19 novembre 2017

Le Galaxy S4 et Androïd chez Docomo : de l’optimisme à la désillusion

Vous les Français qui vous lamentiez de la tyrannie des opérateurs de téléphonie mobile avant l’arrivée du sauveur, sachez qu’au Japon, ce pays de haute technologie où l’on ne peut pas mettre en place un prélèvement automatique quand on n’a pas de livret bancaire et de sceau, on se fait bien entuber question abonnements mobiles (et Internet aussi, en fait). Le service est très bon certes, mais il se paie au prix fort, et question clauses de résiliation de contrat, frais de portage et surtout désimlockage, les associations de consommateurs ne sont pas encore passées par là (mais existent-elles ? :p). Et même en payant 6000 yens d’abonnement par mois (en gros c’est ça ou rien pour un forfait data), ne comptez pas non plus avoir une option aussi basique que le double appel ! -___-

En été 2013, quand j’ai décidé que j’en avais marre de me galérer avec mon keitai certes mignonnement violet mais qui montrait déjà des faiblesses au bout d’un an et qui n’était pas du tout pratique pour écrire des messages en français ou en anglais (retour au pré-T9 quoi !), et que je méritais quand même bien de revenir au smartphone avec un vrai forfait même si l’idée de claquer minimum 6000 yens par mois dedans ne me réjouissais pas, j’ai bien évidemment voulu réutiliser mon iPhone français désimlocké. Profitons de la globalisation ! Apple est partout, les rues et trains de Tokyo sont bourrées de gens qui ont des iPhones. Mon bouton Home est pété, mais ça se fait réparer ! Oui, mais non. Car au Japon, quand tu prends un forfait, tu achètes un téléphone, et tu te la fermes puisque de toute façon on te fait croire qu’on te l’offre. Des excuses bidon (c’est un iPhone français, vous pourrez pas avoir vos mails…) au refus super direct sur un ton dédaigneux (oui même ici ça existe !), tout est fait pour vous faire acheter un smartphone, et surtout un iPhone, en particulier chez Softbank où j’étais (l’opérateur a longtemps eu l’exclusivité des appareils à pomme).

J’ai plus ou moins abandonné la bataille et je suis passée chez Docomo (3000 yens de frais de portage du numéro, 10000 yens de résiliation de contrat avant le terme…), où je pouvais en théorie utiliser mon iPhone. Mais j’aurais payé le même prix mon forfait que je prenne un nouvel appareil ou pas. C’était juste avant que Docomo se mette à commercialiser aussi les chers appareils d’Apple, je savais donc que je n’en aurais pas et c’était très bien comme ça car c’était l’occasion de tester la concurrence.
J’en avais en effet marre du contrôle trop strict de la pomme sur iOS et sur l’Appstore (j’ai échoué à me créer un compte au Japon sans CB japonaise pour pouvoir bénéficier d’applications locales gratuites…) et de la mentalité globale de la marque, moi qui pensais naïvement avant de vraiment les connaître que si leurs produits étaient plus chers c’était à cause de coûts de production plus élevés avec leurs desgins élaborés, toussa. J’avais choisi un iPhone fin 2010 parce qu’à ce moment je pensais encore qu’ils étaient supérieurs aux appareils de Samsung ou Sony, trois ans après il semblait évident que cette époque était révolue.

J’avais le choix entre un Experia et un Galaxy S4, et j’ai choisi le deuxième parce que j’en avais plus entendu parlé et parce que Docomo « offrait » 30000 yens dessus (quand je dis qu’on vous fait croire qu’on vous fait des cadeaux…). J’ai bien apprécié la tentative de nous faire croire que c’était « compliqué » d’utiliser l’appareil sans mémoire externe tout ça pour nous vendre une carte SD à 5000 yens avec… L’appareil venait de sortir et avait donc des caractéristiques forcément supérieures à mon iPhone 4.

Je savais qu’il me faudrait un temps d’adaptation à mon nouvel appareil et surtout à son nouveau système. J’ai vite vu qu’Androïd c’était un peu le bordel question interface (je ne vois toujours pas l’intérêt d’avoir d’un côté des raccourcis et de l’autre les listes d’applications…), mais que ça n’était pas bien sorcier. J’étais contente de pouvoir me connecter à GooglePlay simplement avec le compte Google que j’avais depuis des années et de pouvoir télécharger l’application Uniqlo que je ne pouvais pas avoir avec mon compte AppStore français. J’ai admiré la qualité des photos, le capteur se défendant mieux en intérieur avec une luminosité pas top. Je pensais vraiment qu’avec l’usage, j’allais oublier mon iPhone, mais en fait pas du tout. Et c’est devenu de pire en pire. Maintenant ça fait plus d’un an que je l’ai, et je me retiens de ne pas le changer. Mais pourquoi tant de haine ?! 😀

