Après une dernière petite semaine de vacances, c’était l’heure de la rentrée pour Messire, troisième année de primaire déjà. Et première fois qu’il avait un prof principal différent (enfin une du coup) car les deux premières années il avait eu le même. Une autre nouveauté pour les parents cette fois, c’est que l’école a décidé de ne plus offrir l’option en ligne pour assister aux réunions qui ont lieu deux fois par trimestre. Jusque là l’autochtone y était allé quelques fois mais quand il n’était pas dispo j’avais toujours suivi en ligne parce que je ne me voyais pas trop réussir à suivre quelque chose en y allant avec Duchesse. En ligne j’avais du mal à suivre aussi mais au moins on était à la maison donc ça ne gênait que moi (et accessoirement ça m’évitait de devoir prendre la parole les fois où ils faisaient un petit tour de salle pour refaire les présentations ou donner les impressions sur l’année, ce genre de trucs dont sont très friands les Japonais !). Du coup, depuis ce changement, quand l’autochtone peut y aller, il y va, mais moi je n’y suis pas encore allée. En fait, même sans Duchesse, franchement, écouter les gens parler en japonais pendant deux heures ça me rince le cerveau. Je comprends sur le coup mais je retiens rien donc c’est pas super productif !

Le premier vendredi du mois, l’homme a pris un congé et on a pu profiter de la floraison des pruniers et des premiers cerisiers au jardin Jindai. Il y avait peu de monde car c’était dans la matinée en semaine, mais aussi parce qu’il faisait gris et frais. Mais on a encore bien profité de l’endroit.

En avril 2024, j’ai pu assister à deux concerts. Le premier était celui de Damien Rice, que j’ai vu pour la troisième fois. Chaque concert était différent mais c’était peut-être celui-là mon préféré. Et j’espère bien que ça n’était pas le dernier !

Au milieu du mois, l’autochtone est allé passer une semaine à Sydney pour le travail. C’était la première fois qu’il refaisait un voyage pro depuis le covid et depuis la naissance de Duchesse. J’ai donc dû pour la première fois gérer les deux monstres seule pendant une semaine (la meilleure semaine du mois en plus !). Enfin, pas complètement seule car belle-maman a pu venir en renfort heureusement, le dimanche et deux après-midi pendant la semaine. Les monstres étaient ravis et moi je pouvais m’occuper de la maison sans avoir à les gérer. J’ai dû m’occuper du bento de Messire le matin pour la première fois depuis près de trois ans. L’homme avait commencé à s’en occuper à la naissance de Duchesse, généralement avec ce que j’ai préparé la veille mais des fois il faut préparer autre chose pour compléter. Il y a quand même un avantage à avoir un adulte en moins dans la maison : en cuisinant les mêmes quantités que d’habitude, ça dure plus longtemps donc il y a moins de temps à passer en cuisine ! Histoire d’en remettre une petite couche, l’autochtone a dû aller passer une nuit à Osaka à la fin du mois.
Heureusement, l’autochtone était rentré à la maison pour s’occuper de ses rejetons pendant que je suis allée assister à mon deuxième concert du mois, encore à Shibuya. Il y a pas mal de petites salles dans le quartier donc c’est pas étonnant, mais franchement heureusement que c’est pratique pour moi niveau accès parce que ça me soûle bien de me taper la foule autour de la gare. Je fais même un détour pour éviter de passer au crossing en fait :D. Donc cette fois c’était moumoon, pour ne pas changer, et comme c’est toujours aussi bien je les ai même revus deux fois plus tard dans l’année :).

Après deux années scolaires à d’abord aller chercher Messire jusqu’à la sortie de l’école puis le rejoindre en cours de chemin progressivement de plus en plus près de la maison, on a estimé qu’il était prêt pour rentrer seul (et aller seul le matin aussi du coup, mais ça c’était le boulot de l’autochtone). Entre la chaleur pendant les semaines d’été, le fait d’évidemment avoir toujours Duchesse avec moi, Messire qui traînait et écoutait rien de ce qu’on lui disait quand il était avec un/une camarade, c’était franchement pas une partie de plaisir (on sait bien que je ne me cache plus du tout d’être une mère indigne :D). Ce qui me soûlait le plus je crois c’est quand on poireautait à l’attendre en chemin parce qu’il traînait trop ou qu’il y avait eu un changement d’horaires et qu’on finissait carrément par rentrer sans lui.
On lui a donc pris un téléphone portable pour enfant (hors de question d’avoir un smartphone) avec suivi GPS. On a passé une éternité à la boutique Docomo pour faire l’abonnement, même si on s’y attendait c’était quand même sportif. Si je me souviens bien, ils exigent la carte My Number comme pièce d’identité, la fameuse carte mise en place il y a quelques années supposée faire tout en un, y compris carte de sécurité sociale, mais qui a déjà pas mal fait parler d’elle pour sa gestion des données personnelles parfois un peu aléatoire, et l’autochtone ne l’avait pas sur lui (venant de quelqu’un qui a encore du mal à prendre ses clés en quittant la maison, ce n’est pas si étonnant). Au lieu de devoir revenir on a décidé de mettre l’abonnement à mon nom parce que pour les étrangers la pièce d’identité pouvait être la carte de résident (que j’ai évidemment toujours sur moi même si en tant que personne blanche j’ai quand même moins de probabilités de me faire contrôler – ça ne m’est même jamais arrivé en 13 ans). Mais attention, il ne fallait pas croire être sortis d’affaire pour autant, il a fallu quand même que l’employée de Docomo passe un ou deux petits coups de fil pour vérifier quoi faire de mon nom interminable (trois prénoms, deux noms et le fichu EP pour épouse que les autorités françaises s’obstinent à mettre sur les passeports alors que ça n’a aucun sens de mettre une abréviation en français sur un document par définition destiné à l’international…). Bref, j’ai jamais fait d’escape game mais je crois que je connais en fait le sentiment qu’on a quand on arrive à sortir :D.
A partir de ce moment, j’ai donc été équipée pour espionner Messire. Enfin, après avoir fait les démarches pour qu’il soit autorisé à avoir son téléphone à l’école, et même comme ça il n’est pas supposé l’utiliser sauf urgence. Et puis on s’est bien galéré aussi pour le mot de passe pour autoriser le suivi GPS. La précision du GPS est pas folle parfois, mais bon je peux voir si Messire est en route ou s’il est bien arrivé. Sauf quand il oublie le téléphone à la maison ou qu’il n’a plus de batterie bien sûr, mais ça c’est une autre longue histoire…

La fin du mois d’avril est arrivée, et le début de la Golden Week aussi. Messire a voulu aller faire un tour à un festival de shôgi organisé par la municipalité. On est aussi allé faire un tour en vélo vers Nishi-Ogi, où on a découvert un resto super chouette qui a pas mal de plats sans viande au menu. On est allé jusqu’au parc Zenpukuji, il y avait des koinobori au-dessus de l’étang. Messire a fait un tour de barque avec son père pendant que Duchesse s’éclatait au toboggan.
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