17 décembre 2018

Un week-end à Nikkô… ou un peu moins !

nikko

Lors de mon premier voyage au Japon en 2010, je n’avais pas eu l’occasion d’aller à Nikkô. J’avais évidemment repéré l’endroit vu sa notoriété, et techniquement j’aurais eu le temps d’y aller pendant ma dernière semaine de séjour, mais après plus de trois semaines de longues journées de visite sous l’étouffante chaleur d’août, j’étais vraiment crevée. Passer près de quatre heures en tout dans le train pour aller passer une journée là-bas ne me tentait pas vraiment car je savais que je n’en profiterais pas. Je comptais bien revenir au Japon de toute façon. Ce que j’ai fait en 2012, mais bien occupée par plein d’autres visites et tout ce qui m’est arrivée, ce n’est qu’en septembre 2013 que j’ai enfin planifié un petit week-end dans la ville aux sanctuaires et temples classés au patrimoine mondial de l’Unesco.

Il est possible de se rendre à Nikkô avec les trains JR, mais il faut faire un changement à Utsunomiya. C’est plus simple et plus rapide d’utiliser la compagnie Tôbu, où l’on peut avoir des trains directs au départ d’Asakusa. Oui bon, c’est vrai, il faut bien y aller à Asakusa, surtout quand on est à l’ouest de la ville comme moi. Mais bon, vu que Tôbu propose des trains express avec places réservées, ainsi que des packs avec un pass permettant des déplacements illimités en bus et en train sur place, c’est quand même bien pratique. Vous voulez encore un argument ? Les express de la Tôbu, ils ont des airs de vaisseaux spatiaux :p

nikko toshogu

J’avais vu que la météo n’annonçait pas du beau temps pour le week-end où nous avions prévu de partir, mais comme l’hôtel et le train étaient réservés, c’était un peu compliqué d’annuler. En fait, j’avais quand même un peu trop sous-estimé la chose, et malgré la saison, je n’avais pas pigé que ce n’était pas simplement de la pluie qui était prévue, mais un typhon qui se pointait gentiment. En arrivant à Asakusa, le temps était très couvert, et la Skytree avait à moitié disparu !

Quand nous sommes arrivés à Nikkô environ 1h30 plus tard, il pleuvait bien et nous avons donc décidé de profiter de nos passes et de nous rendre au principal lieu d’attraction en bus même si la distance n’est pas du tout énorme quand on a l’habitude de marcher un peu. Le bus nous a déposés à l’entrée d’un premier sanctuaire, le Futaarasan-jinja, qui était petit par rapport à ce que nous avons vu ensuite mais pas tant que ça ^^.

Et ce qui nous attendait après être passés par un chemin bordé d’arbres (et où s’étaient déjà formées de belles flaques d’eau), c’était le fameux Tôshôgu, vaste sanctuaire édifié en l’honneur du shôgun Ieyasu, premier shôgun de la dynastie des Tokugawa et unificateur du Japon à la fin du 16ème siècle. C’est avec ce genre d’endroits que l’on se rend compte que le shintô ce n’est pas seulement les divinités que l’on va prier pour la santé ou la réussite dans les petits sanctuaires de quartier, c’est une religion qui a été longtemps lié au pouvoir, qu’il s’agisse de celui de l’empereur ou du shôgun, et de nombreux grands hommes ont été divinisés.

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Sur la « place » à l’entrée du sanctuaire, il y avait un petit stand qui vendait des daifuku. Parfait petit en-cas du matin ! A la pèche, c’était délicieux. Quand on voit à l’entrée que la visite du Tôshôgû coûte 1300 yens, on se dit d’abord que ça pique un peu. Mais le sanctuaire est tellement vaste et impressionnant que ça les vaut bien. La Yomeimon, imposante porte en bois, est en cours de restauration et donc peu visible (j’ai quand même pu apercevoir les plafonds en passant dessous). Je pense qu’il y a toujours une partie ou une autre du sanctuaire qui est en travaux, et si vous êtes de passage au Japon il ne faut pas s’arrêter à ça tant que les lieux restent ouverts car cela dure généralement plusieurs années (c’est peut-être le cas avec le Rinnoji, temple voisin du Tôshôgû dont le bâtiment principal est entièrement caché).

Deux des éléments les plus célèbres des lieux étaient eux bien visibles lors de ma visite : les trois singes sculptés dans le bois (se couvrant l’un les yeux, l’autre les oreilles et le troisième la bouche), que j’ai mis en tête d’article, et plus loin le chat (devenu un peu un emblème car on peut acheter sur place des petits straps porte-bonheur en chat ^^). A l’intérieur d’un petit temple de l’enceinte du sanctuaire, un moine faisait une petite démonstration pour montrer l’étrange pouvoir du plafond orné d’un dragon, qui fait résonner les sons de manière complètement différente que dans l’autre partie de la même pièce qui n’est pas directement sous le dragon en question.

