[Film] Sangatsu no lion / March Comes In Like A Lion

sangatsu no lion

J’ai beau savoir que la plupart du temps le format long métrage et le grand écran n’apportent pas grand chose à une oeuvre commencée ou déjà adaptée sur des formats plus longs qu’il s’agisse d’anime ou de drama, j’étais très tentée par les deux films live de Sangatsu no lion car le casting semblait pertinent et j’aimais l’idée de redécouvrir les lieux de l’histoire « en vrai » même s’il me suffit d’un petit tour de train ou de métro pour m’y rendre. Bien que je n’aie pas pris le temps d’écrire sur l’anime, je vais donc parler un peu de ces deux films car c’est en fait beaucoup plus facile à faire sans rentrer dans les détails.

Et si je considère que ce n’est pas la peine de rentrer dans les détails, c’est d’une part parce que pour moi, comme toutes les adaptations du genre, ces deux productions s’adressent à celleux qui connaissent déjà Sangatsu, que ce soit par l’anime, par le manga ou les deux, et d’autre part parce qu’en deux fois deux heures vingt environ, on ne peut pas dire la moitié de ce qu’on dit en près de 50 épisodes d’anime ou une bonne dizaine de tomes de manga. Surtout qu’on va en fait même plus loin que les deux saisons de l’anime (en gros la deuxième moitié du deuxième film ?), du coup j’ai vu des événements que je ne connaissais pas encore vu que je n’ai pas lu le manga. Messire m’a même dit qu’il y avait des choses qui n’avait pas lues dans le manga, cela veut donc dire que ça va au-delà du tome 18..

Et c’est assez évident, cet équivalent d’à peine 8 épisodes d’anime niveau durée, c’est l’un des points négatifs du film ; on sent moins le temps qui passe, on sent moins les relations se tisser progressivement et les personnages évoluer. Si on ne connaît pas du tout ces personnages, il me semble plus compliqué d’apprécier l’histoire même si au final je pense qu’ils restent assez bien écrits à la base pour qu’on ait envie de les connaître plus à travers le manga ou l’anime. Ce qui constitue la fin du second film est un événement qui s’il n’est pas une surprise, n’a pas encore eu lieu dans le manga. Je me demande du coup à quel point l’auteure a été consultée à ce sujet !

Ce qui est certain, c’est que le casting tient ses promesses. J’imaginais complètement Kamiki Ryûnosuke dans le rôle de Rei, notre héros joueur pro de shôgi un peu malgré lui et il est effectivement parfait pour incarner ce lycéen trop vite poussé à être un adulte, qui a à la fois un besoin avide et une peur de se lier aux autres. Le trio des soeurs Kawamoto est également très réussi ; Kurashina Kana est Akari, l’aînée. C’est Kiyohara Kaya qui joue la cadette, Hina. J’étais certaine d’avoir déjà vu la toute jeune actrice qui joue la petite dernière, Momo, même si je n’avais pas retenu son nom. Effectivement, je l’ai vu dans pas moins de 3 asadora ! Il s’agit de Niitsu Chise, c’est la fille de Shinkai Makoto et niveau choupinerie elle rivalise bien avec la version originale dessinée du personnage ! C’est Arimura Kasumi qui incarne Kyôko, la soeur adoptive de Rei. Si on m’avait demandé quelle actrice je voyais dans le rôle, je ne sais pas qui j’aurais imaginé mais elle est convaincante. Au final, ça fait pas moins de quatre acteurs/actrices qui ont eu le premier rôle dans un asadora ! Même si je n’ai pas encore vu celui de Kurashina Kana ce sera évidemment fait un jour :).

