23 janvier 2018

[Drama] Atami no sousakan

atami no sousakan

Titre japonais :  熱海の捜査官

Nombre d’épisodes : 8

Diffusé en : Eté 2010

Chaîne de diffusion : TV Asahi

Fiche : DramaWiki

J’avais vu il y a quelques mois Jikou keisatsu, et j’avais été assez frustrée de ne pas adhérer complètement à son humour plus que décalé et à ses enquêtes. Je ne pouvais cependant pas abandonner l’idée de voir Atami no Sousakan, dont le scénario est cette fois entièrement signé Miki Satoshi. Parce que j’en ai lu de très bonnes critiques, notamment chez Livia, parce que c’est également l’excellent Odagiri Joe qui y tient le rôle principal, et parce que c’est la non moins excellente Kuriyama Chiaki qui est à ses côtés. Et puis, il faut dire que l’affiche à elle seule annonce quelque chose de particulier et ne peut qu’éveiller la curiosité. Tout est dit, place à l’histoire !

Deux agents d’un service de police spécial que l’on peut qualifier de FBI japonais, Hoshizaki Kenzô et Kitajima Sae, débarquent un beau matin dans la petite ville côtière d’Atami pour tenter de résoudre une mystérieuse affaire datant de trois ans auparavant. Le bus d’une école privée dans lequel se trouvaient quatre élèves a disparu sous les yeux de son conducteur, descendu du véhicule pour aider un homme blessé qui se trouvait sur la route. Le bus ainsi que trois des jeunes filles qui étaient à bord ont disparu sans laissé de trace. La quatrième jeune fille a quant à elle été retrouvée peu de temps après les faits et est depuis dans le coma. Peut de temps après l’arrivée de nos deux enquêteurs de choc, elle se réveille. Son témoignage va-t-il pouvoir faire enfin avancer l’enquête ?

Hoshizaki et Kitajima sont aidés dans leurs investigations par trois officiers de la police locale, qui enquête depuis trois ans sur l’affaire et qui en connait donc tous les détails. Ils vont pour les besoins de l’enquête interroger un grand nombre de personnes qui ont pour point commun d’être toutes plus ou moins étranges, que ce soit à l’école privée fréquentée par les jeunes filles disparues, à l’hôtel de ville où le maire fricotte avec un gang de yakuzas dont seul les coiffures sont effrayantes, et dans bien d’autres endroits que je vous laisse le soin de découvrir.

atami no sousakan

Le type d’humour décalé est exactement le même que dans Jikou keisatsu, mais j’ai pourtant beaucoup mieux accroché. Je pense que c’est d’une part parce qu’il s’agit d’une vraie enquête que l’on suit pendant les huit épisodes que dure le drama, et d’autre part parce que l’environnement d’Atami créé une ambiance beaucoup plus prenante que les décors assez réduits des différentes affaires de Jikou Keisatsu.

Les blagues débiles et les situations incongrues s’enchaînent à bon rythme épisode après épisode, mais ça n’empêche pas nos deux personnages d’enquêter très sérieusement sur cette affaire de disparition sérieuse, même si les personnes qu’ils interrogent en tiennent toutes un grain et que leurs méthodes d’investigation et leurs déductions laissent parfois un peu dubitatifs. Mais on se demande vraiment qui est le coupable, pourquoi il a fait ça et si les trois jeunes filles sont encore vivantes. J’ai franchement bien aimé la tournure que prend l’affaire, c’est tordu mais ça convient tout à fait et c’est vraiment bien trouvé.

atami no sousakan

Odagiri Joe est une nouvelle fois formidable dans le rôle de Hoshizaki. Il est vraiment dans la peau du personnage et j’ai adoré sa façon de parler. Kuriyama Chiaki tient le rôle de Kitajima et forme avec lui un excellent tandem. J’ai trouvé assez génial que l’actrice, généralement calme et posé, incarne un personnage qui a souvent tendance à parler un peu trop fort et a un tout petit côté gaffeur. Il n’y a pas grand chose d’autre à dire sur ces deux personnages principaux, car étant donné le genre de la série, il ne s’agit pas vraiment d’apprendre à connaître en détail leur personnalité et de les voir évoluer, mais c’est vraiment un plus pour le drama d’avoir deux acteurs qui jouent si naturellement et subtilement des personnages un peu décalés dans un univers qui l’est encore plus.