chat nikko toshogu

Etape incontournable de la visite : la longue montée des marches menant jusqu’au mausolée du shôgun. Comme quoi le mauvais temps n’avait pas découragé tout le monde, on a dû patienter un peu en arrivant vers le haut de l’escalier avant de pouvoir rentrer et faire le tour du monument. J’ai pu admirer le remarquable équipement de certaines visiteuses autochtones, qui s’imposait totalement avec des marches de pierre moussues et mouillées par la pluie : chaussures à talons très hauts, trop grandes bien sûr. Le ridicule ne tue pas, le masochisme non plus 😀

nikko toshogu tokugawa

Lorsque nous sommes sortis du sanctuaire, miracle, il ne pleuvait plus ! Nous sommes donc redescendus vers le centre à pieds en passant à côté d’une petite cascade puis ensuite près du Kamibashi, le fameux pont rouge qui enjambe la rivière. La pause déjeuner s’est faite dans un petit restaurant de la rue principale qui va jusqu’à la gare (Saryô Kaede, si vous arrivez à lire l’enseigne, ce qui est pas gagné :p). J’ai pris un plat contenant du yuba (la « peau de lait » qui s’accumule quand on fait chauffer du lait de soja pour faire du tofu), et c’était bien bon. Pour l’homme, c’était spaghetti aux huîtres ^^.

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Nous avons ensuite longé la rivière pour nous rendre jusqu’à notre hôtel, qui était un peu à l’écart. Nikkô a le statut de ville, mais on voit bien qu’on est dans la montagne ! Après avoir monté un petit chemin tout juste praticable par les voitures et un escalier qu’il vaut mieux emprunter quand on est sobre, nous voilà à la porte de la Logette St-Bois (oui, en français dans le texte :p). C’est tout vieux, et on sent qu’on est juste à côté d’un petit torrent, d’abord parce que ça sent l’humidité (pour ça on était à la bonne saison faut dire ^^), et ensuite parce que le torrent fait pas mal de bruit. Et il en a fait encore plus à mesure qu’il se gonflait de toute l’eau tombée du ciel. Quand on est arrivé dans notre chambre à la japonaise, j’ai cru que les fenêtres étaient ouvertes, mais en fait, non !

La fin de l’après-midi approchait, nous sommes retournés faire un tour du côté de la gare en passant par les petites rues. Nous avons voulu prendre un café, et le seul endroit qui était ouvert après 17h était un restaurant indien ! A 18h, il n’y avait plus un chat et même les boutiques de souvenirs étaient fermées. Quand on est habitués au rythme de la métropole, ça fait toujours bizarre ^^.

nikko pont

Nous sommes retournés à notre logement, il faisait déjà nuit et heureusement qu’on connaissait le chemin cette fois car on ne voyait pas grand chose ! Les avis sur la petite pension ne sont pas tous élogieux, notamment au niveau de la propreté. Rien à signaler du côté de notre chambre. Je ne serais pas restée là pour une semaine, mais pour une nuit le dépaysement était sympa, surtout vu l’ambiance de déluge qui a repris dans la soirée. On avait l’impression d’être un peu à une autre époque, peut-être que c’est ça la fameuse ambiance Shôwa :D. En tout cas, le dîner était très bon : viande et légumes à griller, yuba, umeshu, glace.

Nous avons ensuite profité du grand bain que l’on pouvait utiliser en plus de la salle de bains de la chambre. Dehors, la pluie a repris pour ne plus s’arrêter. Le lendemain, au petit déjeuner, on s’est rendu compte que le typhon arrivait pour de bon (donc le vent en plus de la pluie) et qu’il n’était pas trop question d’aller se promener du côté du lac Chûzenji comme on pensait le faire pour notre deuxième journée sur place. Ben oui, maintenant je le sais, quand on prévoit un week-end au mois de septembre, faut faire vraiment gaffe à la météo ^^.

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Les deux dames de la pension nous ont dit que bientôt les trains vers Tokyo ne circuleraient plus et qu’évidemment, on ne savait pas trop ça serait jusqu’à quand. Nous avons donc suivi leur conseil de rentrer sans tarder, et une d’elles nous a accompagné à la gare en voiture. On savait déjà qu’on n’aurait pas d’express Tôbu, on a donc tenté notre chance avec la ligne JR, se disant qu’on pourrait faire une pause à Utsunomiya en restant à l’intérieur autour de la gare. Mais les trains JR avaient déjà des retards importants, nous sommes donc retournés vers la ligne Tôbu. Et c’est avec un train local que nous avons fait le trajet retour jusqu’à Asakusa ! Nous avons réussi à avoir des places assises, et heureusement car on en a eu pour deux bonnes heures et demies.

A Tokyo, en début d’après-midi, le ciel était déjà moins mençant. Après un bon curry, nous avons pu rentrer à la maison sans trop de souci car la circulation des trains et métros avait repris sur la majorité des lignes. Quelle aventure ! Evidemment, je regrette que notre séjour ait été écourté, mais au final, il n’y avait rien de grave. Je suis contente d’avoir enfin pu voir un peu Nikkô, et j’espère bien y retourner. Pendant le festival de printemps ou d »automne par exemple, c’est tentant ! Il faut juste prévoir à l’avance et être prêt à affronter la foule ^^.

nikko toshogu portail

Vu les conditions climatiques, je n’ai pas pris énormément de photos et il y en a peu de réussies. Entre les gouttes d’eau sur l’objectif, le bout de parapluie dans un coin de la photo et les ratages parce que je ne pouvais viser qu’à une main, c’était pas top ! Au Tôshôgû, avec toute la verdure, ça faisait une ambiance sympa, mais la grisaille ne mettait pas trop le reste de la ville en valeur ! Je ferai mieux la prochaine fois, mais voici quand même un début d’album :

Voir toutes les photos de Nikkô dans l’album Google+

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