Mon année 2019

2019

En janvier, après être rentrée de France, j’avais besoin de me reposer et de reprendre mes marques et je n’avais pas du tout la tête à faire un bilan annuel. Comme d’habitude, le temps a filé et nous voici arrivés en mai, et surtout dans une situation où il y a un avant et un après (même si on ne sait pas encore quand) qui rend l’année passée beaucoup plus lointaine et les bilans personnels un peu étranges vu qu’on ne sait pas où va cette année 2020. Je me rends compte encore plus à quelle point cette limite temporelle d’année est subjective, mais, comme tous les ans depuis plus de dix ans, je vais quand même essayer de faire ce petit bilan annuel.

En avril 2018, Messire avait commencé à aller au yochien 2 petites journées par semaine, me permettant d’entrevoir à quoi ressemblerait mon quotidien une fois qu’il irait toute la semaine. La transition s’est faite en douceur, et à partir d’avril 2019, nous avons pris lui et moi un nouveau rythme autour de ses horaires de yochien. Ce rythme pourrait a priori durer pendant 3 ans, et de ce point de vue 2019 était donc une année de stabilisation. Un bonhomme de 4 ans, ça continue de changer énormément, mais c’est ce nouveau cadre quotidien qui a autant joué que le reste. Est-ce que je m’ennuie à la maison maintenant que je n’ai plus à m’occuper de lui toute la journée ? Haha, pas le moins du monde ! De toute façon, les journées de yochien, comme c’est 9h-14h c’est très vite passé !

digitalized lake and forrest

Avec ce cadre a priori stable pour quelque temps, je me suis enfin sentie prête pour avoir un deuxième enfant. Pour moi, sauter le pas demandait autant de réflexion pour la première fois. Le truc “maintenant on sait comment ça marche un bébé, ça sera forcément plus facile”, je pense que ça peut être un sacré piège ! Pourtant, la famille ne s’est pas agrandie en 2019 (spoil : ça ne sera pas non plus pour 2020 :p). Le temps est passé plus vite que je ne l’aurais voulu entre les bilans santé et la question de savoir où être suivie et accoucher qui n’est toujours pas réglée. J’ai pensé longtemps qu’il fallait que j’aie un plan précis avant d’être enceinte pour ne pas paniquer, en fait je sais maintenant que ce n’est que le fait d’être enceinte qui me permettra de me décider et de faire des compromis vu qu’il faudra sûrement en faire.
Fait très paradoxal et franchement troublant, c’est aussi en 2019 que c’est devenu encore plus difficile de se dire que c’était raisonnable de faire un autre enfant. Au vu de certaines choses, ça devient de plus en plus difficile de ne pas perdre espoir, alors que justement on a plus que jamais besoin d’optimisme pour être en mesure de se battre.

En 2019, j’ai essayé de continuer à me remettre en question, à m’informer pour savoir ce qui était important pour moi, ce que je devais essayer de changer. Et j’ai pu plus que jamais me rendre compte que toutes les questions qui me tiennent à coeur ces dernières années sont liées : la condition des femmes, notamment à travers la maternité, celles des enfants, de l’environnement, des animaux. Si on analyse l’un ou l’autre de ces sujets, on en revient forcément à remettre en cause le capitalisme et le fonctionnement de nos sociétés. C’est dur de ne pas perdre ses repères, c’est dur de savoir ce que je veux transmettre, et c’est toujours dur aussi de savoir comment participer à une des nombreuses luttes sans me perdre. Je sais que je n’ai pas une carrure de militante, mais je reste persuadée que je peux faire des choses à mon niveau. Même si justement, je vois aussi de plus en plus les limites des efforts individuels tant que le système ne change pas.

mito senbako

En 2019, je me suis rendu compte à quel point la société n’était pas adaptée à plein de gens. Dans de nombreux domaines, on doit toujours faire des efforts, parce qu’on n’est pas chez les Bisounours, parce que c’est comme ça, parce qu’on est trop comme ci ou pas assez comme ça, qu’il faut s’endurcir, changer, se mettre des coups de pied au cul, se dépasser, que si on veut on peut, que si ça marche pas c’est de notre faute. Mais au final, ce n’est pas les gens qui ne sont pas adaptés, c’est juste que le système n’est fait au bout du compte que pour une minorité. Mais ce n’est presque jamais remis en cause, parce que c’est toujours plus facile de dire que le problème vient des individus.

