21 avril 2018

[Drama] Arifureta kiseki

arifureta kiseki

Titre japonais : ありふれた奇跡
Nombre d’épisodes : 11
Diffusé en : Hiver 2009
Chaîne de diffusion : Fuji TV
Fiche : DramaWiki

 

Cela faisait un petit paquet d’années qu’Arifureta kiseki trainait dans ma liste de drama à voir. J’ai dû le repérer peu de temps après sa diffusion, peut-être en regardant la filmo de Nakama Yukie ? En tout cas, c’est certain que son autre interprète principal, Kase Ryô, m’était encore complètement inconnu. Malgré la bonne intuition que j’avais eue à propos de cette série dont je n’avais entendu parler sur aucun blog, je l’ai laissée de côté un bon bout de temps, liste interminable de drama à voir oblige. En plus, c’est juste au moment où je l’ai mise sur ma liste que j’ai commencé à regarder les nouveaux drama en cours de diffusion ! ^^ Comme presque toujours, il aura fallu de nouveaux éléments pour me décider. D’abord, j’ai eu vent de l’ajout du drama au catalogue Netflix, sous le nom anglais d’Ordinary Miracles. J’ai été assez intriguée car il semblait très différent de ce qui était proposé jusque là par les diffuseurs occidentaux question séries japonaises. Enfin, j’en ai entendu le plus grand bien sur Twitter par une personne qui s’intéresse beaucoup aux questions de société japonaises. Et voilà, enfin, durant le premier trimestre de 2017, j’ai regardé Arifureta kiseki. Je sais que je suis chiante avec mes détails inutiles, mais j’ai toujours besoin d’une intro avant de rentrer dans le vif du sujet ^^.

Dans une gare de la banlieue de Tokyo, un homme au regard vide erre au bout du quai. Deux autres voyageurs vont l’empêcher de commettre l’irréparable alors qu’un train arrive. Sans cet événement, Kana et Shôta ne se seraient probablement jamais rencontrés. Mais malgré leur parcours et leurs origines sociales différentes, ils ont en commun cette sensibilité accrue qui les a poussés à agir. Les deux jeunes gens vont apprendre à se connaitre petit à petit et partager leurs blessures, en se revoyant et en correspondant par email. Ils vont devoir composer avec les réactions contrastées des différents membres de leurs familles respectives.

arifureta kiseki

Kana travaille dans le domaine de la cuisine et semble s’investir dans sa vie professionnelle. Elle est issue d’une famille plutôt aisée et vit toujours chez ses parents (ce qui n’a rien de surprenant au Japon pour quelqu’un de célibataire). Elle semble en bons termes avec sa mère, et surtout avec sa grand-mère qui vit sous le même toit, mais on va découvrir qu’elle leur a caché certains événements de sa vie par peur de leur réaction. Nakama Yukie ne fera sûrement jamais partie de mes actrices préférées, mais je n’ai pas grand chose à redire à sa prestation. 

arifureta kiseki

Tasaki Shôta travaille dans la petite entreprise de bâtiment dirigée par son grand-père. Sa mère est partie il y a pas mal d’années, et le foyer familial est quelque peu atypique puisqu’il se compose de trois hommes de trois générations différentes, grand-père, fils, et petit-fils. Le jeune-homme, très réservé, est doué pour son métier même s’il est conscient qu’il est peu estimé. On va apprendre qu’il n’était au départ pas voué à cette carrière. J’avais adoré Kase Ryô dans SPEC où je l’ai découvert, et il est aussi remarquable dans ce registre très différent.

