23 janvier 2018

[Drama] Kimi wa pet

kimi wa pet

Titre japonais : きみはペット
Nombre d’épisodes : 10
Diffusé au : Printemps 2003
Chaîne de diffusion : TBS
Fiche : DramaWiki

Kimi wa pet a été un des tous premiers drama japonais que j’ai vus, il y a maintenant plus de sept ans; et j’avais écrit un petit billet très succinct dessus. J’en avais gardé un bon souvenir et le fait d’avoir lu le manga original m’a décidée de le mettre dans ma première sélection de drama à revoir. Du coup, quand j’ai commencé mon revisionnage, cela faisait bien trois ans et demi que j’avais lu le manga, et comme je n’ai rien écrit dessus, mes souvenirs étaient déjà lointains. A côté de ça, j’avais un peu peur de ne pas apprécier autant la série, étant quand même devenue une dramaphile avertie difficile dans ses choix qui ne se contente plus de regarder les séries avec les jeunes acteurs populaires choisies par les équipes de fansub francophones (aucune idée si ça a changé de ce côté-là d’ailleurs !). Mais j’ai fini par me lancer à la fin de l’année dernière et… j’ai bien fait !

Iwaya Sumire est une belle et intelligente jeune femme qui a bientôt 30 ans. Après de brillantes études universitaires, elle a commencé une carrière de journaliste dans un grand quotidien et son avenir professionnel est des plus prometteurs. Mais voilà, avoir à la fois le physique et la cervelle, cela attire la jalousie de certaines et fait peur à certains, et beaucoup prennent Sumire pour ce qu’elle n’est pas. Résultat, Sumire s’est créé une carapace bien solide et garde toujours ses distances. Le fait de se faire larguer par un homme qui n’assumait pas son statut professionnel n’a pas arrangé les choses.

Un soir, en rentrant du travail, Sumire va trouver dans un carton à l’entrée de son immeuble un jeune homme d’à peine plus de 20 ans inconscient et bien amoché. Comme il semble n’avoir nulle part où aller, elle va décider de le garder chez elle en tant qu’animal de compagnie et va le baptiser Momo, en souvenir du chien qu’elle avait étant enfant. Momo va devenir une présence affectueuse, toujours là quand elle rentre à la maison, ne demandant rien d’autre qu’un bon repas et ne la jugeant pas. Peu de temps après cette étrange adoption, Hasumi, le collègue dont Sumire était amoureuse plusieurs années avant, revient de l’étranger et montre tout de suite son intérêt pour notre héroïne, qui va devoir cacher que son animal de compagnie n’est pas tout à fait comme les autres…

kimi wa pet

C’est Koyuki qui tient le rôle de Sumire, et je pense que même si j’avais découvert l’adaptation drama avant le manga original, j’aurais trouvé que l’actrice correspond parfaitement au personnage. Si elle paraît froide et hautaine, pleine de confiance et fonceuse, Sumire est en faite une personne peu sûre d’elle qui craint le regard des autres. Toujours sur la défensive, elle prend tout très directement et on lui reproche de ne pas avoir d’humour. Il faut voir aussi à quel genre de blagues elle a affaire au travail ! Les hommes s’en donnent à coeur joie avec les remarques sexistes, et la solidarité féminine est loin d’être de mise. Ses collègues l’ont mis dans une case, et de toute façon elle y restera quoi qu’elle fasse. On voit tout de suite la fragilité de la jeune femme, et cela la rend inévitablement attachante.kimi wa pet

Momo, de son vrai nom Gôda Takeshi, parle peu de sa situation qui semble compliquée. Si cela l’arrange bien d’avoir le gîte et le couvert gratuitement et qu’il n’hésite pas pour ça à devenir un animal de compagnie, le jeune homme n’est pas qu’un simple profiteur et ne va pas être sensible qu’au physique avantageux de sa maîtresse. Bien qu’il ne semble avoir aucun point commun avec Sumire, il va rapidement la comprendre mieux que personne. Matsumoto Jun, qui est en quelque sorte lui-même une petite chose mignonne et gentille en tant que Johnny’s, est chou comme tout avec ses petites mimiques canines et son poil doux et luisant. Il était présent dans mon premier drama, et même s’il ne fait plus depuis longtemps partie de mes acteurs favoris, je le supporte toujours aussi bien sept ans après, ce qui n’est quand même pas rien.kimi wa pet

