22 novembre 2017

Murakami Haruki

Quand j’ai décidé de me mettre à la littérature japonaise, j’avais déjà en tête le nom de Murakami. Pas bien étonnant, c’est quand même un des auteurs japonais les plus connus en France. J’ai commencé à lire un de ses romans voilà un peu plus d’un an, j’en ai maintenant lu sept et ce n’est pas fini.

On dit de Murakami que ses histoires sont fantastiques tout en étant ancrées dans le quotidien. C’est bien vrai, mais le mot « fantastique » recouvre tellement de choses et son fantastique à lui est tellement spécial qu’il faut vraiment lire pour se rendre compte. Un vieil homme qui parle aux chats et qui fait pleuvoir des sangsues, ce n’est pas réel c’est sûr. Mais ce qui est le plus étonnant, c’est la façon dont c’est raconté, qui nous fait croire que c’est normal au même titre que de se préparer du café le matin ou d’aller acheter le journal.

Pour parfaire cet univers décalé, les héros de Murakami ont toujours des réflexions ou des dialogues très particuliers sur des sujets qui le sont tout autant. Plutôt que de m’emmêler les pinceaux dans des descriptions, rien ne vaut un magnifique exemple : « A mon avis, généralement parlant, la dignité humaine d’une personne transparaît dans sa façon de choisir un canapé ». Il y en a des tonnes comme ça, et on passe toujours de situations sérieuses voire tragiques à des passages de ce genre. Rien que les titres de chapitres quand il y en a sont un régal !

Les héros de Murakami sont la plupart du temps des hommes d’une trentaine d’années vivant dans les années 70. Leur passé tient toujours une place importante dans l’histoire, et ils ont aussi très souvent des problèmes avec leur femme. Ils ont une vie tranquille mais quelque chose vient soudainement les perturber, un peu à la façon des romans de Douglas Kennedy. Un autre point commun à de nombreux romans, c’est la présence en pointillés de l’histoire japonaise, particulièrement de l’époque de la guerre.

Je ne vois pas quoi ajouter à part : lisez ! Pour finir cette note, je dirai donc un petit mot sur chacun des romans de Murakami que j’ai lus :

La ballade de l’impossible – Sûrement le moins « fantastique », mais aussi le plus touchant

Le passage de la nuit – Une ambiance vraiment étrange dans cette histoire assez courte qui se déroule sur une seule nuit.

La fin des temps – J’aime beaucoup le principe d’alternance de la narration d’un chapitre à l’autre. L’histoire imaginée est tout simplement énorme, je crois que c’est mon Murakami préféré.

Chroniques de l’oiseau à ressort – Le roman le plus long (il est au départ en trois volumes). Encore une fois une aventure loufoque à souhait, mais je regrette un peu le manque d’indices au bout du compte, même si ça fait « partie du jeu ».

Kafka sur le rivage – On a cette fois-ci affaire à un adolescent et non pas à un trentenaire. Le mélange réalité/fantastique est vraiment prononcé, et surtout les frontières entre les deux sont floues.

Au sud de la frontière, à l’est du soleil – Un autre trentenaire qui semble avoir réussi sa vie ma qui se pose des questions et va être surtout perturbé par une femme surgie de son passé. Je trouve que cette femme reste quand même un peu trop mystérieuse, même si c’est dû au fait qu’on reste strictement du point de vue du héros.

La course au mouton sauvage – Tout juste terminé hier ! Subtil dosage entre « l’irréel absurde » avec la petite amie aux oreilles si spéciales, le mouton qui entre dans les esprits et l’homme-mouton, l’histoire (celle d’une bourgade de Hokkaidô) et le quotidien.

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