Je m’aperçois que bien que le drama soit une tranche de vie et ne soit pas du tout basé sur le suspense, il est très difficile de parler des personnages sans trop en dire, car la manière dont ils vont se dévoiler l’un à l’autre et se confier leurs secrets respectifs forme le coeur de l’histoire. Je dois donc me contenter de dire que la dure expérience que chacun des personnages a vécue, bien que différente pour chacun, a pour conséquence de faire d’eux des personnes inaptes à se marier aux yeux de la société, des sortes de pièces défectueuses dont personne ne devrait vouloir. C’est autour de cette question que vont s’accumuler les obstacles à leur relation. Non seulement l’un ou l’autre membre de leur entourage va avoir une raison de s’opposer, mais Shôta ou Kana vont être aussi à un moment ou l’autre eux-mêmes convaincus que leur relation ne peut pas avoir d’avenir. Je crois que cette notion de l’importance de l’avis familial dans le choix d’un conjoint, et le fait même que toute relation sérieuse doive aboutir au mariage n’est pas forcément facile à appréhender quand on ne connait pas du tout le fonctionnement de la société japonaise, c’est pour ça que je suis toujours aussi surprise après avoir vu Arifureta Kiseki qu’il ait été proposé à un public occidental qui n’est a priori pas très familier avec l’univers des drama.

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On peut dire que lors d’un mariage, ce ne sont pas deux individus qui s’unissent mais deux familles. Dans le cas de Kana et Shôta, la différence de milieu social qu’il y a au départ n’aide déjà pas, et l »expérience personnelle de chacun vient en rajouter une couche. On en vient à réaliser que si chacun prétend être contre la relation des deux jeunes gens pour préserver le bonheur de l’un ou l’autre, c’est le poids des conventions sociales et leur propre vision de ce que doit être un couple qui forge leur opinion. On n’envisage pas un instant que leur relation puisse sortir des critères standard mais leur apporter quand même le bonheur. Au bout du compte, le bonheur, ce n’est pas fréquenter qui on veut, c’est être avec quelqu’un jugé comme il faut et éviter de faire honte à sa famille. Triste constat bien sûr, particulièrement dur quand il s’applique pas seulement pour ce qu’on a ou n’a pas (un bon métier, de l’argent), mais pour ce qu’on est et ce qu’on a vécu. 

L’histoire finit presque par tourner en rond autour de cette question de l’approbation familiale, et c’est le seul reproche que j’ai à faire au drama. On en vient à trop mettre l’accent sur la situation de Kana, et le secret de Shôta, une fois dévoilé, est presque passé à la trappe. Alors bien sûr, on ne va pas remuer le couteau dans la plaie et lui demander de continuer à en parler à longueur d’épisodes, mais son histoire est tellement poignante et touche à un aspect tellement crucial de la société japonaise qu’on aurait pu dire plus de choses dessus. Mais le gros point fort du drama, c’est qu’en plus des histoires des deux personnages principaux, il nous propose aussi de suivre celles de certaines personnes de leur entourage et d’aborder ainsi d’autres questions de société. Bien sûr, je ne rentrerai pas dans les détails non plus vu que j’essaie toujours de faire des critiques no spoil ou presque, mais j’ai beaucoup apprécié ces histoires secondaires, avec un thème en particulier qui est très surprenant mais vraiment intéressant. Et cette profondeur donnée aux personnages qui sont parfois les mêmes que ceux qui vont mettre des bâtons dans les roues à Kana et Shôta permet vraiment de former un tout et d’éviter de tomber dans le schéma gentil couple avec familles méchantes.

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Katsura (Tôda Keiko), la mère de Kana, semble absorbée dans son activité de création de poupées pour laquelle elle a une certaine notoriété. Monsieur Nakashiro a lui tout du père de famille strict, peu bavard et peu présent à cause de son travail (le rôle va comme un gant à Kishibe Ittoku). On va apprendre que l’un comme l’autre ont un secret que le reste de la famille ignore totalement. Shizue a tout d’une grand-mère bienveillante pour Kana (là aussi un rôle parfait pour Yachigusa Kaoru), mais elle ne va pas être la dernière à s’opposer à la relation de sa petite-fille.

