23 octobre 2017

[Drama] Strawberry Night

strawberry night

Titre japonais :  ストロベリーナイト

Nombre d’épisodes : SP + 11

Diffusé en : Hiver 2012

Chaîne de diffusion : Fuji TV

Fiche : DramaWiki

Voir aussi : Strawberry Night SP

Strawberry Night est l’un des 7 drama de l’hiver 2012 que j’ai suivis en cours de diffusion. Pour rappel, cette série policière est l’adaptation d’une série de romans de Honda Tetsuya dont le personnage principal est Himekawa Reiko, et a été précédée par un épisode spécial diffusé fin 2010. C’est cet épisode spécial, que j’ai regardé peu de temps avant le début du renzoku, qui a été pour moi le vrai test. L’affaire qui y est traitée est celle du premier volume de la série, Strawberry Night. Ce nom a été conservé pour le renzoku, bien qu’il soit en fait basé sur les histoires contenues dans les volumes ultérieurs de la série et qui ont donc des titres différents.

L’histoire de l’épisode spécial se situant avant celles du renzoku et présentant le personnage principal et tous les protagonistes qui l’entourent, il me semble impératif de le regarder pour bien aborder les 11 épisodes dont il est question dans ce billet. D’ailleurs, vu que le premier de ces 11 épisodes revient rapidement sur les événements précédents, il spoile un peu le spécial, donc autant l’avoir vu avant ^^. Cette petite mise au point sûrement pas très limpide étant faite, nous pouvons entrer dans le vif du sujet.

Himekawa Reiko dirige une unité d’investigation criminelle dans la police de Tôkyô. Elle est entrée par la petite porte et a atteint sa position par le mérite plutôt que par les études et les concours. Sans grande surprise, elle semble être la seule femme à avoir un poste aussi élevé, et ses collègues, à l’image des membres de l’équipe qu’elle dirige, sont tous des hommes. Himekawa n’a pas de super pouvoir, mais un sens de la déduction très affiné. Elle parvient à deviner beaucoup de choses en se mettant à la place du criminel. Cela n’est pas du goût de ses supérieurs et des autres chefs d’unité, qui lui trouvent pour la plupart une imagination débordante et attendent des preuves tangibles plutôt qu’une intuition. Mais la frontière entre ces reproches sur ses techniques d’investigation et les démonstrations de machisme non dissimulé est souvent mince…strawberry night

Comme toujours ou presque dans les séries policières, Reiko n’a pas choisi son métier par hasard. Mais l’événement traumatisant qui l’a conduite à entrer dans la police ne va pas se retrouver lié directement à une enquête. Reiko ne cherche pas la clé d’un mystère, ni la vengeance. Non, sa famille n’a pas été assassinée il y a 15 ans par une mystérieuse organisation, non elle ne recherche pas son père disparu, ou je ne ne sais quoi. C’est beaucoup plus simple, et malheureusement beaucoup plus courant. Et cela conditionne son quotidien, dans son métier et plus encore dans sa vie personnelle. En raison de son passé, Reiko est capable mieux que quiconque de comprendre les victimes impliquées dans certaines de ses enquêtes. Mais ses relations avec ses parents semblent assez compliquées et elle ne semble pas vraiment avoir de vie en dehors du travail. Et on sent bien que c’est tout à fait volontaire. Etre toujours occupée lui permet sans doute de ne pas penser au passé.

Sans surprise, j’ai trouvé que Takeuchi Yûko se débrouillait très bien dans ce rôle de femme qui doit se battre au quotidien pour s’imposer dans son travail et pour tenter de surmonter son douloureux passé. A part sa petite manie un peu exagérée de se passer la main nerveusement dans les cheveux quand elle est sur le point de découvrir quelque chose, le personnage est franchement réussi, et comme on nous montre rapidement sa fragilité, on ne tarde pas à s’y attacher.strawberry night

Dans le véritable petit harem que constitue l’équipe d’enquêteurs de Reiko, on sent tout de suite que Kikuta a une place particulière. C’est lui qui travaille avec Reiko depuis le plus longtemps, il connait donc bien sa manière d’enquêter mais sait surtout quand elle ne va pas bien. J’ai aimé la façon qu’il avait de veiller sur elle de loin et le personnage convient tout à fait à Nishijima Hidetoshi.

