[Cher journal #98] Mon mois de mai 2025

yatsugatake seisenryo fuji

Pour la Golden Week, comme en 2023, nous avons fait notre première virée de l’année à Yatsugatake, pour trois nuits, avec toutes les petites habitudes qui vont avec, comme s’arrêter à l’aire d’autoroute Dangôzaka pour prendre le petit déjeuner. On se divise toujours en deux équipes, la team soba et la team pain. Ca ne me dérange plus depuis longtemps de manger salé le matin et j’aime beaucoup les soba mais comme on en mange beaucoup à Yatsugatake (Nagano étant un peu le fief du sarrasin), je me la joue française, ou presque. A la boulangerie de Dangôzaka ils font des Danpan, un petit pain fourré à la crème et à l’anko et c’est vachement bon.

J’ai pris quasiment aucune photo à Yatsugatake car on a refait que des endroits qu’on connaissait déjà bien, sauf le troisième jour. En plus le deuxième jour il a plu donc ça a pas aidé. On est retourné faire un tour au petit musée du livre illustré de Kiyosato pour être un peu au sec. Et le troisième jour donc, on est allé au Seisenryô à Kiyosato. On était déjà passé pas mal de fois, notamment pour profiter de la vue sur le Fuji (photo en tête du billet), mais on ne s’était jamais arrêté. On s’est donné rendez-vous là-bas avec les familles de deux camarades de classe de Messire qui étaient justement dans le coin. On a suivi le petit parcours de marche dans la verdure autour de la ferme, on a pris le déjeuner au resto du Seisenryô (les pancakes étaient pas mal !) et après on a fait un tour au centre départemental de la nature (j’ai tellement la flemme de trouver une traduction plus précise là xD) où il y avait des petites activités pour les enfants (tellement que Duchesse voulait pas partir !). On est reparti assez tôt le lendemain après avoir fait notre petite tournée des points de vente de produits locaux (même s’il n’y a pas encore tous les légumes et fruits d’été il y a au moins les champignons et le jus de pomme !).

Mais tu vas te casser de chez moi ?!

Dans la nuit du 11 au 12 mai, je n’arrivais pas à dormir parce que j’avais mal à la poitrine. J’avais déjà eu deux ou trois fois le même genre de douleur, soit à la poitrine soit entre les omoplates, la dernière fois c’était deux semaines avant. Cette fois, ça ne passait pas. C’était pas un truc affreux à me faire crier ou à me couper le souffle, mais ça m’empêchait de dormir et je n’avais aucune idée d’où ça venait et quand ça allait s’arrêter. J’aurais bien aimé attendre le lendemain pour consulter, mais j’ai fini par réveiller l’autochtone pour qu’il appelle une ambulance. Oui je n’avais que 41 ans, j’étais (normalement) en bonne santé.Mais je savais aussi que ma mère a des problèmes cardiaques même si c’est venu bien plus tard, et que plein de femmes de mon âge et même plus jeunes ont eu des problèmes et que leur âge et leur sexe a joué en leur défaveur. J’ai regardé ma fille qui dormait à côté de moi et je me suis dit qu’il ne fallait pas qu’il arrive quelque chose à sa mère juste parce qu’elle avait peur de déranger les gens.

A 3h et quelque du matin, j’ai donc testé pour la première fois l’ambulance et les urgences au Japon. Rien à l’électro-cardiogramme, à la radio ou au niveau de l’analyse de sang, du coup je suis repartie vers 7h30. J’ai pris un taxi parce que même si j’étais pas super loin de la maison le trajet en transports en commun était vraiment pas pratique et après une quasi nuit blanche c’était pas la grande forme. La médecin m’a dit de consulter un cardiologue si la douleur continuait ou revenait. Et c’était le début d’une grande aventure toujours pas vraiment terminée17 mois après au moment où j’écris ces lignes.

Comme j’ai le sens du timing, tout ça est arrivé le matin du jour où l’autochtone devait partir aux USA pour le boulot. Heureusement, son vol était dans la soirée et pas plus tôt dans la journée. Il a pu aller conduire Duchesse au yochien pendant que je finissais ma nuit, et après c’était parti pour une petite semaine en solo. Comme d’habitude, belle-maman a pu venir en renfort, pas moins de 3 après-midis, pour passer du temps avec les petits monstres. La deuxième fois on a fait un goûter crêpes, même. Messire est allé à son cours de dessin et au shôgi tout seul (ça devait pas faire longtemps qu’on le laissait faire ces trajets à vélo tout seul). Et puis le samedi c’était un peu ciné à la maison, on a regardé Mon voisin Totoro (en faisait des pauses toutes les 20-25 minutes, donc en 4 fois) en mangeant une glace pour le goûter.

L’autochtone est rentré le samedi soir, comme ça le dimanche matin il était vaillant malgré le décalage horaire pour accompagner Messire au point de départ de sa sortie du dimanche : il n’avait pas eu assez de deux excursions à Takao l’automne précédent, il en a fait une troisième organisée pour des enfants par un groupe d’étudiantes d’une université du coin. Messire n’est pas sportif, dans le sens où il ne s’intéresse pas à un sport en particulier et n’est pas particulièrement doué pour ça je crois, mais il n’a jamais rechigné à marcher donc je suis contente qu’il demande à faire des activités de ce genre.

