22 novembre 2017

Colm Tóibín – Brooklyn

Il y a déjà pas mal de mois, comme régulièrement depuis que j’ai mon Kindle, j’ai reçu un mail d’Amazon me faisait part des dernières promotions en matière de livres électroniques. Sur une intuition, j’ai craqué pour un des ouvrages proposés en version originale pour à peine plus d’un euro, me disant qu’il fallait bien que je commence à acheter des livres électroniques et arrête un peu de me limiter aux romans libres de droits et que j’avais là une bonne occasion. Et sans même lire en détail de quoi le roman parlait !

Ou si peu que quand je me suis décidée à commencer ma lecture plusieurs mois après mon achat, je n’avais absolument aucune idée de quoi parlait ce roman. Je me souvenais juste que l’auteur était irlandais, et peut-être que le personnage principal était une femme. En fait, en lisant maintenant le synopsis sur la page Amazon (je pense que c’est le même texte que le quatrième de couverture de l’édition papier en français), je me dis que j’ai vraiment bien fait de ne pas le lire avant, et j’ai envie de vous conseiller d’en faire autant, car ce texte en dit bien trop ! Il parle d’événements qui surviennent dans la dernière partie du roman, c’est carrément du spoil !

Brooklyn raconte l’histoire d’une jeune Irlandaise qui, ne pouvant trouver de travail dans sa petite ville natale, est envoyée par sa famille aux États-Unis. Le récit est fait à la troisième personne, mais on suit le personnage de si près, on est tellement dans ses pensées qu’on a presque l’impression qu’il est à la première personne. Et donc, comme tout est vu du point de vue d’Ellis, le lecteur n’obtient que très peu d’informations sur elle. Il n’y a pas de véritable présentation. Tout ce qu’on sait d’elle, on le devine. Son âge, son apparence. Sa situation, sa famille, son enfance. Cela pourrait être frustrant, mais c’est fait d’une manière très habile, du coup l’effet est positif. L’Irlande, on connait, comme Ellis. Brooklyn, on ne connait pas, et on découvre en même temps qu’elle.

Je ne savais même pas à quelle époque exactement se déroulait l’histoire quand j’ai commencé le roman, et ça aussi en fait j’ai dû le deviner. Les détails temporels ou les mentions d’événements sont rares, j’ai donc surtout deviné par rapport aux objets et habitudes du quotidien des personnages.

À tous moments du récit, les sentiments d’Ellis sont décrits avec une grande justesse. Ne pas vouloir quitter ses proches et le seul endroit qu’elle connait. La peur d’une terre lointaine, étrangère, inconnue. L’impression de ne pas être à la place, le vide du quotidien. Le changement progressif, le temps qui passe, les événements heureux. Et enfin, l’impression d’être déconnectée de ce lieu et de ces personnes qu’elle ne voulait pas quitter, le sentiment de vivre dans deux dimensions différentes une sorte de double vie. Cela m’a particulièrement parlé. Quels que soit les époques, les raisons, les conditions, les pays, les personnes, la durée, on peut trouver des points communs dans toute expatriation.

Le roman n’est pas très long (quelque chose de plus compliqué à juger quand on a une édition électronique !), et la fin est d’un sens assez soudaine, mais pleine de sens. Il faut faire des choix, il n’y a pas de solution idéale, ni de solution mauvaise. Et ça aussi, ça m’a beaucoup parlé !

Je m’arrête là et je me garde de vous spoiler autant que l’éditeur francophone ! Brooklyn a été une très belle surprise pleine d’émotions pour moi. Je crois bien que c’était la première fois que je m’attaquais à un livre en en sachant si peu dessus, et je pense qu’à l’avenir il faudra que je laisse parler à nouveau mon intuition ! Dans une librairie, on peut choisir un roman sur une table pour sa jolie couverture. Chez Amazon, c’est dans les mails de promo. Moins poétique, certes, mais tout aussi efficace !

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