A partir du moment où j’ai arrêté de travailler avant de devenir mère (ce qui n’était pas totalement un choix au départ), j’ai commencé à me poser ds questions sur la signification du travail. En 2019, j’ai encore plus remis en question la signification et la place que l’on donne généralement au travail. Ce qui est nécessaire à l’épanouissement, ce n’est pas forcément une carrière mais de trouver un sens dans ce qu’on fait. Et je me sens plus que jamais privilégiée de pouvoir prendre le temps de m’occuper de ma famille au lieu de devoir passer mes journées devant un ordi à enrichir une entreprise (c’est résumé très très gros certes mais pour moi c’est ça !). Si j’exerce de nouveau une activité qui correspond à la notion qu’on a généralement du travail, il faudra que ce soit quelque chose qui ait du sens à mes yeux. Mais pour l’instant je ne vois pas ce que ça peut être car comme d’habitude j’ai une grosse contradiction : ce qui a le plus de sens pour moi c’est aider les personnes d’un manière ou d’une autre, mais je suis tellement pas douée avec les gens que je ne vois pas ce que je pourrais faire !

En partie à cause de l’effet OK boomer, en 2019 j’ai pris conscience encore plus qu’auparavant d’appartenir à une génération. Je n’avais pas cette impression plus jeune, justement car la génération d’après n’était pas encore là. C’est assez vertigineux de se rendre compte qu’aux yeux de lycéens, je suis une vieille :D. Par rapport à la question du climat, j’ai vraiment l’impression d’être en sandwich entre les générations qui ont tout fichu en l’air et celles qui en paieront le prix fort le plus longtemps. Moi, au milieu, c’est : ben oui désolée on s’en rend compte que maintenant (enfin pas tout à fait) on pensait pas qu’ils pouvaient être si cons ils ont bien caché leur merdier ! :D.

iris yokosuka

Je termine ici mes grandes considérations sur l’état du monde pour passer aux petites considérations de ma vie personnelle le long de cette année 2019. Ce qu’il y a eu de plus grave au bout du compte, ça a été la fuite de notre chat et l’état dans lequel il a mis ma main droite et mon bras gauche. J’espérais bien qu’il n’y ait pas d’autre chose dans les mois suivants, j’ai eu la chance que ça soit effectivement le cas. D’un sens c’était pas grand chose, mais ça faisait quand même vachement mal, et voir comment j’ai eu l’impression de pas du tout gérer la situation sur le coup alors que j’étais seule avec mon fils m’a laissé un souvenir vraiment désagréable.

En 2019 et comme depuis sept ans, mes voyages au Japon m’en ont mis plein les yeux. Nos séjours ont été courts (trois nuits maximum) mais c’était suffisant pour voir de belles choses. J’adore tellement quand on peut se trouver un hôtel ou ryôkan dans notre budget où il y a un bain. Et puis manger de la bonne bouffe locale ! Je fais de plus en plus attention aux spécialités et j’essaie toujours de ramener un petit truc local pour pouvoir cuisiner quelque chose avec à la maison. Fin janvier, on a passé une nuit à Enoshima pour voir les illuminations de l’île. J’aime toujours autant ce coin, tout comme j’aime toujours aller à Yokohama (on y est passé 3 ou 4 fois dans l’année je crois). En avril, on a découvert la ville de Niigata et l’île de Sado et Messire a pu monter dans le Genbi Shinkansen. A la fin du même mois, on a passé un super week-end à Ibaraki, notamment au parc Hitachi Kaihin. En juin, j’ai pu enfin voir les superbes iris de Yokosuka. Et pendant l’été, nous sommes allés pas moins de 3 fois à Yatsgatake. On y a désormais nos habitudes et je pense qu’on continuera à y aller régulièrement, il y a tellement de choses à sympa à voir dans le coin. Enfin, en novembre, on a pu revoir un peu Kanazawa et découvrir le département de Toyama avec entre autres une visite de la superbe Gokayama.

