20 avril 2018

[Drama] Gaiji keisatsu

gaiji keisatsu

Titre japonais :  外事
Nombre d’épisodes : 6
Diffusé en : Automne 2009
Chaîne de diffusion : NHK
Fiche : DramaWiki

Il m’en aura fallu du temps pour me décider enfin à regarder ce drama dont Livia avait fait une critique si élogieuse en juin 2010. Et maintenant, je me demande vraiment pourquoi, surtout qu’Eclair en avait rajouté une couche en faveur du drama peu de temps après. C’est simplement la dure loi de la liste sans fin de drama à voir ! Après avoir mis la série dans mon top de drama conseillés, la perspective de revoir Watabe Atsurô, qui est définitivement un de mes acteurs préférées, et Ono Machiko, que je venais de découvrir dans un autre drama de la NHK, m’a enfin fait craquer. Et autant le dire tout de suite, Gaiji keisatsu mérite clairement son excellente réputation !

Le drama nous plonge dans l’univers de la section des affaires étrangères, une branche de la police qui obéit à ses propres règles. Nous allons les découvrir en même temps que Matsuzawa, une jeune flic qui se retrouve assez soudainement à travailler sous les ordres de Sumimoto. Chargés de déjouer les menaces terroristes qui ne sont pas vraiment prises au sérieux par le pouvoir, les flics de la section des affaires étrangères mènent une double vie et face au manque de lois pour lutter contre le terrorisme, doivent employer des moyens aussi discutables du point de vue légal que du point de vue moral. La sécurité publique prime sur tout le reste, y compris sur la sécurité d’un simple civil. Les filatures, infiltrations et manipulations sont de mise, et pas seulement à l’encontre des étrangers suspectés d’être liés au terrorisme. Au sein même des affaires étrangères, le doute et la surveillance sont omniprésents.gaiji keisatsugaiji keisatsu

J’ai pu retrouver dans le drama des thèmes présents dans SP, où il était également question de lutte contre le terrorisme et de sécurité  publique. Mais Gaiji keisatsu les aborde de façon beaucoup moins conventionnelle : on est loin des héroïques policiers qui sauvent la population des méchants terroristes carricaturaux. La différence visible sur le fond l’est également sur la forme : Gaiji keisatsubénéficie d’une réalisation super travaillée, utilisée pour créer cette ambiance de doute permanent qui s’installe chez le spectateur et qui ne le quitte plus. Les angles multiples utilisés suggèrent autant de regards qui surveillent, les plans caméra à l’épaule nous donnent l’impression d’épier, tout comme ceux en mode caméra de surveillance. Entre les scènes nocturnes, celles d’intérieur et les planques, les couleurs sont souvent sombres.gaiji keisatsugaiji keisatsu

Bien que la série ne fasse que six épisodes, les personnages principaux sont autant voire bien plus développés que dans des drama plus longs. La relation entre les flics des affaires étrangères et leurs indic est un élément essentiel de la trame, et j’ai beaucoup aimé cet aspect. Qu’est-ce qui peut pousser un simple civil à risquer sa vie pour un flic ? N’est-ce pas parfois carrément du chantage ? Comment s’instaure la confiance nécessaire entre les deux parties ? Si les gaijin n’ont pourtant pas le bon rôle, ils sont présentés de façon moins stéréotypés que dans les drama plus classiques. D’ailleurs, la NHK doit avoir son petit stock d’acteurs gaijin car j’ai croisé les mêmes dans plusieurs de leurs séries ^^. gaiji keisatsugaiji keisatsu

Watabe Atsurô est absolument génial dans le rôle de Sumimoto. Et je pense que j’aurais dit exactement la même chose si je n’avais pas déjà connu et apprécié l’acteur. Il traduit parfaitement le côté froid, calculateur et ambigü de son personnage sans jamais tomber dans l’excès et en faisant paraître juste ce qu’il faut de sentiments. La façon dont sont abordés son passé et sa situation familiale parviennent à rendre le personnage très humain et attachant en dépit de son côté sombre.

Ono Machiko se débrouille aussi franchement bien dans le rôle de Matsuzaka. Son rôle de newbie a dès le départ une dimension particulière étant donné la section dans laquelle elle va arriver. Des petits jeunes idéalistes qui s’insurgent, on connait. Mais là, vu les méthodes en question, c’est autre chose. Et comme personne n’est ni noir ni blanc dans Gaiji keisatsu, en devenant un rouage à part entière du système, Matsuzaka va développer des ambitions et son évolution va dévier un peu de la trajectoire de flic modèle. Est-ce parce que c’est sa personnalité, ou est-ce parce que c’est inévitable dans l’univers des affaires étrangères ? Au spectateur de se faire son opinion.gaiji keisatsugaiji keisatsu

Ishida Yuriko nous livre encore une fois une interprétation solide dans le rôle d’Aiko, une jeune femme qui va explorer son côté sombre en collaborant avec les affaires étrangères. Du côté de la hiérarchie de Sumimoto et Matsuzaka, on peut retrouver Endô Keniichi qui comme d’habitude s’impose tout de suite, ainsi qu’Ishibashi Ryô, lui aussi très efficace. Enfin, Yo Kimiko campe de façon extrêmement convaincante une ministre visant la tête du gouvernement et devant faire face aux menaces terroristes.gaiji keisatsugaiji keisatsugaiji keisatsu

L’ambiance visuelle très léchée du drama est accompagnée d’une excellente bande sonore signée Umebayashi Shigeru, qui a mon admiration éternelle pour sa Polonaise de 2046 et que j’avais déjà eu l’occasion d’entendre dans un autre drama de la NHK, Second virgin. On retrouve des sonorités communes un peu orientalisantes dans la musique de Gaiji keisatsu, mais également des compositions très différentes, à l’image du thème utilisé pour le générique de fin. Du côté des compositions non originales, on peut retrouver le 2ème mouvement de la 7ème symphonie de Beethoven, utilisé de façon brillante. Chair de poule garantie ! ^^

Je savais bien que j’avais affaire à un drama de grande qualité en commençant Gaiji keisatsu, et même sans l’effet de surprise le drama s’avère aussi fascinant que prenant. Si l’on peut lui reprocher une fin un peu difficile à suivre, qui peut être prétexte à un revisionnage, son scénario aux multiples retournements et aux multiples dimensions surprend sans cesse. Se démarquant clairement du point de vue artistique et bénéficiant d’un casting béton, il est à mettre dans sa liste de drama à voir absolument. Comme pour Hagetaka, un film a été fait après le renzoku : on y retrouve presque les mêmes acteurs (Ishida Yuriko est remplacée par Maki Yôko, ce qui peut être très intéressant !), ainsi que la même musique en partie. Très curieuse de voir ce que ça donne !

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