L’autre membre de l’équipe Himekawa qui est le plus mis en avant est Hayama Noriyuki, Nori pour les intimes. Il vient d’intégrer la police, et contrairement à sa supérieure, il est arrivé par la grande porte. D’ailleurs, il semble au départ plus intéressé par ses révisions pour les concours de promotion que par les enquêtes. Il a du mal à accepter Himekawa comme chef, car pour lui une femme est bien trop vulnérable pour faire un métier aussi dangereux que celui de flic. S’il en est venu à penser ainsi, c’est à cause d’un événement survenu pendant son adolescence. Dans un des premiers épisodes, il se passe d’ailleurs quelque chose qui va le conforter dans son idée, et j’ai trouvé que c’était un peu facile. Koide Keisuke se débrouille bien pour faire ressortir le côté un peu rigide de ce personnage qui a du mal à s’intégrer dans l’équipe.strawberry night

Les deux derniers membres permanents de l’équipe sont Ishikura Tamotsu (Ukaji Takashi), le seul du groupe à être marié et avoir des enfants, et Yuda Kohei (Maruyama Ryôhei), qui ne semble pas beaucoup plus vieux que Nori. Ils sont un peu en retrait et on ne sait pas grand chose sur eux, mais ils complètent bien l’équipe, que l’on sent soudée même si les débuts avec Nori sont difficiles. Pour certaines affaires, Himekawa va avoir un membre supplémentaire dans son équipe, Ioka. Il en pince ouvertement pour elle et semble persuadé qu’il sont faits l’un pour l’autre. Le personnage pourrait être vite très lourd, mais les scènes où il colle Reiko ne sont ni trop longues ni trop fréquentes, et Namase Katsuhisa est parfait dans le rôle. Du coup, j’ai trouvé que la petite touche de légéreté apportée par Ioka était bienvenue et ne nuisait pas à l’ambiance du drama.strawberry night

Pour les affaires de meurtre, plusieurs unités d’investigation sont mobilisées, chacune se voyant confier un aspect différent de l’enquête. Himekawa doit donc collaborer avec d’autres chefs d’équipe, ce qui ne se fait jamais sans heurts. Chaque équipe cherche à se tailler la plus grosse part du gâteau, à se faire attribuer les meilleures tâches pour pouvoir arrêter le coupable en premier et s’accaparer tout le mérite  d’avoir résolu l’affaire, quitte à devoir mettre des bâtons dans les roues aux autres, et les autres, c’est Himekawa et son équipe, évidemment.

Le premier des deux chefs d’équipe à qui Himekawa a affaire est Kusaka. Très minutieux et très rapides dans ses enquêtes, il ne s’appuie que sur des preuves sûres pour avancer. Il a donc en aberration les spéculations de Himekawa, et on sent bien qu’il y a bien une cause à ça. Dans la deuxième partie de la série, on nous en dit un peu sur le passé et la situation de Kusaka, et ses relations avec Himekawa changent un peu. Endô Kenichi nous offre encore une prestation impeccable.strawberry night

L’autre chef d’équipe est Katsumata, surnommé Gantestu, un vieux loup aux méthodes radicales qui n’hésite pas à maltaiter les suspects, donner des ordres à des flics d’autres équipes, laisser tomber son propre binôme, ou faire circuler des fausses informations chez les yakuza quitte à déclencher une guerre des gangs pour obtenir ce qu’il veut. Il exprime très explicitement sa misogynie et ne se gêne pas pour répéter à Himekawa qu’elle est incompétente. Un personnage détestable, mais qui n’en est pas moins brillamment interprété par Takeda Tetsuya.

Enfin, tout ce petit monde est supervisé par Hashizume, le big boss, qui ne fait pas grand chose à part engueuler Himekawa qu’il appelle Ojou-chan (la miss). Apparemment, ces caractéristiques ne sont pas autant mises en avant dans l’oeuvre originale, et ce n’était pas forcément une bonne idée de les introduire dans le drama car le personnage est un peu lourd. Heureusement que j’aime bien Watanabe Ikkei ! Et puis le boss de la section criminelle, Imaizumi, est toujours là pour essayer de calmer les choses et semble être une des rares personnes en dehors de l’équipe de Himekawa à reconnaître ses compétences. J’ai trouvé que ce personnage interprété par Takashima Masahiro était très classe.strawberry night

Le renzoku comporte 6 affaires différentes, les plus courtes ne durant qu’un épisode, la plus longue en durant 3. On peut donc dire que globalement, les affaires sont plus développées que dans les drama qui se tiennent au schéma strict d’une enquête par épisode, et où l’on a guère l’occasion de connaître la personnalité du coupable et ses motivations en détail. Peut-être est-ce à cause du personnage principal du drama, j’ai trouvé que les affaires avaient une dmension plus humaine et certaines d’entre elles m’ont réellement émue, en particulier les deux dernières. Voici un récapitulatif des six « arcs » du drama :