Ce que je reproche au Galaxy S4

Oh, un grand et bel écran de 4.7 pouces, c’est quand même plus pratique pour jouer, naviguer sur le net et glander sur les réseaux sociaux ! C’est aussi ce que je me suis dit au début. Et puis après, je me suis rendu compte qu’il n’était pas possible de tenir l’appareil correctement d’une seule main : il faut se contorsionner le pouce pour atteindre le bouton principal, dont la forme étroite n’aide pas. En mode photo, même à deux mains, l’appareil est tellement fin et surtout on a tellement peu de marge sur les bords de l’écran (qui a la désagréable particularité d’être trop sensible) qu’on ne l’a pas bien en main. Je préfère donc éviter de m’en servir au bord de l’eau ou du vide :D. Enfin, même à luminosité maximum, dès que la lumière extérieure est trop forte, on ne voit plus rien. Mon film de protection n’arrange pas les choses, c’est vrai, mais même sans, c’est flagrant. Et gênant, évidemment.

Et la conséquence d’un écran de cette taille où l’on doit mettre beaucoup de luminosité, c’est que la batterie file bien vite ! Je sais bien que ça n’est pas le problème uniquement pour l’appareil Samsung. A ce jour personne n’a encore trouvé la solution d’une batterie durable pour tous les appareils mobiles et on se retrouve à les charger quotidiennement alors qu’un bon vieux 3310 durait plusieurs jours… Si jamais je joue un peu plus que d’habitude dans le train et que je rentre plus tard à la maison, ma batterie est à plat ! Et pourtant, c’est fait pour ça un smartphone non, pour faire plein de choses inutiles en plus de communiquer ! Les appels téléphoniques, c’est accessoire :D.

Comme on aime bien se faire entuber ici, l’appareil est fourni sans adaptateur secteur. Et comme l’ampérage est plus élevé, avec les adaptateurs USB/secteur qu’on avait à la maison, le téléphone mettait des heures à charger (idem avec mon mignon chargeur Rilakkuma qui m’éclatait les doigts avec son système d’enroulage un peu trop violent…). Heureusement, Docomo était là pour nous vendre un chargeur secteur adéquat à 1500 yens ! J’ai essayé la technique des batteries externes rechargeables largement utilisées au Japon : pas de bol pour moi, j’en ai claqué 3 à la suite… Peut-être un défaut du modèle choisi (en même temps mes échanges en magasin ont été espacés de plusieurs mois), mais peut-être aussi une mauvaise entente avec le Galaxy même si on m’a confirmé qu’il devait être compatible.

Derniers points sur le Galaxy S4, je trouve que l’écran pivote trop facilement dès qu’on bouge un poil l’appareil, et sa taille est loin de le rendre plus précis (je pense notamment au bouton pour effacer les dernières notifications, que je loupe une fois sur deux avec mon fameux pouce de bûcheron…). Le GPS me semble également moins précis et plus long à la détente avec Google maps. Et puis la finition de l’appareil est quand même bien cheap : la partie qui s’enlève à l’arrière pour accéder à la carte SIM et à l’emplacement carte SD n’est qu’un vulgaire bout de plastique fin dont la surface extérieure s’est abimée alors que j’ai tout de suite mis une coque en plastique à l’appareil (et quelle coque, voyez un peu ! ^^)

写真.JPG

Androïd made in Docomo : au secours !

On reproche à l’OS d’Apple d’être trop fermé et contrôlé, hé bien je me suis rendu compte qu’un OS libre comme Android ça n’était pas une bonne idée quand ça tombait dans de mauvaises mains ! Docomo ne propose le système d’exploitation qu’en japonais, anglais et coréen. Vous ne voyez pas le problème ? En effet, je maîtrise l’anglais et si je ne fais pas trop la feignasse, le japonais ne me pose pas de problème non plus. Mais bon, la langue de l’OS conditionne la langue des applications (toutes n’ont pas d’option de changement de langue). Et au quotidien je préfère franchement avoir tout mon contenu dans ma langue maternelle si je sais que c’est normalement tout à fait possible. Surtout quand je paie plus de 6000 yens par mois. Mais ça serait trop facile ! Le système est bridé, et impossible d’installer d’autres langues même avec une application faite pour. Je n’ai pas les « droits administrateur ». Mon téléphone ne m’appartient pas quoi. Logique, après tout, on m’a fait croire qu’on me le filait gratos ! La seule solution serait donc le root, opération que je ne suis pas sûre du tout de pouvoir maîtriser et qui me retomberait forcément dessus si elle n’aboutit pas.