Du côté des joueurs de shôgi, il y a du bon aussi : cela faisait longtemps que je n’avais pas vu Sasaki Kuranosuke et j’ai adoré sa manière d’incarner Shimada, un personnage pour lequel j’ai eu beaucoup d’affection dans l’anime. Je regrette d’ailleurs que son histoire ne soit que survolée dans le film. Kase Ryô rend bien le côté très mystérieux du glacial Sôya, prodige indétrônable. Là encore, on en sait beaucoup moins sur lui qu’on pourrait. La relation entre Rei et celui qui le considère comme son meilleur ami et rival, Nikaido, est également réduite à son minimum ou presque. Sometani Shôta fait pas mal le spectacle dans ce rôle. Et, il a vraiment pris du poids exprès ? Je me dis que ça ne dois pas être non plus super courant dans les productions japonaises, même si ça reste certainement plus évident à faire pour un homme que pour une femme. Au final, parmi les joueurs de shôgi évoluant autour de notre héros, c’est certainement Gôtô qu’on voit le plus. Là encore, je ne peux pas dire qui j’aurais imaginé dans le rôle mais Itô Hideaki fait franchement bien le job (et qu’est-ce qu’il vieillit bien dites donc !). Il ne faut pas que j’oublie de mentionner Misumi/Smith: vu le look si particulier du personnage je n’ai pas reconnu Nakamura Tomoya par son visage mais par sa voix !

S’il y a des personnages qui sont passés à la trappe comme Takahashi (le crush de Hina) et les membres du club que Rei va rejoindre au lycée, son prof principal, Hayashida, est présent et c’était une très bonne idée de confier le rôle à Takahashi Issei. Dernier point sur le casting : parmi les figurants dans les scènes qui concernent directement le shôgi, on trouve au moins trois ou quatre véritables joueurs pro. Bien sûr, c’est pas moi qui l’ai remarqué vu que je ne suis capable d’en reconnaître quelques uns, mais Messire a l’œil :).

Je ne m’attendais pas à une réalisation de dingue et en effet ça reste simple, mais il y a de chouettes plans qui mettent bien en valeur le décor urbain, avec le fameux pont rouge de Tsukishima et l’eau toujours proche dans ce quartier de la baie de Tokyo. L’appartement de Rei est exactement comme en version dessinée (c’est pas bien compliqué certes), et c’est amusant de voir la maison du shôgi (shôgi kaikan) et ses alentours à Sendagaya, avec notamment le sanctuaire. J’y ai accompagné Messire quelquefois, même si en tant que visiteur lambda on ne peut accéder qu’à la boutique et au dôjô du second niveau. Bon maintenant on ne peut plus accéder à rien d’ailleurs, vu qu’ils ont déménagé dans un bâtiment tout neuf juste à côté de la gare. Mais à côté de cette satisfaction de voir des lieux en vrai et des gens en vrai, je n’ai pas pu m’empêcher de réaliser à nouveau les libertés que permettent l’animation pour mettre en images des mots, des sentiments, des impressions. A ce niveau-là, l’anime de Sangatsu propose vraiment quelque chose qui donne une dimension unique aux monologues de Rei ou d’autres personnages.

La musique des films est signée Kanno Yûgo, qui a travaillé sur un nombre incalculable de drama et films. C’est classique dans le genre mais ça passe bien. J’ai déjà oublié la chanson de fin du premier film, mais j’ai eu l’agréable surprise de retrouver à la fin du second la reprise de Haru no uta par Fujiwara Sakura. Je ne savais pas du tout qu’elle avait été utilisée là !

Au final, s’ils ont le défaut de n’être qu’un résumé de l’œuvre d’Umino Chica, ces deux longs métrages ne la trahissent pas il me semble, mais il faudrait que quelqu’un qui connaît le manga sur le bout des doigts vous le confirme. Je suis contente d’avoir vu ces deux longs métrages, je n’ai pas eu l’impression d’avoir perdu mon temps, et je pense que les personnes qui connaissent déjà Sangatsu l’apprécieront, en particulier s’ils connaissent des acteurs et actrices japonais via des drama ou d’autres films. Après, si comme je le disais ça peut aussi convaincre certains de ceux qui ne connaissent rien de ça, je comprends parfaitement qu’on ne souhaite pas se lancer dans ce genre de production « incomplète » (je n’arrive pas à trouver d’autre mot) si on n’est pas du tout sûr de vouloir lire un manga ou voir un anime.

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