. Donc du coup, oui, j’en ai écrit plus long sur ce personnage secondaire que sur l’héroïne :).

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Tokiko, la meilleure amie de Mineko, vient d’une famille d’éleveurs et rêve de devenir actrice. Elle est déterminée à prendre son indépendance et à aller tenter sa chance dans la capitale depuis pas mal de temps lorsqu’elle termine le lycée. J’ai également eu un gros coup de coeur pour ce personnage et son interprète Sakuma Yui, qui pour moi ferait une candidate idéale comme héroïne d’un prochain asadora. Franche et sûre d’elle, Tokiko cache un côté fragile et la manière dont elle et Mineko vont se soutenir à Tokyo et faire durer leur amitié est très touchante. Mitsuo, camarade de classe des deux filles, en pince pour Tokiko depuis toujours. Comme il n’est pas l’aîné, il n’est pas amené à reprendre l’activité familiale de production de pommes et est destiné lui aussi à aller trouver un emploi en ville. Je n’avais pas vu Izumisawa Yuki depuis son rôle dans Sunadokei dix ans auparavant, et il n’a rien perdu en choupitude avec le passage à l’âge adulte. Les mères de nos trois jeunes provinciaux qui vont aller se perdre à Tokyo sont amies et vont se réunir régulièrement pour partager leurs inquiétudes et leurs joies. La mère de Mitsuo, Kiyo, est jouée par Shibata Rie et celle de Tokiko, Kimiko, par Hada Michiko.

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A Tokyo, la vie quotidienne de Mineko va s’articuler autour de trois lieux différents auxquels correspondent trois groupes de personnages. Il y a d’abord la petite usine de Mukoujima et son dortoir pour les employées, où Mineko va débuter sa vie professionnelle et se faire ses premières amies en-dehors de son village natal d’Ibaraki. Les jeunes filles, pour certaines un peu plus jeunes ou plus âgées que notre héroïne, sont venues des quatre coins du Japon et se serrent les coudes, même s’il y a parfois quelques tensions vu le caractère bien trempé de certaines. La grosse tête très sûre d’elle Toyoko (Fujino Ryôko), la dormeuse et gourmande Sumiko (Matsumoto Honoka), la grande soeur Sachiko (Kojima Fujiko, qui porte la permanente rétro à merveille), la sage Yûko (Yagi Yûki, qui a elle aussi bien grandi), forment un petit groupe extrêmement attachant. La joie de la paie bien méritée à la fin du mois, le plaisir de passer un jour de congé ensemble alors qu’elles sont toutes loin de leurs famille atteignent le spectateur sans qu’on tombe dans le cliché de la plouc provinciale qui découvre la vie. Tout ce petit monde est chaperonné par Aiko, une employée de longue date. Après l’avoir adorée dans le rôle de la mère de l’héroïne de Chiritotechin, j’étais ravie de revoir Wakui Emi qui est tout aussi excellente cette fois. Aiko a un petit côté décalé qui la rend tout de suite adorable.

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Le Suzufuritei est un restaurant de cuisine française (à la sauce japonaise comme on s’en rend compte) qui se trouve dans le quartier d’Akasaka. Par certaines circonstances que je vous laisse découvrir, Mineko va faire la connaissance des propriétaires des lieux et se lier d’amitié avec eux. La patronne, Suzuko, va devenir une ‘maman de Tokyo » pour Mineko. Cette fois encore, l’actrice qui tient ce rôle n’en est pas à sa première apparition dans un asadora puisqu’il s’agit de Miyamoto Nobuko, la grand-mère d’Ama-chan. Ce n’est pas très varié, mais là encore je ne vois pas d’autre adjectif qu’adorable pour qualifier le sourire de l’actrice tout comme la gentillesse de son personnage. C’est Shôgo (Sasaki Kuranosuke), le fils de Shizuko, qui dirige la cuisine du Suzufuritei. Ses deux cuistots ont un caractère bien différent. Le plus âgé, Genji (Yatsui Ichiro), a souvent du mal à activer ses mains tout en faisant des blagues ou en râlant gentiment. Le plus jeune, Hide (Isomura Hayato) est très appliqué et rappelle souvent son aîné à l’ordre. C’est Takako (Satô Hitomi) qui s’occupe du service depuis de longues années. Elel se donne des airs terribles mais est en fait très gentille avec son humour un peu décalé. 