Hasumi (Tanabe Seiichi) est un beau et brillant jeune homme qui contrairement à Sumire, est populaire auprès de ses collègues, hommes comme femmes. Il a tout du petit ami et du mari idéal, tellement qu’on y croit à un moment nous aussi. Il faut dire qu’il fait tout ce qu’il peut pour que Sumire se sente à l’aise avec lui, ce n’est donc pas du tout un gars méchant. Juste un poil vieux jeu et possessif dans le fond (c’est un peu un euphémisme). Et un peu trop naïf aussi, même si sur ce point-là c’est mieux que dans le manga. Du coup, ça le rend à la fois moins salaud mais aussi moins con car si mes souvenirs sont bons, il y a un truc qu’il ne fait pas dans le drama et qu’il faisait à la base dans le manga. kimi wa petFukushima Shiori travaille dans le service où Sumire va être transférée au début de l’histoire. Ses ambitions et sa personnalité sont complètement différentes de celle de notre héroïne. Elle est convaincue que tous les hommes ne recherchent qu’une petite chose mignonne, fragile et pas très futée qui sait les flatter et est prête à jouer le jeu pour mettre le grappin sur un bon parti. Sumire est complètement déstabilisée par cette fille au comportement si différent car elle ne comprend tout simplement pas qu’on puisse vouloir manipuler les gens ainsi pour parvenir à ses fins. Dans le manga original, les actions de Shiori allaient très loin, et la jeune femme était tout simplement pitoyable. Dans le drama, on nous épargne pas mal de choses. Du coup, le personnage est juste peste comme il faut et a son utilité pour souligner et dénoncer certains éléments qui biaisent les relations hommes / femmes. L’interpréation de Sakai Wakana y est bien sûr pour quelque chose.kimi wa pet

Le service de Sumire est dirigé par Hoshino (Mitsuishi Ken), qui se cache derrière sa supériorité hiérarchique à coups de vannes machistes pour cacher son inaptitude au management. La plus jeune recrue du service, plus touffue que Momo, est Ishida (Satô Ryûta, dont le sourire est toujours aussi radieux). Il suit cette fameuse dynamique de groupe pour s’intégrer mais dans le fond il n’est pas bien méchant et est sûrement celui qui prend le moins Sumire pour une extra-terrestre.

kimi wa pet

Yuri (Suzuki Sarina), amie de longue date de Sumire, a choisi un chemin bien différent de celle de notre héroïne : elle est mariée, a une petite fille et comme la plupart des femmes japonaises dans cette situation, a cessé de travailler. Elle est bien sûr au courant que Momo n’est pas un vrai chien, et va conseiller son amie à maintes reprises par rapport à Hasumi. Ces deux amies qui ont choisi des priorités différentes montrent le manque d’alternatives pour les femmes japonaises : le travail ou la famille, mais pas les deux !

kimi wa pet

Junpei est un des meilleurs amis de Takeshi. Le rôle n’est pas si important, mais cela fait toujours plaisir de retrouver un acteur comme Eita, encore tout jeune vu que le drama remonte déjà à 2003. Rumi est l’ex-petite amie de Takeshi. Ou pas vraiment ex, car les choses n’ont pas l’air très clair. Dans le manga original, je me souvenais d’elle comme une fille ayant du caractère, mais là j’ai trouvé qu’elle était tout simplement une petite chieuse (subtile nuance n’est-ce pas ? ^^). Il faut dire que l’interprète du rôle ne joue pas en faveur du personnage, de mon point de vue personnel. Je ne l’avais pas reconnue sur le coup car elle était vraiment toute jeune et le bistouri est sûrement passé par là depuis, mais il s’agit d’Ishihara Satomi. En fait, je ne l’ai jamais vue dans un rôle important, mais je n’en ai aucune envie car sa tronche ne me revient pas du tout.

kimi wa pet

Le drama met en scène plusieurs personnages qui, dans mon souvenir, ne sont pas présents dans le manga Kimi wa pet, ou du moins ne sont pas autant développés (n’hésitez pas à me corriger si vous avez meilleure mémoire que moi ! ^^). Le premier d’entre eux est Oîshi (Yamashita Shinji), le concierge de l’immeuble où vit Sumire. L’homme est aussi soucieux du bien-être des habitants de l’immeuble que du respect du règlement intérieur de ce dernier. Quand il va entendre une rumeur selon laquelle Sumire aurait un chien alors que les animaux sont interdits, il ne va pas rester sans rien faire !kimi wa pet

Notre zélé concierge va faire la rencontre de Shimizu, un personnage de l’entourage de Takeshi qui va être amené à fréquenter la résidence. Ce rôle un peu décalé va sans surprise comme un gant à Watanabe Ikkei, qui fait partie de ces acteurs qu’on apprécie toujours de voir dans des petits rôles même s’ils ne sont pas toujours très différents. Les interactions entre Shimizu et Oishi sont assez cocasses et apportent une bonne petite touche au côté comique du drama.