Shiro (Igawa Hisashi), le grand-père de Shôta, prend des airs bourrus mais fait très attention à son petit-fils. Il ne s’entend pas toujours bien avec son fils, Shigeo (Kazama Morio), qui a préférer devenir employé au service des eaux plutôt que de travailler avec lui. Les trois hommes forment une famille aussi atypique qu’attachante. Shôta va avoir l’occasion de revoir sa mère (jouée par Kimura Midoriko), et on peut appréhender un peu les raisons qui l’ont poussée à partir. 

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Fujimoto Makoto (Jinnai Takanori), l’homme que Kana et Shôta sauvent au tout début, va lui aussi être amené à jouer un rôle dans l’histoire et ce qu’on nous montre à travers son parcours a également son importance dans les nombreuses questions de société abordées par le drama. La conclusion de son parcours en tant que telle est un peu étrange, mais elle a tout de même un sens. Je terminerai ma présentation non exhaustive des personnages par Kôsaku, l’employé du grand-père de Shôta. Il s’agit d’un petit rôle, mais ça fait toujours plaisir de retrouver Matsushige Yutaka.

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Arifureta Kiseki fait partie de ces histoires que l’on peut qualifier de lentes, même si je n’aime pas utiliser ce mot car il est tout de suite péjoratif. Cela en rebutera probablement certains, mais pour moi qui suis très sensible à l’ambiance et au côté tranche de vie, cela ne m’a pas du tout dérangée. J’ai aimé la manière dont le quotidien et la ville étaient mis en scène, on nous montre vraiment bien que les personnages sont deux personnes parmi tant d’autres dans l’immensité de la capitale. On voit Shôta travailler sur un chantier, on voit les banlieues résidentielles de Tokyo, et toute cette normalité donne encore plus de force au récit. J’ai aimé comme chaque épisode ou presque après le premier débute par un échange de mail entre les deux personnages principaux rapporté en voix off, et se termine par un plan fixe en noir et blanc. 

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La bande son du drama est jolie comme tout, son unique défaut étant d’être très très classique. La chanson thème, que l’on entend dans le générique de fin et qui commence donc juste à l’arrêt sur image que je viens de mentionner, est un titre d’Enya. Je ne suis pas particulièrement fan de son style mais j’ai trouvé que la chanson rendait vraiment bien dans ce contexte, elle a une douceur et une quiétude qui apportent de l’optimisme face aux sujets parfois douloureux traités dans le drama, et qui convient bien aussi à son côté quotidien.

Ce n’est pas comme si j’étais toujours super contente de ce que j’écris d’habitude, mais là j’ai vraiment l’impression de ne pas faire justice à Arifureta kiseki et je vois encore plus que d’habitude les limites d’un article sans spoil. Le drama aborde des sujets délicats que j’ai peu vu abordés jusqu’ici, et ce de manière très juste. Des choses dont il faudrait parler plus souvent pour que les gens arrêtent d’en avoir honte et d’être encore plus mal dans leur peau. Il y a quelque chose dans son ton, dans son atmosphère qui le met un peu à part, peut-être en partie parce que c’est un scénariste dont je n’ai pas vu d’autres drama qui l’a écrit ? En tout cas, pour moi qui ne me lasse jamais de voir le Japon mettre en scène des questions de société sur son petit écran, c’était une très belle découverte. Je connaissais presque tous les acteurs présents, et je les ai dans l’ensemble trouvés très juste dans leurs rôles respectifs. Même s’il n’est pas forcément le meilleur ambassadeur pour les jdrama par son rythme et par ses thèmes, j’espère qu’il a rendu et pourra rendre curieux des téléphages abonnés à Netflix, et il a en tout cas l’avantage de montrer qu’il n’y a pas que des adaptations de manga pour filles ou autres romances à l’eau de rose. 

3 commentaires sur [Drama] Arifureta kiseki

  1. Mes souvenirs sur cette série sont assez flous. J’avais apprécié les deux protagonistes, mais la romance, certes touchante, ne sortait pas trop de l’ordinaire… à me relire mes commentaires.
    Bref, c’est vraiment flou dans ma tête, si ce n’est le tout début… Genre les secrets dont tu parles, totalement oubliés… x)

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