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Enfin, Mineko va faire connaissance à Tokyo des habitants de la petite résidence Akane. Il y a d’abord la propriétaire Tomi (Shiraishi Kayoko) qui est très friande des différentes spécialités locales japonaise et qui s’avère être très gentille derrière son apparente sévérité. Yûji (Asaka Kôdai) et Keisuke (Okayama Amane) sont venus à Tokyo pour devenir mangaka et s’accrochent avec enthousiasme à leur rêve même si les fins de mois sont très difficiles. Junichirô (Takeuchi Ryôma) est un étudiant issu d’une famille aisée. Enfin, Sanae est une office lady au premier abord peu commode qui est en fait douée pour conseiller les autres même si elle ne mâche pas ses mots. Je connaissais Shishido Kavka de nom en tant que musicienne, je l’ai vraiment trouvée très chouette en tant qu’actrice. 

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La résidence Akane se trouve juste à côté du Suzufuritei, et Suzuko et Tomi se connaissent depuis longtemps. Les propriétaires du restaurant chinois et de la pâtisserie japonaise voisins partagent la même arrière-cour et tout ce petit monde se croise au quotidien. La liste des personnages secondaires qui croisent le chemin de l’héroïne de Hiyokko ne s’arrête pas là mais les citer de manière exhaustive n’apporterait pas grand chose? Je m’arrêterai donc avec deux personnages sur lesquels je ne pourrai en fait pas dire grand chose mais que je tiens à citer car ils ont un rôle clé dans l’histoire de Mineko et de tous les gens qui sont autour d’elle. Le premier est Yuka (Shimazaki Haruka), une jeune fille capricieuse pour qui Mineko est un peu une bête curieuse car elle a un caractère totalement opposé. Le second est Kawamoto Setsuko, une célèbre actrice interprétée par Kanno Miho, déjà au casting du précédent asadora et dont la présence est toujours aussi appréciable.

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Hiyokko m’a convaincue dès le départ, et plus on avançait dans la série, plus j’ai été conquise. Comme on avait beaucoup de retard dans nos visionnages d’asadora, le drama en était bien à la moitié de sa diffusion quand on a commencé à le regarder. Au début, c’était un épisode ou deux à la fois. Puis trois. Et puis pour les 5 ou 6 dernières semaines, on s’est enfilé 4 à 6 épisodes par soir tellement c’était chouette. Je crois que si on avait suivi la diffusion au jour le jour, ça aurait été très dur de se contenter d’un épisode ! Okada Yoshikazu nous offre une formidable palette de personnages attachants et prend le temps de développer l’histoire de beaucoup d’entre eux en parallèle avec celle de l’héroïne. Cela passe bien sûr par l’évocation de leur passé mais aussi par la création de liens amicaux ou amoureux parfois inattendus. La disparition du père de Mineko sert de fil conducteur à une partie du drama, mais le scénario parvient à se renouveler au-delà de cette question et va crescendo pour ce qui est de faire rire et sourire. J’ai retrouvé l’humour que j’ai tant apprécié dans Saigo kara nibanme no koi dans un contexte tout à fait différent mais où il fonctionne tout aussi bien. Parmi les nombreux ressorts comiques, je me dois de citer Ichiko, l’enseigne perroquet d’un drugstore auquel de nombreux personnages vont se confier à leur manière. 

