12 décembre 2017

Comment j’ai arrêté la pilule au bout de 13 ans

fleurs bleues

J’avais déjà envie d’écrire ce billet très personnel mais j’hésitais encore un peu même si je raconte un peu de tout ici. Ceux qui ne veulent entendre parler que de japoniaiseries sont bien sûr libres de l’ignorer ^^. Je me suis décidée après avoir lu des témoignages suite aux événements survenus en France autour des pilules de troisième et quatrième génération, mais comme toujours, l’idée est restée en chantier encore pendant pas mal de temps. Je ne cherche à convaincre personne, je ne me range dans aucun « camp ». Je veux juste faire part de mon expérience personnelle. Peut-être que celles et ceux qui se posent des questions tomberont sur ce billet via un moteur de recherche, qu’il s’ajoutera à d’autres témoignages et qu’il les aidera un peu. Et pour mettre un petit peu de couleurs dans billet noir de texte, vous avez le droit à quelques photos de fleurs (mais oui, la féminité, tout ça… c’est bon je sors :p)

J’ai commencé à prendre la pilule aux alentours de 16 ans si je me souviens bien. Comme pas mal de filles, c’était avant tout pour remédier aux pénibles douleurs qui revenaient chaque mois. Fini d’avoir le bide qui se tord affreusement, fini de se relever la nuit pour se changer à cause d’un flux trop important. Et puis chaque mois, à quelques heures près, je savais quand la fête allait commencer !
Evidemment, j’ai aussi bien été contente par la suite de bénéficier du côté contraceptif car j’étais du genre à ne pas faire confiance aux préservatifs seuls. Pendant toutes ces années, j’ai pourtant très rarement oublié de prendre le petit cachet magique, même pendant les périodes où un oubli n’aurait pas eu de conséquences.

Pendant les premières années, je ne me souviens pas avoir eu un quelconque effet négatif lié à la prise de ce médicament. Je n’avais jamais été spécialement mince, mais je n’ai pas eu de prise de poids importante. Je n’avais pas non plus l’impression que cela influençait ma libido, mais en même temps, quand on commence à prendre la pilule à un âge où on ne se connait pas encore vraiment, c’est dur de comparer.  Je n’ai changé qu’une fois de type de pilule, pour passer d’une triphasée (Trinordiol) à une monophasée (Minidril).higanbana blanche

Je pense que c’est à partir de 2007, alors que cela faisait 7 ans que je la prenais, que j’ai commencé à me demander si c’était la peine de continuer à avaler un petit cachet 21 jours sur 28 alors que je n’avais pas besoin de son effet contraceptif au quotidien. Dur de ne pas rentrer de les détails de ma vie sentimentale en évoquant ce sujet n’est-ce pas ? En gros, j’étais une célibataire asociale qui ne risquait pas vraiment d’avoir besoin de prendre la pilule du lendemain parce qu’elle avait succombé aux charmes d’un Apollon en boîte de nuit. Mais au simple souvenir des douleurs et des nuits inconfortables, j’oubliai d’abord rapidement cette idée.

Le temps a continué de passer, mais l’idée elle est revenue de temps en temps, un peu plus forte et un peu plus rapidement à chaque fois. J’avais régulièrement des maux de tête au niveau des yeux et du front, qui n’étaient pas du tout violents mais agaçants et qui renforçaient cette sorte d’impatience brusque et d’émotivité exacerbée qui me prenait parfois. Là encore, je ne sais pas depuis quand. Ca n’est pas apparu du jour au lendemain, et j’ai mis du temps à me rendre compte que cet ensemble de petits symptômes apparaissait surtout à un moment précis : la semaine sans petits bonbons.

Je n’ai jamais eu peur de poser des questions à ma gynéco. J’ai toujours été suivie par la même, même quand je n’habitais plus Rouen, et elle sait mettre à l’aise ses patientes en parlant de tout et de rien pendant les examens les moins agréables (enfin en même temps, y’en a pas d’agréables :D). Mais il y a beaucoup de choses dont ont se rend compte avec le recul. J’avais des réponses qui me semblaient satisfaisantes sur le coup, mais qui ne répondaient dans le fond pas à mes questions. Quand je lui ai dit que j’avais l’impression que le Minidril influençait mon humeur, elle m’a dit que dans ce cas il fallait prendre de l’Antadys, le médicament au flurbiprofène qui m’était prescrit en cas de douleurs, car il était aussi fait pour ça. Pour le mal de tête oui, pour le reste ça ne changeait rien.