Episode I : Symmetry

Episodes II-III : Migi de wa naguranai

Episodes IV-V : Sugita seigi

Episode VI : Kansenyûgi

Episodes VII-VIII : Ashikimi

Episodes IX-XI : Soulcage

Les homicides, ça a toujours un côté spectaculaire, surtout quand il s’agit d’en faire un cas compliqué qui attire la curiosité du spectateur. Pourtant, j’ai trouvé que Strawberry Night parvenait à s’éloigner un peu de ce côté « sensationnel » en nous proposant autre chose que des tueurs en série, des  vengeances machiavéliques ou des vilains terroristes. La façon de procéder sur le terrain des enquêteurs m’a également paru réaliste (sauf pour la fameuse scène dont je parlais plus haut en évoquant Nori, où  l’équipe de Himekawa fait un peu trop bande de bras cassés, mais c’est ponctuel ^^).strawberry night

S’il n’y a rien de vraiment novateur au niveau de la réalisation, celle-ci est tout de même bien soignée, et j’ai trouvé que le drama parvenait bien à imposer son ambiance, grâce à ses différents personnages mais aussi grâce à sa bande sonore extrêmement réussie. J’ai rapidement reconnu le style teinté de rock electro de Hayashi Yuki, que j’avais déjà beaucoup après dans Triangle. Ses compositions sont franchement efficaces pour tous les types de situations présentes dans le drama. Je suis particulièrement fan du thème principal utilisé dans le générique de début dont les images sont bien stylées (pas trouvé de vidéo de ce générique malheureusement, mais vous pouvez écouter la musique ci-dessous, la partie utilisée pour le générique commence à 1min30). La chanson thème, que l’on entend dans le générique de fin, est signée GReeeeN. Si elle ne m’a pas forcément donné envie d’écouter d’autres titres du groupe, j’ai bien accroché.

Si Strawberry Night n’est qu’une énième série policière (mais on ne nous le cache pas une seule seconde !), j’ai trouvé qu’elle parvenait à se démarquer par la qualité de ses personnages principaux et de ses enquêtes, dont l’intérêt est un petit cran au-dessus de la moyenne. Le seul problème du drama vient du fait que l’on est frustré à la fin car on sait que l’on ne nous a pas tout dit sur les personnages principaux et qu’il pourrait se passer encore plein de choses pour eux en-dehors des enquêtes en elles-mêmes. J’imagine que Honda Tetsuya l’a prévu pour les prochains volumes de la série qu’il n’a pas encore écrits. Donc évidemment, on ne peut pas encore le voir !

C’est pour ça que plus j’avançais dans le drama, plus je me disais qu’il faudrait une deuxième saison, même si évidemment on devrait attendre quelque temps pour ça. Et voilà qu’à la fin du dernier épisode, on nous annonce un film ! En disant après que ça faisait longtemps qu’il était prévu, pour faire style non, ce n’est pas parce que dès qu’un drama marche pas mal, ça nous démange de le décliner sur grand écran… Je suis évidemment sceptique, car pour moi le format film est casse-gueule pour les oeuvres initialement sous forme de série télé, et aucun exemple où le passage au grand écran apportait réellement une plus-value ne me vient à l’esprit. Je doute qu’on puisse vraiment faire évoluer la situation des personnages en 1h30 à 2h, mais bon on verra bien… Ca ne m’empêche pas d’espérer que la série de romans continue assez longtemps pour fournir assez de contenu pour un deuxième renzoku ^^.strawberry night

Strawberry Night ne parviendra sûrement pas à convaincre ceux qui sont complètement réfractaires aux séries policières, mais il a été pour moi un petit coup de coeur personnel et j’ai beaucoup apprécié de voir des acteurs et actrices qui comptent parmi mes préférés incarner des personnages réussis et attachants chacun à leur façon. Je le mets en bonne position dans mon top de drama d’enquêtes, et je le conseille à tous ceux qui comme moi aiment en regarder de temps en temps.

1 commentaire sur [Drama] Strawberry Night

  1. Commentaires laissés sur l’ancienne version du blog

    C’est toujours plaisant de lire un avis enthousiaste! J’aime assez ta description de l’héroïne, je pense que ce drama est susceptible de me plaire. Malheureusement, étant donné que mes vacances se terminent et que j’ai pas mal de taf en perspective, je pense que ça sera dans un avenir assez éloigné… MAIS il est noté dans ma liste!

    Écrit par : Dramafana | 04.05.2012

    Moins on a de temps libre, plus c’est dur de gérer ses priorités dans la longue liste de drama à voir ! J’espère que tu apprécieras autant que moi l’héroïne de ce drama ! 🙂

    Écrit par : Katzina | 19.05.2012

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