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Si je ne suis pas lassée des drama historiques qui se passent autour de la guerre car il y a toujours quelque chose à dire sur cette période même si l’on se cantonne toujours au côté des civils pour de pas fâcher, j’ai apprécié le changement d’époque. Les années 60, c’est le début de la prospérité économique pour le Japon, et le contexte est donc beaucoup plus léger et les repères temporels donnés relèvent plus de la culture populaire que de la grande Histoire. On a bien sûr au début de l’histoire l’évocation des Jeux Olympiques de 1964, et par la suite on nous parle par exemple du phénomène qu’a été la venue des Beatles au Japon ou bien de la popularité du mannequin britannique Twiggy et de la mini-jupe. J’ai beaucoup aimé la manière dont était évoquée la venue en masse de jeunes gens de province vers la capitale, et en tant que fille d’anciens agriculteurs le milieu dont est issue Mineko m’a beaucoup intéressée (même si sur ce point j’ai quelques doutes sur la reconstitution historique en ce qui concerne les vêtements surtout).

Je ne dis jamais de mal des OST des asadora car elles s’en sortent toujours très honorablement vu la longueur des séries. La bande sonore de Hiyokko, composée par Miyagawa Akira, est dans le haut du panier. Son mélange de mélodies tantôt plutôt classiques et tantôt avec un vrai petit grain sixties et rétro forme un ensemble varié et franchement réussi. L’ambiance est complétée par l’utilisation régulière de chansons à succès de l’époque. Cerise sur le gâteau, la chanson thème de Kuwata Keisuke (le chanteur des Southern All Stars, qui avait signé la chanson du génial générique de fin de Saikou no rikon) est un vrai régal, et les images sont particulièrement chouettes : des petits personnages évoluent dans des décors formés par des objets du quotidien.

Des fois que ça ne serait pas encore assez clair, je l’écris directement : regardez Hiyokko ! C’est un véritable concentré de bonne humeur qui fait du bien à tout moment de la journée. Okada Yoshikazu a un vrai don pour la tranche de vie et montre à nouveau qu’il est l’un des scénaristes phare du petit écran japonais, l’un de ceux qui savent créer des personnages authentiques et attachants et qui savent parler des relations humaines avec finesse. Avec plus d’une douzaine d’asadora au compteur, j’ai mes références dans le genre et ai inévitablement tendance à devenir un peu plus difficile mais je classe sans hésiter celui-ci dans mon top 5 des feuilletons du matin. Tout comme l’a fait Ama-chan, Hiyokko tire le meilleur parti du format si particulier des asadora et fait souffler un vrai vent de fraîcheur sur le créneau matinal quasi quotidien de la NHK. Si vous êtes effrayés par la longueur des asadora ou les « vrais » contextes historiques, vous avez là une série parfaite pour vous lancer.  Et vous ne serez pas surpris d’apprendre qu’à l’heure où je termine ces lignes, je suis en plein visionnage de Churasan ! Je peux même dire que je vais bien trop vite arriver à la fin ! 🙂

2 commentaires sur [Drama] Hiyokko

  1. Tellement d’accord !!
    Adorable est le mot-juste pour qualifier cet asadora 🙂
    A la fois fun et émouvant, tellement bien écrit et interprété, puis cette sublime OST ( le morceau 家族~my dear~ finit toujours par m’arracher quelques larmes ^^ )
    Je n’ai juste rien à lui reprocher…

    Puis comment ne pas devenir fan de Kasumi après ça !
    Elle est juste fabuleuse 🙂
    Idem pour Yui/Tokiko, irrésistible ^^
    Enfin à vrai dire tout le cast sans exception est excellent, c’est ça qui fait sa force !

    Bref, je suis pas près de l’oublier cette merveille 🙂
    D’ailleurs désormais quand j’écoute les Beatles j’ai toujours une vision de Muneo criant « ビートルズ !!! » :p

    • Ah, Muneo ! Merci de partager ton enthousiasme pour ce super drama, je pense que tu pourras bientôt dire autant de bien de Churasan ! Je vais essayer d’en parler le plus vite possible ici mais j’ai d’autres billets drama à faire avant ^^

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