En 2012, j’ai dit à ma gynéco que cela faisait quelque temps que je pensais à arrêter la pilule car j’avais l’impression que cela ne me convenait plus, et que je pouvais m’en passer tant que je n’avais pas de relation durable. Elle m’a dit que vu que je m’apprêtais à partir un an au Japon, avec les changements que ça allaient apporter, ça n’était pas une bonne idée d’arrêter maintenant. Dans le fond c’était vrai. Mais bon elle aurait pu me dire de tenter dans quelques mois si ma situation se stabilisait. Mais non, en fait, il ne faut pas remettre en question la prise de la pilule. Tu commences ado, et tu arrêtes quand tu veux être enceinte, c’est tout. Je suis donc partie à Tokyo avec mon précieux stock de médicaments de contrebande pour 12 mois pour être tranquille.

Vivre dans un pays qui a une approche complètement différente de la pilule m’a fait réalisé pas mal de choses. Au Japon, ce mode de contraception est très peu répandu car on a décidé de ne vendre que ses effets négatifs. La Japonaise ne voulant surtout par prendre de poids, la question est réglée. Je raccourcis et j’ironise volontairement car ce n’est pas mon but de développer ce sujet. Au début, on se dit que c’est vraiment nul, surtout quand on sait qu’on est dans un pays où il y a une expression consacrée pour parler d’un mariage qui se fait uniquement parce que madame a un polichinelle dans le tiroir et qu’on se rend compte que c’est tabou de parler de ses douleurs menstruelles et qu’il faut les endurer en silence (il y a tellement de chose à endurer pour les Japonais…). On se dit que c’est quand même bien d’avoir le choix de prendre la pilule avant de réaliser qu’en fait, en France, on n’a pas vraiment le choix de ne pas la prendre.

Courant 2013, mon envie de ne plus prendre mes hormones quotidiennes est devenue de plus en plus forte. Mes sautes d’humeur étaient là plus que jamais, et j’avais un sentiment général de malaise. Tout dans la tête, sûrement ! Les événements en France autour de la pilule m’ont interpelée, même si celle que je prenais ne faisait pas partie de la 3ème ou 4ème génération. Il y a plus de 30 ans, après ma naissance, on a dit à ma mère qu’il n’était plus question qu’elle prenne la pilule car elle avait des problèmes veineux. Comme quoi, ça ne date pas d’hier…
Si je n’avais pas déjà eu plusieurs années de questionnement, c’est clair que je n’aurais pas vu ces événements de la même façon. Je ne me suis pas dit tout d’un coup que j’allais mourir si je prenais un cachet de plus, je n’ai pas arrêté tout d’un coup, je n’ai pas appelé un médecin complètement affolée. Mais il y a quand même eu un déclencheur.

La seule raison qui m’empêchait d’arrêter, c’était la peur des douleurs. Et je me suis enfin rendu compte que ça n’était pas normal d’avoir peur à ce point. Même si cela faisait plus de 12 ans que je ne les avais pas ressenties, je ne pense pas que je les sous-estimais. Mais ça n’était pas une maladie, je n’aurais pas dû en arriver à un point où j’avais tellement peur de mon corps que je continuais à prendre un médicament que je ne voulais plus prendre. Le 7 décembre 2013, j’ai arrêté de prendre la pilule. Au milieu de la plaquette oui, puisque de toute façon cela ne changeait rien, il faudrait que mon corps retrouve son vrai cycle dans tous les cas.

Il m’a fallu bien sûr trouver un autre moyen de contraception, et le préservatif s’est imposé. Par défaut certes, et avec ses inconvénients (mais il ne faut pas non plus en rajouter des couches !). Mon mari a été coopératif, peut-être parce qu’il savait que si mon humeur exécrable continuait je finirais par lui taper dessus XD.camélia tombé

Dans les mois suivants, alors que la machine se remettait en marche après tant d’année d’arrêt forcé, je me suis rendu compte qu’il y a pas mal de choses que j’ignorais. Je me considère pourtant comme bien informée, et  quand je vois le niveau des questions posées par certaines filles ou femmes sur les forums médicaux, cela me fait franchement peur. Mais en fait, pendant toutes ces années, on ne m’avait jamais dit exactement ce que ce médicament faisait. On continue à parler de règles alors que les saignements qu’on a n’en sont pas. On nous donne l’illusion d’avoir un cycle, mais cela a pour seul effet positif de moins se bourrer d’hormones qu’avec une prise continue…