Autre problème de langue au niveau de la saisie de texte : qui dit pas de système en français, dit pas de clavier fait pour la saisie en français. Donc là encore retour au pré-T9, l’âge de pierre quoi. Mais Android, c’est génial, y’a plein de gens qui développent des applis de claviers dans plein de langues ! Oui, sauf que je n’en ai pas trouvé une seule correcte qui prenne en charge à la fois le français et le japonais (j’écris dans les deux langues, quand même). Il faudrait payer sûrement. Enfin même pas sûr ! J’ai essayé au moins cinq claviers différents, et la saisie est au mieux laborieuse, au pire à rendre dingue à cause du manque de précision.

Donc j’ai le clavier japonais de base, plus une appli pour le français, et pour passer de l’un à l’autre je dois… aller à chaque fois dans les réglages de langues du téléphone ! Mais c’est fuuuun ! Heureusement, il y a une petite appli qui créé une petite icone dans la barre de tâches en haut de l’écran et constitue une sorte de raccourci vers les réglages clavier. On peut créer des applications à l’infini pour régler les problèmes d’autres applications ou de l’OS…

Et à côté de ça : le tout puissant Apple permet beaucoup moins de choses aux opérateurs japonais et son OS est disponible dans toutes les langues sur un iPhone acheté au Japon. On peut ajouter plein de langues au clavier de base et passer de l’une à l’autre d’une simple pression…

Niveau stabilité des applications et du système lui-même, Android m’a assez déçue. Les plantages sont quand même réguliers. Y compris avec l’appareil photo, et toujours au pire moment bien sûr. De ce côté, il me semble que c’est mieux depuis les dernières mises à jour. En revanche, c’est devenu plus chiant au niveau de la mise au point.

Puisqu’on parle de mise à jour, j’adore les options dans les annonces de mise à jour du système : installer maintenant, dans 30 minutes ou dans 3 heures. Non, pas moyen de choisir va au diable et ne me remet surtout pas cette notification dans 3 heures parce que tu me soules ! Sérieusement, toutes les versions d’Android sont comme ça ou c’est spécial Docomo ? Tiens, et histoire de leur taper encore un peu dessus, ceux-là,  il faudrait qu’ils embauchent des programmeurs pour leurs applis !

Le Orange japonais installe sur ses smartphones Android des applications « maison » qui se superposent à d’autres applications de base de l’OS et sont donc complètement inutiles (répertoire de contacts et journal d’appels, navigateur, album photo…). Il y a aussi l’app pour l’adresse mail maison (héritage pré-smartphone qui a la vie dure et qui est une option à 300 yens obligatoire…) dont l’interface est tout simplement risible. Mon mari me disait quelques semaines que l’opérateur était en train de développer son propre OS pour smartphones. C’était la blague du jour ! Ca sera pas smart, c’est certain :D.

Il ne faut pas que j’oublie de mentionner parmi toutes mes plaintes le problème de synchro d’une de mes adresses Yahoo avec l’appli mail par défaut Android : plusieurs fois par jours, l’appli me ressort de vieux emails comme non lus. J’ai essayé de changer les paramètres sur le site mail Yahoo, j’ai réinitialisé les réglages de l’appli pour cette adresse, rien n’y fait ! Je peux être plusieurs semaines sans avoir de problèmes et tout d’un coup sans que j’aie rien fait ça recommence. Le mieux, c’est que j’ai 2 adresses Yahoo enregistrées et qu’une seule a des problèmes ! Après vérification, je ne suis pas la seule à avoir ce soucis. On conseille de prendre l’appli Yahoo dédiée. Pourquoi je ferais ça alors qu’on peut avoir toutes ses adresses dans un seule appli ? On en revient au même point : je n’ai jamais eu de soucis avec iOS, et des utilisateurs d’iPhone actuels m’ont confirmé qu’ils n’en avaient pas. C’est complètement aberrant de devoir se casser la nénette à remarquer comme lus des messages ! En plus, parfois il y a le petit signe de flèche comme si j’avais répondu au message alors que pas du tout, et après il disparait o_O. N’importe quoi !

Pour ce qui est de Google Play, l’impression de pouvoir avoir toutes les applications partout dans le monde s’est avérée une illusion car il y a quand même des restrictions, sûrement par géolocalisation vu que ce cher Google sait tout. Je pense surtout à un jeu de chez King que je n’ai pas pu télécharger car il n’était « pas disponible dans mon pays ». Alors que vu que mon OS tournait en anglais, c’était la version en anglais que je demandais…

J’utilise pas mal les produits Google sur PC : Gmail, Analytics pour ce blog, Chrome depuis quelques années (même si je suis récemment repassée à Firefox à la maison), ainsi que le sacré bazar de combo Google+/Picasa pour mes photos. La continuité entre PC et smartphone est pratique, notamment pour la synchro des photos prises avec le Galaxy S4. Mais c’est quand même un peu trop le bazar : il y a une app Google+, un app Photos, une app Picasa, et le gestionnaire de photos classique Android. On ne sait pas trop quoi choisir ! Surtout que la dernière application citée a décidé il y a quelques temps de me demander très (trop) régulièrement la permission de synchroniser mes photos, alors qu’elles le sont déjà avec une autre appli Google. Et il n’y a pas d’option « ne plus demander », ce qui veut dire que si je n’accepte pas, j’aurai cette demande indéfiniment. Je me sens un peu harcelée là -__-.

