[Cher journal #92] Mon mois de novembre 2024

takao

Si le mois d’octobre était déjà beaucoup plus propice aux sorties en extérieur que les mois précédents, l’avancée dans l’automne et l’arrivée des couleurs dans les arbres m’ont comme chaque année ravie. Si on a dû renoncer à faire un voyage de 2 ou 3 nuits comme on le fait comme d’habitude à cette période à cause de notre chat malade (on pensait aller à Fukushima pour continuer dans notre lignée Tôhoku après Iwate l’année précédente), on a fait plein de sorties chouettes de l’ouest à l’est de Tokyo.

En novembre, c’est la pleine saison pour les démarches d’inscription pour l’année scolaire qui commencera au mois d’avril suivant. Le moment était donc enfin venu pour inscrire Duchesse dans le yochien qu’on avait choisi et où elle prenait déjà ses marques petit à petit depuis plusieurs mois. Dans la plupart des établissements classiques, les parents et l’enfant ont un entretien avec le personnel, et comme il peut y avoir plus de demandes que de places disponibles il n’est pas rare de tenter sa chance à plusieurs endroits. Là, dans les faits on savait déjà que normalement il y avait de la place pour tout le monde (vive la dénatalité XD) et qu’en plus on était prioritaires après les enfants qui avaient déjà eu des frères ou soeurs inscrits vu qu’on faisait le groupe de jeu hebdomadaire. En fait, c’était vraiment pour faire ça dans les formes car on n’a pas eu d’entretien du tout, le personnel a juste observé les enfants jouer quelque temps avant de leur remettre un petit certificat de réussite. Heureusement, parce qu’on n’avait pas de plan B ! Duchesse a donc officiellement réussi son premier examen d’entrée :D.

Le premier weekend du mois, j’ai participé avec Messire à une petite marche de quelques kilomètres organisée par une association municipale. Ce n’était pas au départ destiné aux enfants, Messire était donc le seul et en fait même moi je crois que j’étais parmi les plus jeunes XD. Messire a suivi sans problème vu qu’il est habitué à marcher depuis le yochien et il y avait même une petite séance d’étirements à la fin. Je crois que c’était un peu la première fois qu’on faisait une sortie tous les deux depuis la naissance de Duchesse et j’ai commencé à découvrir un peu ce que c’était quand on avait un seul enfant et qu’il était déjà un peu grand, si on peut dire. On avait voulu refaire une autre sortie organisée par la même association dans un autre coin mais ça tombait un jour où on avait déjà quelque chose, il faudrait qu’on vérifie s’ils en font toujours !

mizumoto

Le lendemain, on était de nouveau de sortie pour aller au parc Mizumoto. On cherchait un nouvel endroit à visiter pour profiter de l’automne et j’ai repensé à ce grand parc où on était allé une fois avant la naissance de Messire car le frère de l’autochtone habitait pas très loin à l’époque. Je me disais que les enfants apprécieraient sûrement et effectivement on a passé une super journée. On avait pris le petit vélo rose de Duchesse et nos casques dans le coffre, et on a loué des vélos pour moi et Messire sur place pour pouvoir mieux profiter du parc vu qu’il est assez étendu en longueur. L’autochtone suivait en courant, il fait toujours ça depuis que Duchesse a son vélo car c’est quand même plus sûr que d’être aussi à vélo. Ca faisait super longtemps que je n’avais pas fait de vélo sans assistance électrique alors au départ ça m’a fait tout bizarre mais au final si on n’a pas d’aide pour pédaler c’est aussi beaucoup plus léger, surtout sans siège avec un gamin derrière !

On a trouvé un chouette petit resto de sushi familial pour le déjeuner, des glaces dans le parc pour le goûter, et on s’est même un peu perdu à vélo car on pensait pouvoir faire le tour du parc sans en sortir mais en fait c’était pas tout à fait ça et on a dû faire un gros détour. Mais bon heureusement Duchesse a réussi à suivre ! On avait donc fait le trajet en voiture pour avoir le vélo de Duchesse mais aussi parce qu’en transports en commun ça prenait plus de temps (un bus, deux trains et encore un bus) et on avait peur que le trajet du retour gâche un peu la journée. Effectivement, après avoir pédalé, couru et glissé sur les toboggans toutes la journée les deux petits monstres se sont endormis dans la voiture ! Bien sûr ça circulait pas mal au retour mais comme on est passé par les voies express aériennes qui traversent Tokyo j’ai eu presque l’impression d’être en voyage. Avec la lumière du soir la vue sur la ville était vraiment chouette, on ne la voit pas de la même manière que quand on marche dans les rues. On a longé un peu la Sumida près de la Skytree, avec Asakusa sur l’autre rive, on a traversé près de Ginza, on est même passé à Sendagaya près de la maison du shôgi !

