Au printemps 2017, nous avions passé un petit week-end à Gunma, plus précisément à Takasaki, la ville la plus importante du département avec son chef-lieu Maebashi. Je vous avais raconté notre visite de l’ancienne filature de soie de Tomioka, située à deux pas de là et classée au patrimoine mondial de l’Unesco, mais je n’avais pas encore parlé du temple Shôrinzan Darumaji, qui était l’autre objectif de cette petite virée à deux pas de Tokyo. J’espérais en fait avoir le temps de me plonger plus en détail dans l’histoire et l’architecture des temples et des sanctuaires pour écrire mes billets consacrés à ces types de lieux mais il est assez évident maintenant que ça ne sera pas encore pour tout de suite. Même si je suis plus que jamais déterminée à faire de la résistance avec mon blog bien que ce type de média soit jugé dépassé depuis longtemps, il est de toute façon évident que je ne peux pas avoir la prétention de me positionner dans la catégorie blog voyage. Mais puisque ce blog a toujours été destiné à partager ce que j’aime et qui me touche, il est hors de question que j’arrête de parler de mes petits voyages, même avec des années de retard 🙂
Je me décide donc une fois pour toutes à partager ma visite du Darumaji, qui est un souvenir très cher. Et ce qui m’a décidée, c’est la mise en ligne d’un superbe article sur Passeport Japon. Ca fait tellement plaisir de voir encore en 2026 en-dehors des réseaux sociaux du contenu écrit et photo qui donne tant envie ! Ce billet comporte exactement le genre d’info que j’aurais aimé avoir le temps de chercher par moi-même, notamment par rapport à la pratique de l’écriture de sutra (j’y reviens plus loin).
Nous sommes arrivés au Darumaji en taxi depuis le centre de Takasaki pour gagner du temps, par le sud du temple. Nous avons donc pu dès nos premiers pas rencontrer les vedettes des lieux, les daruma, disposées par dizaines au Darumadô. Le rouge flamboyant domine, et si ça n’a jamais été ma couleur préférée, c’est du plus bel effet dans ce cas et on a envie de les photographier dans tous les sens ! Les tablettes ema sont vraiment superbes, je me demande bien pourquoi à l’époque ça ne m’a pas donné envie de commencer une collection ! Rien que pour ça j’y retournerais bien :).
Pour accéder aux autres bâtiments du temple, il faut descendre. Il y a en chemin beaucoup de verdure et c’est un endroit que j’ai vraiment apprécié. De la pierre, de la mousse, et de superbes yama tsutsuji (un genres d’azalées/rhododendrons qui peut pousser à l’état sauvage, il y en a à Yatsugatake). Messire avait beaucoup aimé le petit étang aux carpes en arrivant en bas. Là aussi, c’est un élément très classique dans les temples ou les sanctuaires, mais j’ai vraiment eu un petit coup de coeur pour ces lieux.
Ayant presque terminé mon premier goshuinchô acheté à Matsushima, j’ai sauté sur l’occasion pour en acheter un nouveau comme souvenir de cette visite qui reste un si beau souvenir. Et j’ai donc été surprise que le moine m’explique que pour obtenir le sceau du temple il me fallait recopier un sutra. Bon, c’était le mode facile, pas tous les caractères mais juste quelques uns, un peu comme les exercices d’écriture des écoliers ? Avant de me remettre mon carnet avec le sceau, le moine a récité le sutra, si je me souviens bien. Je me sentais pas trop légitime en tant qu’étrangère, mais en fait j’ai réalisé que si le temple avait choisi de mettre en place ce rituel, c’était avant tout pour les visiteurs japonais, qui représentaient (et représentent toujours je pense même avec l’augmentation des touristes étrangers ces dernières années) la plus grande partie de ceux qui demandent des goshuin. Pour certains du coup, c’est un peu comme on collectionne les tampons des gares, pas spécialement avec plus de spiritualité ou de dévotion que moi même si le bouddhisme et le shintoïsme sont à la base dans leur culture.
Pour retourner vers le centre de Takasaki, on a cette fois pris notre temps et marché jusqu’à la gare la plus proche, sur l’autre rive de la rivière qui passe près du temple. Et devinez ce que l’on trouve à chaque extrémité du pont qui franchit la rivière ? Des daruma, oui :). Nous avons même fait un crochet pour passer au Yawata Hachiman-gû, un peu au nord des rails de la ligne Shin-Etsu. Un vrai vieux sanctuaire comme on aime tant en croiser en-dehors des zones densément urbanisées ! J’ai mis plus de photos dans l’album au bas de cet article.
Me replonger dans ce souvenir de voyage m’a tellement donné envie de repartir à la découverte d’un coin de Japon, en particulier d’une petite ville comme Takasaki où on pense qu’il n’y a pas grand chose à voir mais où l’on trouve en fait forcément de chouettes temples et sanctuaires et de la bonne bouffe locale. Il se pourrait bien qu’on retourne un jour dans le coin vu que Messire ne s’en souvient pas et que Duchesse n’était pas née. Vu le prix des trajets en shinkansen et des hôtels, une destination faisable en une nuit depuis Tokyo en voyageant en famille c’est vraiment top et j’espère encore faire de belles découvertes de ce genre dans le Kantô, en attendant de retourner à Yatsugatake ou de faire péter le budget pour aller un peu plus loin. Et en revoyant mes photos du Darumaji je me dis aussi qu’il faut vraiment que je fasse quelque chose pour l’objectif de mon Olympus qui s’est cassé pour la deuxième fois. Je me sens très illégitime à dépenser de l’argent dans du matériel photo mais c’est pas sans matos que je pourrai m’exercer et progresser un peu !
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