[Hokkaidô 2017] Wakkanai et ses caps

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Après avoir fait un petit tour à Miyagi lors de notre voyage d’été 2016, je pensais d’abord continuer ma découverte du Tôhoku l’année suivante mais j’ai au final de nouveau craqué pour Hokkaidô. Après Hakodate en 2014 et la région d’Asahikawa en 2015, je suis donc allée pour la troisième fois sur la plus septentrionale des quatre îles principales de l’archipel japonais. Cette fois même, on ne pouvait pas viser plus au nord ! En fait, il y a un endroit à Hokkaidô que je voulais visiter depuis longtemps, mais je pensais que c’était trop compliqué pour y aller. Un concours de circonstances a fait que j’ai découvert que non seulement il y avait d’autres lieux super intéressants tout près, et qu’en fait ce n’était pas si compliqué d’y aller puisqu’il y avait un aéroport avec des vols depuis la capitale à proximité immédiate. Au final, Hokkaidô compte un petit paquet d’aéroports, même s’ils sont loin d’être tous aussi importants que celui de Sapporo évidemment. 

Le dernier weekend d’août, nous nous sommes donc envolés depuis Haneda pour Wakkanai, localité la plus septentrionale de tout le Japon. Au programme : 4 jours et 3 nuits au bord de la mer et au frais ! Nous avons visité trois endroits différents, j’ai donc décidé assez logiquement de découper mon récit de voyage en trois parties correspondant à ces trois lieux. Cette première partie est dédiée à Wakkanai, où nous avons passé la première et la dernière nuit. Les deux autres billets seront consacrés respectivement aux îles de Rishiri et de Rebun.

Le vol effectué avec ANA a duré à peine 2 heures, et une navette permet de rejoindre le centre ville depuis le petit aéroport. Pendant ce trajet, on a déjà pu apercevoir un peu la mer d’Okhotsk, d’un beau bleu dur. Première étape : aller déposer notre valise à l’hôtel même s’il est trop tôt pour faire le check-in. Nous avions choisi pour cette première nuit et la troisième le Dormy Inn, une chaîne que nous avions déjà testée dans plusieurs villes japonaises. Preuve que l’offre hôtelière n’est pas très développée dans ce coin (et à Hokkaidô en général), le tarif de la nuit était bien plus élevé que dans les autres hôtels de la chaîne où nous étions allés (Matsumoto et Takasaki surtout). Mais ça nous semblait être quand même le meilleur rapport qualité-prix, on a bien profité des bains et le buffet petit déjeuner était bien sympa. 

Le cap Sôya et la mer d’Okhotsk

Nous avons commencé par aller manger des sashimi dans un restaurant près de la gare. Après un petit tour sur la place entre le terminal de ferry et le brise-lames à la curieuse architecture (du coup j’ai loupé l’occasion de m’en approcher plus pour prendre des photos -__-), nous avons décidé de louer une voiture pour le reste de la journée pour aller jusqu’au cap Sôya. Techniquement, on peut y aller en bus, mais on a préféré la flexibilité même si bien sûr ça a fait grimper un peu le budget. Et puis, comme on avait déjà prévu des déplacements en voiture pour les jours suivants, l’autochtone a pu avoir un peu d’échauffement :). Le trajet d’une trentaine de kilomètres a été très agréable car la route longe la mer presque tout le long. Et voilà, nous étions arrivés au point le plus septentrional du Japon.

Je connaissais le cap Sôya depuis pas mal d’années, même si j’avais oublié son nom, car c’est un lieu qui apparaît dans Honey and Clover. Le personnage qui s’y rend le fait dans un contexte particulier, et ce symbole géographique prend une signification personnelle. Grimper le mont Fuji, faire le pélerinage des 88 temples de Shikoku ou bien visiter tous les départements du Japon est certainement une meilleure « performance » que d’aller tout au nord de l’archipel juste parce qu’il y a un panneau. Mais même si je n’aurais pas fait le voyage juste pour ça, cela avait pour moi un sens particulier de voir le cap Sôya, tout comme de voir la grande roue de Kasai Rinkai. Et effectivement, au bord de ces eaux si fraîches même si l’on était encore en été, avec le vent marin et un beau soleil qui commençait déjà à descendre, on ne se croyait pas seulement au bout du Japon, mais un peu aussi au bout du monde. Il paraît que l’on peut apercevoir au loin l’île Sakhaline, mais même si le temps était dégagé, ce n’était pas le cas ce jour-là. Par contre on a vu quand même Bentenjima, le rocher qui est le point le plus au nord du territoire japonais en-dehors des îles principales.

Le monument tout au bord de l’eau marquant le point le plus septentrional du Japon (hors petits rochers donc ^^) n’est pas du tout la seule curiosité du cap Sôya. Quand on monte sur la verte colline qui surplombe la côte, il y a pas mal d’autres choses à voir dans le parc Sôya. D’abord, l’ancien poste d’observation militaire utilisé lors de la guerre russo-japonaise, à peu près le seul bâtiment de la ville qui date de l’ère Meiji. Et puis plusieurs monuments commémoratifs, le plus marquant étant certainement la tour de la prière (Inori no tou) dédiée aux victimes de l’avion Korean Air détruit par un missile soviétique en 1983 au large de Sakhaline. Il y a aussi un monument dédié à La Pérouse, qui a découvert le détroit qui s’étend juste en bas de la colline et qui porte son nom. On trouve aussi assez logiquement un phare, ainsi qu’une petite construction abritant une cloche pour la paix dans le monde.