atami no sousakan

Les acteurs qui les entourent sont eux aussi dans l’ensemble tout à fait à la hauteur, à commencer par le  trio de la South Atami Police Station. Oui, en anglais s’il-vous-plaît ! Il faut bien ça, vu leur uniforme ! Quand on voit ça au premier épisode, on se dit : mais WTF ??!! Et ce n’est que le début ! C’est le toujours si sympathique Matsushige Yutaka qui incarne le chef, Jûsaka, avec à ses côtés Fuse Eri, également présente dans Jikou keisatsu. Son personnage, Keitô, a la vilaine habitude de jouer des tours à Hoshizaki. A chaque épisode elle invente un truc nouveau, et même si on sent venir le truc, on ne peut pas s’empêcher de rire tellement c’est débilement drôle. Le troisième membre de la police, Inuzuka (Shôji Yûsuke), est un peu plus discret mais est tout de même important car… son passé est lié à la résolution de l’enquête ! Hé oui, rien que ça, c’est une des nombreuses prémonitions de Hoshizaki.

atami no sousakan

Il ne me semble pas indispensable de m’arrêter en détail sur tous les autres personnages qui sont, comme je l’ai déjà dit, tous un peu tordus. En fait, on ne sait jamais vraiment s’ils sont vraiment tordus ou si c’est juste qu’ils ne sont pas très clairs car on les soupçonnent d’être de ceux qui sont responsables de la disparition du bus et des trois jeunes filles, et ça fonctionne admirablement bien. Je dirai juste que j’ai eu un peu de mal parfois avec les personnages de l’école, aussi bien la prof que les trois élèves que l’on voit le plus, mais rien de bien méchant. Ah, et puis maintenant, je ne vois plus du tout les clubs de poterie de la même façon :patami no sousakan

Histoire de citer les quelques têtes connues que j’ai pu retrouver, Kojima Hijiri est la serveuse du bar très rétro, Hirota Leona est la « directrice » du club de poterie, et Matsuo Suzuki est le chef du Shuingumi (je ne l’avais d’ailleurs pas du tout reconnu !). Tanaka Tetsushi incarne Sakazen, qui est de la police scientifique et qui connait Hoshizaki. J’ai déjà croisé l’acteur dans plusieurs petits rôles, bizarrement je me souviens bien de sa tête mais pas de ces rôles en question. En tout cas là j’ai adoré sa coiffure style savant fou ^^. Enfin, j’ai eu aussi l’occasion de revoir Hagiwara Masato, que je venais de découvrir dans Watashi ga renai dekinai riyuu, dans le rôle de Hirazaka, scientifique qui s’oppose à la construction d’une grande route sur le littoral et qui ne va pas laisser Kitajima indifférente.

atami no sousakan

L’ambiance du drama est soignée, aussi bien du point de vue sonore que visuel. J’ai tout de suite reconnu le compositeur de l’OST de Jikou keisatsu (son nom est Sakaguchi, son prénom je ne sais pas comment il se lit. Osamu ? Tadashi ?). Ses compositions sont très efficaces et différentes de ce qu’on a l’habitude d’entendre. Il faut aussi noter l’utilisation d’une composition non originale : la Gnossienne d’Erik Satie. J’adore ce morceau, et son ambiance un peu mystérieuse colle parfaitement au drama. Les reprises avec une instrumentation plus proche de celle utilisée pour les compositions originales sont également réussies. Enfin, la chanson thème, que l’on entend à chaque fin d’épisode, est pour mon plus grand bonheur signée Tôkyô Jihen. Je n’ai presque pas écouté leurs deux derniers albums, mais j’ai évidemment tout de suite reconnu l’inimitable voix de Shiina Ringo.

L’ambiance qui règne à Atami a un côté très rétro, mais aussi un peu glauque, avec ses rues désertes le soir. On a aussi un peu l’impression que la ville est un peu isolée du reste du monde. On ne nous sert pas un décor de film d’horreur avec musique qui fait peur et tout, mais il y a juste ce qu’il faut de bizarrerie, le tout sans jamais se prendre trop au sérieux évidemment. L’assemblage de lieux comme les abords de l’océan un peu désolés, le boulevard bordé de palmiers, l’école qui a des airs d’église, le bar rétro, l’auberge traditionnelle ou encore le cabaret forme un patchwork aussi improbable que marquant. Ca donne à la fois envie et pas du tout envie d’aller à Atami ! ^^atami no sousakan

Ce drama n’a pas été pour moi de ceux dont on peu enchaîner plusieurs épisodes à la suite étant donné son ambiance et son humour si particulier. Un épisode de temps en temps et ça passe très bien, l’enquête reste aisée à suivre même en espaçant un peu les visionnages. Huit épisodes, c’est parfait, on ne sent pas du tout qu’on allonge l’enquête inutilement juste pour faire durer la comédie plus longtemps, et c’est vraiment appréciable.

Avec son ambiance hors du commun et très travaillée sur tous les plans, Atami no sousakan et assurément un drama unique en son genre, et il serait dommage de passer à côté. A moins d’être complètement hermétique au style de l’humour, cette série est à voir aussi bien en tant que comédie qu’en tant que série d’enquête, car sur ce point elle n’a rien à envier à des drama plus « sérieux » et vaut beaucoup plus le détour que bien des séries qui se contentent d’une enquête par épisode.

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