En cherchant des infos sur le net pour approfondir mes connaissances sur mon cher cycle, je me suis aussi rendu compte à quel point ce que je disais quelques paragraphes plus haut se vérifiait : toutes mes recherches sur la reprise du cycle et les différents symptômes associés après arrêt de la pilule me menaient à des articles/sujets de forums sur la conception. Il n’est même pas envisagé que l’on arrête volontairement sans vouloir tomber enceinte dans le mois qui suit !

Pendant six mois environ, tout s’est passé sans problème. Je sentais que les petits Anglais allaient débarquer, mais je ne pouvais pas dire que ça me faisait vraiment mal et que ça me gênait dans mes activités. Mon flux était bien sûr plus abondant, mais pas de quoi me gêner la nuit ou de créer des urgences dans la journée. Au bout d’un certain temps, je me suis mise à avoir des douleurs dans le bas du dos. Comme je souffre facilement des hanches et des lombaires, j’ai mis plusieurs mois à me rendre compte que c’était mon ovulation. Pas grosse gêne pendant les règles donc, mais des douleurs nouvelles à un autre moment du cycle. Renforcées par les problèmes que j’avais déjà, je pense. Puisqu’on m’avait prescrit des anti-inflammatoires pour ces problèmes en question, j’y ai eu recours. Cela ne m’amusait pas le moins du monde, mais je n’ai ni regretté d’avoir arrêté la pilule, ni envisagé de la reprendre (si je mets déjà ces phrases au passé, c’est parce qu’alors que je me décide enfin à écrire ce billet, ma situation a déjà un peu changé, mais c’est une autre histoire ^^).

Si j’accepte mieux ces douleurs, c’est parce que je suis sûre d’où elles viennent. C’est mon corps qui fait ça tout seul, sans l’influence d’une substance extérieure. Je ne vais pas vous sortir le grand truc du « je suis à l’écoute de mon corps, la nature est bien faite », car non en fait la nature elle fait chier. Mais oui, c’est comme ça, et je l’accepte mieux depuis que j’en suis venue à la conclusion que prendre des hormones à longueur d’années n’était pas la panacée. Et oui, je regrette de ne pas avoir arrêté avant. De ne pas avoir au moins essayé pour voir ce que ça donnait. Plusieurs mois après avoir pris mon dernier comprimé, il m’arrivait encore le soir en me couchant si je n’avais pas oublié de faire quelque chose. Il m’arrive d’avoir des sautes d’humeur, mais je ne me fais plus aussi peur qu’avant.fleur bleue

Je suis consciente de la révolution que la pilule a constitué. Je ne remets pas du tout ça en question. Mais il faudrait passer à l’étape suivante car après plusieurs décennies il semble évident qu’elle n’est pas la solution pour toutes. Je trouve ça vraiment gênant qu’elle soit imposée, qu’elle soit utilisée dans d’autres buts que son objectif premier (est-ce vraiment normal de subir une contraception hormonale pour  soigner son acné ?). On nous donne parfois carrément l’impression de trahir la cause féminine si on ne veut pas la prendre. Tu as mal au ventre ? Mais pourquoi ne prends-tu pas la pilule, petite sotte ? Mais pourquoi t’emmerdes-tu avec un préservatif alors qu’il y a une solution miracle ? Ben non, pas pour tout le monde.

En fait, on devrait être tellement contentes qu’on nous ait accordé un moyen de ne pas tomber en cloque qu’il faudrait s’en contenter et se taire. Mais ce n’est pas une maladie d’avoir ses règles. Ce n’est pas une maladie de vouloir une contraception. Que ce soit parce qu’elle souffre ou parce qu’elle doit assumer seule la contraception, une femme ne devrait pas avoir à prendre un médicament quotidiennement s’il a des effets secondaires et présente des risques, même s’ils sont soi-disant minimes. C’est une solution par défaut pour un problème qui concerne la moitié de la population pendant plusieurs dizaines d’années de sa vie.