 

En conclusion

Je me doute bien que personne n’aura été jusqu’au bout de ce pavé, mais j’avais quand même envie de l’écrire ! Il s’agit de me expérience personnelle dans un contexte particulier, mais je ne suis convaincue ni par le système de Google, ni par le smartphone de Samsung. Tant que je serai au Japon, je ne rachèterai pas de smartphone Android. C’est trop frustrant de se retrouver gênée par des problèmes aussi cons. Avant de trouver enfin un clavier français correct (SwiftKey, dont l’écriture intuitive est vraiment bien fichue), j’en étais venue à ne plus rédiger aucun mail ou message sur les réseaux sociaux et à attendre de rentrer à la maison pour le faire sur mon PC. Alors qu’un smartphone, c’est exactement à ce genre de futilités que ça sert !

Pour moi qui ai toujours eu l’habitude de garder mes téléphones longtemps (j’ai eu mon iPhone 4 pendant près de 3 ans, même si c’était sans réseau après mon arrivée au Japon), c’est assez dur de se faire à l’idée de devoir changer d’appareil si rapidement. Je pensais prendre mon mal en patience, mais je me suis rendu compte en fait que je paierai le même prix un nouvel appareil que je l’achète maintenant ou dans six mois. Donc soit il faut attendre la fin de mon contrat, soit il faut changer encore d’opérateur. Les offres spéciales quand on vient d’un autre opérateur nous font encore plus croire qu’on nous fait des cadeaux ! Le système japonais est vraiment aberrant, la présentation des offres et des factures est clairement faite pour que le consommateur s’embrouille et laisse tomber puisque de toute façon, son abonnement et son téléphone, il les veut comme tout le monde (et moi aussi…).

Donc en 2015, ça sera repassage chez la pomme. A force d’hésiter trop longtemps, j’ai loupé les derniers iPhone 5s, modèle qui m’aurait très bien convenu. L’iPhone 6 a un écran presque aussi grand que le Galaxy S4 et j’étais bien blasée quand j’ai appris ça, mais sa prise en main a l’air meilleure vu que l’écran va moins sur les bords en haut et en bas et que le bouton Home est rond. Je ne comprends toujours pas pourquoi les constructeurs s’obstinent à faire des smartphones aux écrans si grands alors qu’ils font tous des tablettes ! Surtout qu’il n’y a certainement aucune amélioration au niveau de la durée de vie de la batterie. Ah, que c’est dur d’être esclave de la technologie :D.

2 commentaires sur Le Galaxy S4 et Androïd chez Docomo : de l’optimisme à la désillusion

  1. Commentaires laissés sur l’ancienne version du blog :

    Au sujet du verrouillage: face à ce qui commençait en effet à resembler à de l’entubage éhonté de consommateurs à grande échelle, le gouvernement a fait voter une loi qui force les opérateurs a fournir un déverrouillage des appareils à échéance du contrat (en plus d’une précédente loi qui les force à proposer le portage des numéros).

    La loi prend effet en mai de cette année et, si j’ai bien lu les journaux, n’est applicable qu’aux modèles achetés après cette date, mais c’est déjà ça…

    Écrit par : Dave | 07.01.2015

    J’avais en effet entendu il y a quelques mois qu’il y allait avoir du changement, je n’en avais pas parlé ici car mon baratin était déjà assez long et je n’espérais pas que ça soit en vigueur si tôt. Merci pour toutes ces précisions ! Du coup, je me demande s’il y aura moyen de débloquer son téléphone en cas de résiliation anticipée ou si ces fourbes ne le feront vraiment que si on va au bout des deux ans ! En tout cas, je pense que je patienterai jusqu’à mai, à moins qu’il y ait moyen d’avoir un iPhone 6 sim free avec Docomo mais je pense que ça va être chotto muzukashii :D.

    Écrit par : Katzina | 11.01.2015

  2. Ca me rappele mon contrat chez Docomo ! Ils prennent vraiment les gens pour des billes !
    « Oui je vous conseille de prendre le forfait 7GO par mois à 20 euros de plus, du moins au début car vous aurez plein d’applications à télécharger hein! »
    Oui oui bien sur, sinon j’ai le wifi pour ça.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*