L’année s’est terminée de la meilleure des manières avec un Noël en France. J’avais déjà pu passer Noël avec ma famille l’année précédente, mais ça faisait 5 ans que je n’étais pas rentrée à cette période de l’année et c’était donc le premier Noël de Messire en France.

La quatrième année de Messire a été pour moi bien plus paisible que les deux précédentes. Avec l’arrivée de la continence, du yochien à plein temps et ses énormes progrès dans ses deux langues, il n’est définitivement plus un bébé. Mais je m’efforce de garder à l’esprit que son cerveau reste en plein développement et que je ne peux donc pas attendre certaines choses de lui. C’est toujours dur de voir mes limites, mais toujours aussi valorisant de voir que la patience et le respect de son rythme paient. Il n’y a qu’à voir avec quelle facilité on a pu faire la transition dans sa chambre juste avant son quatrième anniversaire ! Entre l’amélioration de son endormissement et de sa durée de sommeil et le fait qu’il accepte plus que son père s’occupe de lui le soir, les soirées sont maintenant plus calmes et évidemment c’est très appréciable. Mais non, ça n’aurait pas pu arriver avant, du moins pas sans prix.

Du côté divertissement, ou plutôt à la frontière entre savoir et divertissement, 2019 a été pour moi l’année du podcast. Comme j’ai dû rapidement l’expliquer dans un de mes bilans mensuels, je n’en avais jamais écouté, parce que j’associais ça à la radio et que je n’ai jamais aimé la radio. Mais en fait, c’est super pratique pour m’accompagner dans toutes les tâches de la maison, il y a des moments où c’est plus motivant que la musique parce qu’on a vraiment l’impression de faire 2 choses en même temps. Je ne suis pour l’instant que quelques podcasts mais j’apprécie déjà énormément la diversité que permet le support.

Même si je n’ai pas battu mon record de 2018, on n’en était pas loin et l’année 2019 a été encore super côté concerts. Si j’ai bien compté, j’en ai fait 17 : Yuga (3), moumoon (3), Suneohair (2), the pillows (2), Kojima Mayumi, Brass de Bravo, Asian Kung-Fu Generation, Otsuka Ai, Bonnie Pink, Rie fu, Bump of Chicken, U2 et Spitz. Entre les minuscules cafés ou clubs et les vastes arenas, toujours le même plaisir de revoir mes artistes préférés, mais aussi d’en découvrir d’autres, et pas des moindres !

Enfin, j’ai eu l’occasion de voir de très belles expos en 2019, même si ce n’est qu’une poignée par rapport à l’offre énorme qu’il y a à Tokyo et ses environs dans toutes sortes de domaines artistiques. Des oeufs lumineux à Hannô, des planches de Yotsuba à Ikebukuro, l’univers de Natsume Yûjibchô à Ginza, des projections florales à Nihonbashi, des miniatures à Yokosuka, de superbes couchers de soleil au musée de Yamanashi, Munch, Klimt et des impressionnistes à Ueno, les motifs floraux de Morris à Yokohama, et je dois en oublier ! Je n’ai pas parlé de toutes en détail ici mais je les ai au moins évoquées dans mes bilans mensuels (c’est pour ce genre de choses qu’ils sont particulièrement utiles !).

feuilles d'automne

Si j’avais fait ce bilan à la mi-janvier, j’aurais certainement évoqué mes projets pour 2020. Là, vu que non seulement plus d’un quart de l’année est passé mais que la crise sanitaire mondiale empêche de se projeter pour les prochains mois au minimum, ça me parait assez impossible. Si les projets d’enfant et de voyages devront être reportés, dans ce cas je mets 2020 sous le signe de la bouffe. Tout le long de 2019, j’ai essayé de m’améliorer encore pour préparer de bonnes choses, bonnes au goût et bonnes pour la santé, et si possible sans passer ma journée dans la cuisine. J’ai découvert encore plein de trucs super côté cuisine japonaise, et j’ai vraiment envier d’expérimenter encore plus du côté des aliments fermentés. Je sais que ça ne s’improvise pas du tout et que le secteur est difficile, mais je me vois de plus en plus me reconvertir dans un métier autour de la bouffe. J’ai le temps d’y réfléchir, en attendant on se régale à 3 à la maison :).

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