23 commentaires sur Comment j’ai arrêté la pilule au bout de 13 ans

  1. Je pense aussi qu’il y a de gros progrès à faire concernant la santé des femmes + accès aux informations, même si on a un accès facile aux soins à côté de ça, etc. 🙂
    Je vais raconter ma vie dans la suite du commentaire mais tant pis ahahha
    Ce sujet me parle beaucoup car justement j’ai des problèmes hormonaux, découvert sur le tard en allant chez une dermato, etc. J’ai été opérée d’un ovaire début juin et donc j’en ai pu croiser plusieurs gynécos depuis le début, et des endocrinologues pour un autre problème que j’ai.
    J’ai jamais pris de pilule auparavant car j’ai jamais eu de douleurs et j’en avais pas l’utilité, donc vu mon expérience ça me surprend tjrs de voir toutes ces (jeunes) femmes qui en prennent depuis plus de 10 ans. 🙂 Bon ça marche à merveille pour certaines mais oui ça a l’air plus banalisé que ça ne devrait l’être. J’ai commencé un traitement hormonal au début de l’année, et quand je vois les effets sur le corps (bon plutôt positif pour l’instant), je me vois mal continuer à prendre ça pour plusieurs années.
    Quand je vois tous les médecins que j’ai croisé, c’est rare qu’ils soient en symbiose sur la démarche à suivre lors de pbs hormonaux et/ou choix de contraception ou ne sont pas forcément au courant des avancés dans le domaine.

    En tout cas même si ça a pris du temps pour toi, contente que tu aies enfin trouver une solution qui te convient et qui est mieux pour ta santé 😀 (même si je pense que si tu as encore mal, faut pas hésiter à insister auprès du médecin, mais bon avec ta situation actuelle je suppose que tu es bien surveillée :))
    Pour avoir eu des problèmes de santé ces dernières années, je peux affirmer que quand la santé va, tout va 😀

    Je pourrais en parler pendant des heures mais je vais m’arrêter ahhahahah

    • Merci d’avoir pris le temps de faire part de ton expérience ! Qu’il s’agisse des hormones reproductrices ou pas, on dirait bien que les problèmes hormonaux concernent de plus en plus de personnes et mettent souvent beaucoup de temps à être mis en évidence. J’espère en tout cas que tu vas pouvoir régler tes soucis de santé une fois pour toutes ! Tu as bien raison, l’important, c’est la santé! 🙂

  2. Je suis d’accord. Au lieu d’imposer de prendre ou de ne pas prendre la pilule, on devrait juste laisser es femmes laisser choisir ce qu’elles veulent faire.
    Et ce n’est pas le seul moyen de contraception 😉

    • Parce que c’est des hormones artificielles ? Parce que cela créé des saignements artificiels ? Parce que cela veut dire avaler un cachet tous les jours ? Il y a plein de raisons ! En tout cas, si tu ne souffres pas trop à cause de ton cycle et que tu as trouvé une contraception qui te convenait, c’est sûr que tu as bien raison de t’en être passée jusqu’ici et de continuer à le faire ! 🙂

  3. J’ai été aussi ravie d’arrêter de la prendre… Je pense que j’ai commencé un peu par défaut, parce qu’à un moment il semble que « tout le monde » s’y mette, et je ne me suis jamais posée trop de questions. Mais la dernière année j’en avais simplement marre, pas d’effets particuliers ni rien, mais juste l’envie de ne plus me bourrer d’hormones. Du coup comme mon stock Japon était trop juste (vu qu’on est restés plus que prévu), c’est tout naturellement que j’ai arrêté. Et malgré les douleurs, je n’ai jamais regretté, ça me semblait beaucoup plus sain en fait.
    Après c’est sur que c’est très bien d’avoir la possibilité de la prendre, mais je trouve qu’elle est trop présentée comme LE seul moyen à utiliser, et qu’il n’y a pas vraiment d’informations sur les autres, c’est dommage.

    • Je vois que ton ressenti ressemble au mien, et qu’on peut se lasser juste avec le temps. Au final, tu as pu profité d’une situation qui aurait pu être contraignante pour changer, c’est chouette !