kimi wa pet

Asano (Nagatsuka Kyôzo) est un psychologue dont le cabinet se trouve dans l’immeuble où travaille Sumire. Avec son chihuahua qui change toujours de nom et qu’il porte invariablement dans ses bras, le personnage en a assurément un grain (comme tous les psychologues  non ? :p). D’abord réticente à l’idée de le consulter, Sumire va ensuite aller le voir régulièrement pour avoir des conseils quant à sa relation avec son animal de compagnie. Lui-même tout dévoué à son compagnon à quatre pattes, Asano a en effet de grandes théories sur le rôle d’un animal de compagnie et sur les limites à ne pas franchir sous peine de nuire aux relations qu’on entretient avec les humains…

kimi wa pet

Si elle introduit ces nouveaux personnages, l’adaptation drama de Kimi wa pet laisse aussi de côté tout un aspect de l’histoire originale, celui qui concerne la famille de Sumire. Sa soeur aînée sévère, son grand-père, on ne nous parle de rien de tout ça, et en fait je trouve que c’est très bien comme ça car c’est un aspect du manga que j’avais trouvé exagéré et qui ne m’avait pas plus. Vous voyez, en fait je me suis rappelé quand même de certaines choses avec ce revisionnage ! Les inconditionnels des adaptations fidèles feront la moue, mais moi j’ai trouvé qu’on gagnait au change.

Là où le drama est pour moi très fidèle à l’oeuvre originale, c’est dans sa manière de dépeindre la nécessité de pouvoir être soi-même dans une relation amoureuse, de ne pas avoir peur de se montrer à l’autre avec ses défauts. Comme on le voit bien, les relations sociales, et surtout professionnelles, exigent bien souvent que l’on se construise une façade (ceci est poussé à l’extrême au Japon avec toute la dimension hiérarchique et tout l’aspect de la relation client). Si l’on ne peut pas enlever son masque une fois à la maison, comment ne pas finir par péter les plombs ? Cela peut sembler très évident, mais pas tant que ça dans une société qui reste centrée sur le mariage en tant que norme, l’union en question étant avant tout un partenariat où il faut montrer qu’on a de la valeur.kimi wa petkimi wa pet

Avant même qu’il s’agisse de sentiments amoureux (ne jouez pas les surpris !), la relation entre Sumire et Momo est nettement plus touchante et authentique que dans bien des drama sentimentaux. On ressent une affection, une chaleur humaine simplement quand ils sont des les bras l’un de l’autre. Pour ce qui est des relations physiques entre les personnages en général, le drama se montre moins prude que la majorité, et je me suis à nouveau fait la réflexion que de ce côté il y avait décidément une récession : la majorité des drama plus récents se contentent de baisers à cinq centimètres des lèvres et d’embrassades à un mètre de distance. Depuis le temps je sais que la sur-pudeur est une donnée incontournable des drama japonais, mais il n’empêche pas qu’elle me dérange quand elle nuit trop à la crédibilité des scènes et des relations entre les personnages !

Enfin, sans aller chercher jusqu’aux relations interdites, Kimi wa pet met en scène un duo qui n’entre pas tout à fait dans les conventions sociales. Un couple idéal, c’est un couple où chacun a le même statut social, où l’homme montre sa virilité en étant plus grand, plus large, plus âgé, et en ramenant l’argent à la maison. C’est un peu (beaucoup) tout ce que Hasumi représente, et tout ce que Momo ne représente pas. Certes, c’est tout l’un ou tout l’autre, mais cela sert efficacement le propos.

Si on ne peut pas dire que Kimi wa pet n’a pas vieilli avec ses douze ans d’âge, je trouve qu’il a bien vielli, que ce soit au niveau de sa réalisation ou de son OST qui est dans l’ensemble très sympa avec par exemple son thème principal décliné en plusieurs ambiances. La chanson du générique de fin est signée… hé non, pas Arashi ! Moi aussi je pensais, présence de Matsumoto Jun oblige, mais en fait c’est d’autres Johnny’s, les V6. Et je n’ai même pas honte d’avouer que je m’en suis rendu compte en vérifiant la fiche du drama et pas du tout en entendant la chanson, pour moi c’est pareil :p. Le temps d’un générique, ça s’écoute, c’est certain, mais évidemment, pour moi il peut toujours y avoir mieux :).

Qu’il date de plus de dix ans, qu’il soit une adaptation de manga, qu’il fasse partie de ces séries dont ont entend parler en premier quand on débute dans l’univers des drama japonais et qui sont souvent loin d’être les meilleures, rien de tout ça n’est une raison valable de ne pas voir Kimi wa pet si l’on est adepte des comédies romantiques abordant des questions de société. Gardant le meilleur du manga et ajoutant des éléments comiques convenant bien à une adaptation télévisuelle, le drama se regarde vraiment tout seul. Il ne faut pas se laisser rebuter par cette situation de jeune homme tenant le rôle d’animal de compagnie qui peut sembler si invraisemblable et voir ce que l’histoire a à nous montrer sur l’importance de s’entourer de personnes à qui on peut se dévoiler entièrement. Grâce à ce message, le drama tire très bien son épingle du jeu dans un genre qu’il ne chamboule pas mais dont il utilise bien les codes.

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*