28 mai 2018

Les Rougon-Macquart, troisième partie

Je laisse tomber les titres plus débiles qu’accrocheurs et je me décide enfin à faire ma troisième note sur le cycle des Rougon-Macquart, que j’ai quand même terminé il y a plus de huit mois. On me pardonnera donc mon manque de précision, mais bon comme je l’avais déjà dit, je n’ai aucune ambition de critique ou d’analyse, mais je tiens juste à faire ces notes car ces lectures m’ont vraiment marquée.

Nana est l’un des deux seuls Rougon-Macquart que je connaissais déjà avant de décider de lire tout le cycle. En effet, c’était une des oeuvres complètes que j’avais étudiées pour le bac de français. Je n’avais pas du tout accroché à la pièce de Marivaux qui était aussi au programme, mais Nana, je l’avais lu sans problème. Il faut dire que le prof de français que j’avais était vraiment bien, ce qui fait que j’ai eu encore plus d’intérêt pour ce genre de textes et même si je n’ai jamais excellé en commentaire composé, je suis contente d’avoir pu acquérir certaines bases d’analyse. Mode lycée off.

Dans ses romans précédents, Zola avait déjà évoqué sans détours les moeurs de la bourgeoisie du Second Empire. Cette fois, il revient fort en faisant d’une fille de joie son personnage principal. Toute la force du roman réside dans le fait que l’auteur ne condamne pas cette jeune femme qui vit de son corps, mais la société dans laquelle elle vit. Les uns après les autres, les hommes – aristocrates ou d’origines bien plus modestes – lui servent de jouets, et finissent brisés et ruinés. Et Nana, cette « blonde grasse » pas très maligne, si excessive, qui connait des hauts et des bas si vertigineux, est en quelque sorte excusée. Tout au long du roman, de très beaux passages décrivant Paris et le monde des théâtres, et bien sûr la religion en prend de nouveau pour son grade. Sublime conclusion, la fin de Nana coïncidera avec celle de l’Empire.

Connaissant déjà le personnage d’Octave Mouret et l’appréciant beaucoup (voir roman suivant ^^), j’ai abordé Pot-Bouille avec grand plaisir. A travers le jeune Octave, Zola nous décrit le quotidien d’un immeuble bourgeois et des familles qui y habitent. Et sans surprise, il nous montre encore que tout ça n’est pas bien joli, entre les disputes pour un héritage, les ménages à trois, les manoeuvres pour marier ses filles, la malheureuse bonne engrossée par son maître qui abandonne son nouveau-né… Au milieu de ce petit monde, et grâce à ses nombreuses liaisons, on observe Mouret démarrer progrssivement sa réussite dans le commerce, qui atteindra son apogée dans le roman suivant.

Au Bonheur des Dames est, avec Nana, le seul Rougon-Macquart que je connaissais déjà avant. Je l’avais lu il y a bien longtemps, je devais être en cinquième. Pourquoi celui-là plutôt qu’un autre, je ne sais plus, je me souviens juste qu’il m’avait déjà beaucoup plus à l’époque. Et après l’avoir relu, et avoir lu tous les autres romans du cycle, il reste un de mes préférés. Sürement parce même si le roman comporte son lot de morts et de tragédies comme la plupart des autres, ce qui en ressort tout de même est un certain optimisme. D’abord à travers la description ô combien fabuleuse de ce monde tout nouveau des grands magasins, décrits comme des machines géantes et un peu monstrueuses, et de la fascination de Zola pour ce nouveau siècle qui allait venir. Ensuite avec une très belle histoire d’amour entre la jeune Denise et Octave Mouret. Le personnage de Denise est tellement attachant et si contemporain si l’on peut dire : sa lutte pour se faire accepter à son travail, son ascension dans le magasin, tout cela ce sont des choses que l’on pourrait encore vivre aujourd’hui, ce la crée une sorte de proximité avec la jeune fille, et une grande immersion dans le milieu où elle vit qui est si magnifiquement présenté. Je sais, j’insiste, mais c’est tellement beau, on s’y croirait tellement !

La Joie de vivre prend place dans un cadre tout à fait différent des onze romans précédents : jusqu’ici, on était soit à Plassans, soit à Paris. Là, on se retrouve dans un village de pêcheurs de la côte normande, la misère des faubourgs laisse donc place à celle des campagnes, qui n’est pas moindre. Quand Zola évoque des pêcheurs, il les décrit comme entêtés, comme il le ferait plus tard avec les paysans de La Terre. Le personnage principal est Pauline Quenu, que l’on a déjà rencontrée quand elle était enfant dans Le ventre de Paris. On voit celle-ci sacrifier son argent et même sa vie entière pour son cousin. La jeune fille, généreuse et gentille, naïve au point de se faire abuser par tous, aussi bien sa famille que les gens du village, est tout à fait surprenante et touchante. Lazare, avec ses emportements soudains, ses projets grandioses et ses désillusions, est un personnage que l’on peut trouver détestable. Cela prouve bien l’habileté de l’auteur à créer des personnages au caractère marqué et si bien décrit.

Voici les liens vers les autres notes sur les Rougon-Macquart :

Première partie

Deuxième partie

Quatrième partie

Cinquième et dernière partie

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