  4. Dans toute cette histoire de contraception le vrai problème est qu’on nous impose la pilule car il existe des accidents avec les préservatifs masculins entre autres! Pour ma part, j’ai commencé la pilule vers l’âge de 18 ans car j’avais une relation sérieuse, je ne pensais pas qu’on pouvait la prendre car il y avait une gêne lors des règles! (Mon gyneco ne demande que son cachet…) donc j’y ai vu son utilité pendant toute la relation et puis après la rupture je pestais de la prendre pour rien car cela a toujours été contraignant pour moi et il m’est arrivé plusieurs fois de la prendre avec beaucoup de retard ce qui je pense à créer un décalage où les règles n’arrivaient plus tout tout à fait lors de la « pause »… J’ai continué à la prendre sans trop savoir pourquoi jusqu’à ce qu’elle me soit utile à nouveau! Et puis un jour j’ai décidé de finir ma plaquette et ne plus renouveler mon ordonnance au bout de 6 ans! Cela faisait 3 ans que j’étais avec le même homme (mon mari actuellement) et je ne voulais pas d’enfant! Mon corps a eu du mal à se retrouver et j’ai commencé à le « comprendre » (et à utiliser des applications dédiées au cycle). Je n’ai pas trop pensé à un nouveau contraceptif, et nous avons mené notre vie en jouant avec le feu et des préservatifs… Et puis un jour nous avons décidé d’avoir un enfant cela a été beaucoup plus facile que prévu en écoutant son corps (et en étant en vacances)! Après l’accouchement on m’a prescris d’office une nouvelle pilule en prise continue, et je l’ai trouvé magique cette pilule car tu n’as point de règles! Haaaaleluiaaa Oui mais c’est encore des cachets à prendre, c’est contraignant et après 2 ans je n’ai plus ce réflexe et même en mettant une alarme avec bébé dans les bras on oublie vite! J’ai vite arrêté et je me suis tournée vers le stérilet en cuivre, sans hormones, nada car bien qu’en se renseignant il ne donne pas envie (règles plus abondantes et plus longues) il ne vient pas chambouler ton corps en diffusant je ne sais quels produits vraiment! C’est vraiment dommage qu’il ne soit « recommandé » qu’après avoir eu un enfant alors qu’il peut se poser avant sans soucis! Je ne milite pour rien du tout mais c’est déjà bien assez contraignant d’être une femme (les poils, les règles…) qu’on ne va pas se rajouter des contraintes qui peuvent « très mal tourner » (oui le stérilet ne s’oublie pas et ne rend pas stérile! D’ailleurs pour stopper cette idée reçue il faudrait l’appeler Dispositif Intra Utérin) Je n’ai pas eu de soucis avec ma pilule, mais je connais quelques personnes qui ont eu des soucis plutôt sérieux… #361mylife

    • Merci beaucoup pour ton témoignage ! Quand on parle d’alternatives à la contraception hormonale, on évoque forcément le DIU et son nom commun peu flatteur qui comme tu le dis contribue à sa mauvaise réputation. C’est chouette d’avoir le retour d’expérience de quelqu’un qui en est satisfait. Il y a encore du chemin à faire de ce côté !

  5. J’ai moi aussi déjà pensé à l’arrêter. 15 ans que je la prends… Je ne l’ai jamais pris pour les douleurs mais par facilité. Surtout que les douleurs, j’en ai de toutes façons ; faut dire que je suis en micro-dosée aussi.
    Seulement, comme tu le dis dans ton témoignage, j’ai peur de mon état si je l’arretais. Cette fameuse semaine sans pilule, je suis au 36ème dessous avec fatigue, maux de ventre, migraines, irritabilité et surtout grosses angoisses.
    Ce qui me bloque donc c’est de me dire : et si sans la pilule, cet état mental devenait permanent ? C’est parce que je prends la pilule que cette semaine sans est difficile ou est ce que les autres sont mieux parce que justement je la prends ?
    J’ai bien essayé de parler à mon ancienne gyneco du stérilet en cuivre mais « non, pas pour les femmes n’ayant jamais eu d’enfant… »
    Résultat, je me pose des questions mais je ne change rien… Faudra s’y mettre un jour !