Avant de repartir, j’ai pris une bouteille d’eau aromatisée aux baies de haskap, un petit fruit que nous avions découvert lors de notre précédent voyage à Hokkaidô. Je l’ai eu dans le distributeur situé devant la boutique la plus au nord du Japon. Dans le coin on trouve aussi le bureau de poste le plus au nord, l’école primaire et le collège les plus au nord, etc. Chaque type de structure a droit à ce titre :D.

Le trajet du retour a été encore plus agréable qu’à l’aller car le soleil couchant embrasait le ciel et faisait de superbes reflets sur la mer. Après avoir rendu la voiture et être retournés à l’hôtel prendre le bain, nous sommes allés en quête d’un restaurant pour le dîner. Evidemment, les horaires d’ouverture et la densité ne sont pas les mêmes que dans les grandes agglomérations. On ne voulait pas trop s’éloigner de l’hôtel car Messire était déjà fatigué alors on a fini par choisir un restaurant d’oden et c’était un excellent choix. J’ai pris un ochazuke à l’umeboshi pour accompagner, c’était délicieux. Du coup, de retour à Wakkanai le surlendemain soir on n’a pas cherché autre chose, on est retourné au même endroit :).

Le cap Noshappu

Le lendemain matin, nous sommes allés jusqu’au deuxième cap qui se trouve sur le territoire de Wakkanai, le cap Noshappu. Nous avons pris le bus cette fois, il y avait moins de distance que pour Sôya. Il faisait très beau, Messire a pu lancer des cailloux dans la mer (c’était le début d’une grande passion !). Il y avait pas mal de petits arbustes fleuris qui poussaient tout près de l’eau, on a appris qu’il s’agissait de hamanasu, appelés rosiers rugueux ou rosiers du Japon (comme c’est original !) en français. Autre curiosité moins naturelle : la colline voisine est occupée par une base des forces d’auto-défense japonaises ! Depuis la petite esplanade on avait une vue superbe sur une montagne au loin : le Rishirifuji, situé sur l’île de Rishiri, où nous allions justement nous rendre juste après.

Avant de repartir, nous nous sommes attardés dans un petit sanctuaire. Etant donné l’histoire de l’île, ce n’est certainement pas à Hokkaïdô que l’on trouve le plus de lieux de culte shintô. Mais ce qui est certain, c’est que beaucoup d’entre eux sont assez pittoresques.

Nous avons repris le bus vers la gare de Wakkanai, sommes rapidement repassés à l’hôtel prendre notre valise et nous sommes dirigés vers le terminal de ferry pour la suite de notre aventure. Nous avons retrouvé Wakkanai le surlendemain soir. Même hôtel, et même délicieux restaurant d’oden donc, avec cette fois encore le fabuleux ochazuke et des oden de konbu, une algue très présente dans la région (ce fut le début d’une autre grande passion pour Messire !).

Le sanctuaire Hokumon et le parc Wakkanai

Le matin de notre dernier jour de voyage, nous avons décidé d’aller au parc Wakkanai, qui se situe sur les hauteurs de la ville. Pour y aller, nous avons pris le chemin qui passe par le sanctuaire Hokumon (littéralement : porte du nord). Nous y avons rencontré des cerfs (Ezo shika) ! J’ai fait ajouté le sceau du sanctuaire dans mon carnet, je ferai un petit billet quand j’aurai le temps de trouver (surtout de traduire) un peu d’infos sur le lieu. Le chemin continue de monter un peu après le sanctuaire, et on commence à avoir une belle vue sur la ville en contrebas et la mer. Le temps était couvert mais c’était quand même très chouette !

Tout comme au cap Sôya, on trouve dans le parc Wakkanai des monuments commémoratifs. Ils sont en rapport avec la guerre et n’évoquent donc pas de choses bien gaies. Le premier, la porte de la glace et de la neige (Hyôsetsu no mon), est dédié à tous les Japonais morts à Sakhaline avant que l’île ne soit reprise par les Russes. Le deuxième évoque un événement particulier : le suicide de neuf jeunes opératrices à l’un des postes téléphoniques de Sakhaline avant l’arrivée des Russes.

Avant le départ

Nous sommes redescendus par le même chemin qu’à l’aller, et une fois revenus en bas nous avons terminé notre promenade par un passage à deux jolis temples, tous les deux de la secte Jôdoshinshû je crois. Le premier s’appelait le Ryôtokuji, et le second, qui avait un beau jardin fleuri, le Hôunji.

Après avoir récupéré nos bagages, direction la gare de Wakkanai. Comme vous l’avez sûrement deviné, c’est la gare la plus au nord du Japon, et c’est le terminus de la ligne Sôya, qui va jusqu’à Asahikawa (ça doit prendre du temps !). Pas de train pour nous cette fois, mais un ramen avant de reprendre la navette pour l’aéroport sur la place de la gare.

Si l’on s’attend à du gros patrimoine construit ou naturel, il n’y a au bout du compte pas grand chose à voir à Wakkanai. Mais j’ai beaucoup apprécié de découvrir cette ville si différente et d’imaginer comment vivaient les gens là-bas, avec un climat si différent du Kantô, très loin déjà de Sapporo et même d’Asahikawa. On est loin des shôguns et des empereurs de l’époque ancienne, mais la ville témoigne quand même d’une époque de l’histoire du Japon. Ses constructions et ses grandes rues droites ont quelque chose de nord-américain, et avec mes 18 petits mois passés au Québec je n’ai pas eu du tout de mal à imaginer la ville sous la neige en hiver. Une destination de choix pour saisir le Japon dans tous ses contrastes !

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