En novembre, il y avait une séance spéciale au groupe d’adaptation du yochien ; on avait rendez-vous au parc et les enfants ont un petit sac en cadeau pour y mettre des feuilles; des glands et tout ce qu’ils avaient envie de ramasser sous les arbres. Après on s’est installé pour prendre une collation et faire des collages avec les feuilles ramassées. Duchesse a bien apprécié et on sentait qu’elle commençait à s’habituer aux instits (je savais qu’elle aurait pas les mêmes à la rentrée mais ça lui ferait quand mêmes des têtes connues).

Le samedi du troisième weekend de novembre, alors qu’on prenait le petit dèj, j’ai vu sur le groupe Line du yochien de Messire que le festival du yochien avait lieu le jour même. D’habitude j’aime pas du tout l’imprévu et j’aurais aimé avoir l’info plus tôt mais comme il faisait beau c’était dommage de louper ça, j’avais bien envie de retourner dans notre ancien quartier et comme Messire pouvait faire le trajet de 8-9 kilomètres en vélo sans problème c’est ce qu’on a fait ! Je suis contente d’avoir pu me motiver pour ça. Il n’a pas pu voir beaucoup de copains car ceux qui étaient encore dans le coin avaient des activités à l’école ce jour-là mais il y avait bien sûr les deux anciennes instits et les deux mères que je connaissais le mieux, dont celle qui a eu son deuxième fils trois semaines après que Duchesse est née. Elle aurait été avec lui si on était restés dans le quartier :).

Messire fait toujours une excursion avec l’école vers novembre, et cette année-là c’était au mont Takao. Il a tellement apprécié qu’il a tenu à y retourner avec nous la semaine suivante. Depuis ma visite ratée lors de mon premier voyage au Japon en 2010, je n’avais jamais eu l’occasion d’aller au mont Takao même après avoir vécu tant d’années dans l’ouest de Tokyo. Ce n’était pas l’envie qui manquait de découvrir l’endroit, mais plutôt l’idée de ne pas pouvoir en profiter vraiment à cause de la foule s’il fallait y aller un weekend pendant la meilleure saison. Là, du coup l’autochtone a pu prendre un jour de congé donc même s’il y avait tous les gens qui ne travaillent pas ou plus et les touristes internationaux c’était quand même un peu mieux.

On est arrivés par la ligne Keio à Takaosanguchi, et du coup là j’ai compris pourquoi en 2010 en venant avec la Chûô on n’avait pas trouvé ce qu’il fallait visiter avec ma soeur :D. On est allé mangé des soba dans un des restaurants d’une des petites rues qui montent vers la station de funiculaire. J’ai bien aimé l’ambiance du coin, on se croirait vraiment dans une ville de province et pas à Tokyo. Même si bon je sais bien que juste dire Tokyo ça n’a pas de sens parce que le terme ne désigne pas une ville mais l’équivalent d’un département qui comporte aussi des petites îles super rurales.

J’avais tellement entendu que le mont Takao c’était pas une vraie montagne et que c’était fingers in the nose pour arriver au sommet que je ne me faisais pas de soucis même si l’activité physique et moi ça fait deux. Messire a voulu reprendre la même piste qu’avec sa classe, je me suis dit qu’ils avaient pas dû prendre la plus compliquée. Mais en fait oui, et ça je m’en suis vraiment rendu compte qu’une fois en haut. C’était la piste Inariyama, qui suit une crête, donc chemin pas large au milieu des arbres avec des racines. Après c’est aménagé, y’a des planches qui forment des sortes de marches sur une grande partie du trajet. Mais quand même l’escalier tout à la fin il m’a bien tuée (et je crois en fait que j’étais bien anémiée donc ça n’aide pas non plus pour la performance physique). Le temps était super donc on a bien pu profiter de la vue. On a mangé les petites tartes aux pommes achetées dans une chouette boutique pas loin de la gare On est redescendus en passant par le temple et avec le funiculaire.

Le mois de novembre était décidément très outdoor ; le dernier weekend, on a participé à une activité sur le campus très vaste et très boisé d’une université de l’ouest de Tokyo pour apprendre à faire un feu de camp. On puait à fond la fumée en rentrant mais c’était bien sympa de faire quelque chose qui change un peu.

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