    • Comme ta situation ressemble à celle dans laquelle j’étais ! Je comprends tellement bien que chaque mois, tu penses faire quelque chose mais que tu ne te décides pas et que le temps continue de passer…
      Ce n’est pas normal que tu continues à prendre un traitement qui manifestement ne te conviens pas et que ton médecin ne fasses rien pour toi. C’est trop cher payé pour une contraception ! Je sais que c’est plus évident à dire qu’à faire, mais il faut que tu trouves un gynéco qui t’écoutes et qui au moins te fasses essayer d’autres pilules, ou si tu souhaites arrêter pour de bon te prescrive un DIU. Il me semble qu’on peut trouver des adresses de médecins qui acceptent d’en poser aux nullipares sur le net car il y a de plus en plus de mobilisation contre ce refus infondé.
      Je ne suis ni médecin, ni devin, mais je pense que cela vaudrait vraiment le coup que tu voies ce que deviennent tes problèmes avec un cycle naturel. Ils sont manifestement causés par le manque d’hormones, et comme avec un cycle naturel les hormones ne se comportent pas pareil, ça serait très certainement différent. Evidemment cela ne veut pas dire que tu n’aurais rien, mais peut-être que cela serait mieux, plus tolérable et que tu n’aurais pas l’impression de perdre au change en ne bénéficiant plus de l’effet contraceptif. Tu dis que tu n’avais pas de douleurs avant, je ne pense pas qu’il y ait de raisons particulières pour que tu en aies maintenant.
      J’espère que tu vas pouvoir sauter le pas et trouver une solution pour ne plus avoir à subir ça tous les mois !

  6. Bon bah, à mon tour !
    J’ai eu la « chance » de ne jamais avoir ressentie la pression de la pilule. Aucune médecin ne me l’a jamais prescrite. Faut dire aussi que j’allais très peu chez le médecin à l’adolescence et que ma mère ne soit pas très pilule et qu’elle n’en voyait pas l’utilité pour une gamine de 16 ans. En plus, franchement, à l’époque j’avais d’autres chats à fouetter et l’ibuprofène marche du tonnerre contre les douleurs.
    Le truc positif c’est que je connais mon corps et que le jour où j’ai commencé à prendre la pilule bah j’ai tout de suite compris que ça n’allait pas. Mes épisodes dépressifs étaient plus fréquents, en fait ça s’arrêtait quasiment jamais alors que sans la pilule ça m’arrivait 2 semaines par an, maximum. J’ai pris la pilule moins de 6 mois et en moins de 6 mois j’ai perdu 10kg parce qu’elle me faisait perdre l’appetit. Et quand j’en ai parlé à mon médecin ? « Ah mais c’est pas grave, vous êtes encore dans une courbe de poids normale »
    Résultat, j’ai arrêté le jour où je suis partie au Japon et je m’en porte pas plus mal. Et pour une fois mon mec est un mec bien qui utilise le préservatif sans que j’ai besoin de lui demander ^^
    Et j’ai nettement moins de douleurs qu’avant, allez comprendre …

    Après, je ne nie pas que la pilule a des avantages mais je pense qu’on ne devrait pas la prescrire trop tôt et pour d’autres raisons que la contraception.

    (Oh, et la pilule du lendemain fait plus mal que les douleurs normales des règles, juste pour dire ^^)

    • Ton parcours est encore bien différent mais montre tout aussi bien les effets hallucinants que peuvent avoir les hormones, et comment ces effets en question peuvent être ignorés par les médecins qui ont décidé que quoi qu’il en soit la pilule est la meilleure solution et qu’on doit s’adapter. Si tu arrives à gérer ta contraception et tes douleurs sans, c’est très bien ! ^^

  7. Encore une fois, comme je me retrouve dans ton article !
    Cela fait près de 3 ans que j’ai arrêté la pilule après l’avoir pris pendant près de 8 ans et je ne le regrette pas. J’ai malheureusement chaque fois d’affreuses douleurs les 24/48 premières heures puis plus rien. Mais avec un bon dafalgan ça va déjà mieux et j’en profite pour me faire dorloter par mon homme qui est aux petits soins. (huhuhu)
    Avant d’arrêter il y a beaucoup d’appréhensions mais je crois que la peur des effets sur mon corps a été plus forte que la peur d’avoir des cycles irréguliers/douleurs. Et je ne regrette pas du tout d’avoir arrêté la pilule. 🙂

    • Un homme compréhensif qui ne fait pas comme si de rien était parce que c’est des affaires de filles, c’est bien c’est sûr ! J’espère que ton témoignage aidera certaines qui hésitent encore à tenter un arrêt ! ^^

  8. Je me retrouve dans pas mal de passages, mais la phrase qui me parle vraiment, c’est celle-ci: « (…) en France, on n’a pas vraiment le choix de ne pas la prendre. » C’est tout à fait vrai! J’ai changé plusieurs fois de gynéco à cause de ça: marre de débattre de la question avec eux. Genre: vous n’êtes pas normale, vous ne prenez pas / voulez pas prendre la pilule.
    Merci pour cet article très intéressant!