Et puisqu’on parle de ça, bonne transition pour évoquer l’autre nouveauté de sa 4ème année de primaire en plus des nouvelles matières : le début des clubs. Et de ce point de vue, même l’autochtone est content que son fils ne soit pas un grand sportif car ce sont les clubs de sport qui sont les plus contraignants (même si bon, là on n’est qu’au primaire pour l’instant et que le pire c’est au collège et au lycée). Messire a choisi le club de jeux de plateau, parce que c’est là qu’il pouvait faire un peu de shôgi ! Et puis même si techniquement c’est pas un jeu de plateau, il a pu aussi faire aussi un peu de karuta (parce que oui à cause de Chihayafuru il est devenu fan de karuta même si c’est pas au même point que le shôgi). En mai, on a aussi eu l’entretien individuel avec son prof principal et comme les années précédentes que des éloges même si oui, effectivement, il oublie un peu souvent de rendre ses devoirs mais bon vu qu’il a des bons résultats ça passe (dans son école du moins, ça passerait sûrement moins ailleurs !).

Duchesse, elle, a donc commencé les bentô au yochien, d’abord en finissant sa journée à 13h30, puis finalement en faisant des journées entières jusqu’à 14h30. Techniquement, on n’est pas obligé de faire des bentô complets pour les 4 déjeuners de la semaine car il y a 2 jours où le yochien se fait livrer des pains d’une boulangerie du quartier, et 2 autres jours où ils se font livrer des accompagnements et où on a juste à donner du riz, mais le problème évidemment c’est que dans tout ça il y a très souvent de la viande, et c’est justement parce que je voulais pas me prendre la tête avec les menus qu’on a choisi un yochien qui nous permettait d’avoir le choix. Ca faisait déjà la 8ème année qu’on faisait des bentô pour Messire de toute façon donc c’est pas un en plus qui prend plus de temps, j’étais déjà bien habituée à prévoir à l’avance ce qu’on mettrait dans les boîtes le matin !
Duchesse a eu aussi sa première excursion avec sa classe, et cette fois les parents devait accompagner. C’était l’affaire d’une petite matinée dans un parc animalier que tous les gamins devaient déjà connaître donc pas de grosse prise de risques XD.

Nekota avec son air le plus aimable, as always!

Une semaine après mon passage aux urgences, ma douleur dans la poitrine et le dos qui allait et venait me gênait encore même si elle n’était plus aussi forte et je commençais à en avoir ras le bol. J’ai pris rendez-vous chez un cardiologue pour faire des examens plus approfondis, pour être vraiment certaine que ce n’était pas le cœur au moins. Parce que de toute façon, c’est ça qu’on fait il me semble ? J’y suis allée 4 ou 5 fois en tout entre le 19 mai et le début juillet (oui, fallait pas non plus être super pressée) pour refaire analyse de sang et radio, ainsi qu’une échographie et un électro-cardiogramme sur 24h avec le petit boîtier (je pensais que ça serait relou mais en fait ça m’a vraiment pas gênée !). Et non, rien. Ben tant mieux, c’est pas comme si je voulais absolument que mon cœur soit malade, mais bon ça ne me disait toujours pas quoi faire à part prendre des anti-douleur.

En mai 2025, j’ai fini un roman pour la première fois depuis… je n’ose même pas compter, mais avant la naissance de Duchesse je pense (elle allait bientôt avoir 4 ans à ce moment-là donc). Mon cerveau est tellement en vrac le soir que je choisis toujours la solution série télé, alors qu’avant je lisais quasiment tous les soirs. Quand on avait « que » Messire, durant les premiers mois je ne devais pas lire des masses mais j’avais dû quand même reprendre l’habitude plus rapidement. Mais là en fait le soir même si le niveau d’énergie est mieux, généralement j’arrive pas à caser tout ce que je veux faire et je sais que si je suis pas couchée à 22h le lendemain matin ça sera encore plus dur donc j’arrive pas à en profiter. Et c’est vraiment un des trucs qui me fait me sentir complètement incapable parce que maintenant que mes deux gosses sont à l’école j’ai tout le temps du monde, n’est-ce pas ? Je me suis dit que si le soir ça marchait pas, je devrais me prendre un peu de temps en journée quand je suis seule à la maison pour pouvoir lire mais même ça j’arrive pas à m’y tenir.

Comme si je n’avais déjà pas assez de raisons de me sentir vieille, en mai 2025 ça a fait 20 ans que je suis partie au Québec, à la base pour 4 mois de stage qui se sont du coup prolongés d’un an. C’est juste après être rentrée en France que j’ai commencé ce blog et au final je n’ai jamais vraiment parlé du Québec ici. Et j’ai vraiment du mal à réaliser que ça fait 20 ans, même si c’est pas bien sorcier de compter les années. Je regrette de ne pas avoir pu vraiment visiter la province, même si je sais que je ne pouvais pas vraiment faire autrement à ce moment, et j’aimerais beaucoup y retourner mais c’est vraiment pas sûr que ça se fasse un jour.

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