  9. Historiquement, la première pilule était un médicament mis au point pour le traitement de l’acné. L’effet contraceptif était en quelque sorte un effet secondaire de ce médicament mais a permis un nouvel axe de prescription avec le succès que l’on sait !

    • Certainement pas la première invention à être « détournée » :). C’est donc pour ça qu’on a eu si facilement l’idée de l’utiliser pour l’acné même sur des jeunes filles qui ne veulent pas de contraception hormonale !

  10. Wah! Je n’avais pas vu passer cet article. J’ai beaucoup apprécié la lecture.

    Personnellement, je l’ai prise beaucoup moins longtemps (à peine 2 ans) et sur le tard. J’étais assez méfiante – craintive question poids aussi. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle ne m’a pas réussie! Émotivité exacerbée, libido absente, maux de tête… Je n’ai pas trouvé de gynécologues à mon écoute. Finalement, mon médecin de famille de l’époque m’a suggéré d’arrêter. J’ai vaguement pensé la reprendre, en couple avec le nippon, mais lui y était hostile (tu le dis fort justement, au Japon la pilule n’a pas une bonne réputation).

    Je suis complètement pour la liberté de choisir et d’être informée! Mais en France j’ai ressenti la pression sociale et j’ai même eu droit au discours « pourquoi vous la prenez pas, vous êtes anti féministe ecolo ou quoi?! ».

    Finalement, vivre au Japon m’a permi de ne plus me poser la question .

    • On dirait vraiment que les choses changent pour les filles qui ont quelques années de moins que moi, c’est bien !
      Moi aussi j’ai revu ma copie sur plusieurs sujets depuis que je vis au Japon. On se rend compte qu’en Occident aussi on est dans l’excès et qu’il y a du bon et du mauvais des deux côtés !
      Ah, celles qui croient encore qu’être féministe c’est imposer un autre modèle aux femmes à la place des hommes, je les vomis de plus en plus ! Passons à autre chose, merde !

  11. je comprends tt à fait ta démarche, niveau info sur la contraception c’est pas trop ça sauf si tu as un.e très bon.ne gynéco. Personnellement je n’ai jamais pris la pilule. Certes mes règles étaient douloureuses, mais pour palier la douleur j’ai toujours pris des dolipranes et ça suffisait (les 1ères années de règles ont été difficiles je l’avoue).
    Mais n’ayant à ce jour jamais eu de relations longues durées, je n’avais jusqu’à présent pas considéré utiliser un moyen de contraceptions. J’avais de manière sporadique des coups d’un soir (imprévu et parfois espacé d’un an voire plus)donc je ne voyais pas l’utilité d’un moyen de contraception (car de tte façon hors de question de faire ça sans préservatif ac qqn que je ne connais pas ou qui n’a pas fait de test au préalable).
    Avec tous les retours sur la pilule et ses effets négatifs j’ai décidé que je ne voulais pas prendre la pilule. Donc il y a qq mois je me suis fait posé un stérilet en cuivre. La pose a été douloureuse et j’ai un peu plus mal qu’avant pdt mes règles mais je suis tranquille pdt 5 ans et je suis protégée sans avoir besoin d’hormones.
    Je ne sais pas comment ça se passe au Japon mais je te le recommande (au moins pr essayer) si tu veux avoir un autre moyen de contraception (et puis tu ne risques pas d’oublier). Je suis nullipare et je suis tombée sur un gynéco génial ! une femme nullipare peut tt à fait se faire poser un stérilet sans souci 😉
    c’est vraiment triste cette maltraitance de part de certains médecins, j’appréhendais tellement mon 1er rdv chez le gynéco ac ttes les horreurs que j’avais pu entendre. Bref le stérilet ça peut être une bonne solution

    et je viens de lire ton comm au-dessus : ya rien de moins écolo que la pilule, à cause de ça il y a un taux d’oestrogène énorme ds les eaux usées et ça a un impact terrible sur les poissons (car évidemment ça se retrouve ds les étendues d’eau). Résultat il y a trop de poissons femelles.

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