22 novembre 2017

[Drama] Beppin-san

beppin san

Titre japonais :  べっぴんさん
Nombre d’épisodes : 151
Diffusé au : Automne 2016 – Hiver 2017
Chaîne de diffusion : NHK
Fiche : DramaWiki

 

Après le très sympathique Toto nee-chan, à l’automne 2016 la NHK nous a proposé un nouvel asadora non contemporain (le troisième à la suite) avec Beppin-san. Si j’aime beaucoup retrouver des actrices que je connais déjà dans le rôle principal, j’aime bien aussi quand la règle traditionnelle de choisir une débutante est respectée, et c’était le cas cette fois car Yoshine Kyôko n’avait eu que des petits rôles avant d’être choisie pour incarner l’héroïne de ce 95e feuilleton du matin, dont l’histoire est comme dans la majorité des cas inspirée de faits réels. Je m’excuse de la médiocrité de mes captures d’écran, mais cette fois je n’ai pas eu le courage de m’enquiquiner à télécharger des épisodes juste pour faire mes propres captures étant donné que j’ai suivi le drama en l’enregistrant à la télé (et mon disque dur enregistreur utilise un format que seul lui comprend :D).

Beppin-san nous propose de suivre le parcours de Bandô Sumire, une jeune femme issue d’une riche famille de Kôbe dont le destin va être profondément affecté par la guerre. Alors qu’elle pensait que son caractère réservé et sa situation familiale lui promettaient une vie de mère au foyer, Sumire va devoir se débrouiller seule pour subvenir aux besoins de sa fille alors que son mari ne rentre pas du front et que l’entreprise familiale est en ruines suite aux bombardements. Elle va monter une affaire aux côtés d’anciennes camarades de classe et créer une petite révolution dans le domaine des vêtements pour enfants et de la puériculture. Le personnage de Sumire a pour modèle Banno Atsuko, co-créatrice de la marque japonaise de vêtements pour enfants Familiar, qui existe toujours aujourd’hui (mais qui n’est pas à la portée de toutes les bourses :D).

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Sumire a tendance à être un petite peu dans la lune et est généralement très réservée. Elle adore broder, car cela lui rappelle sa mère, qu’elle a perdu alors qu’elle était encore enfant. On a facilement de la sympathie pour elle étant donné les épreuves qu’elle traverse. J’ai beaucoup aimé Yoshine Kyôko, que ce soit son air doux ou sa manière de parler, et je l’ai trouvée particulièrement convaincante pour interpréter un personnage dans la trentaine et plus du haut de ses 19 ans. J’espère beaucoup la revoir dans d’autres drama, et j’espère me tromper en disant qu’elle semble pour l’instant faire partie des actrices lancées par un asadora qui n’ont pas eu de succès par la suite car elle n’a pas eu de rôle important depuis.

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Yuri, la soeur aînée de Sumire, est beaucoup plus sociable que sa cadette et envisage d’étudier et de faire carrière. Mais la guerre va également avoir une influence sur ses projets. Le drama met en parallèle le destin des deux soeurs qui sont proches mais très différentes, un peu comme le faisait Asa ga kita. C’est Renbutsu Misako qui joue le rôle de Yuri, et j’étais contente de la revoir après l’avoir appréciée peu de temps avant dans Otousan to yobasete. On voit un peu trop rarement Yuri au final, j’aurais aimé que le personnage soit développé davantage.

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La mère de notre héroïne, Hana, va donc mourir alors que ses deux filles sont encore jeunes après avoir passé des années à développer l’affaire familiale aux côtés de son mari. On ne voit le personnage que dans les premiers épisodes et ensuite dans quelques flashbacks, mais il reste présent tout le long du drama car Hana n’est autre que la narratrice de Beppin-san. J’aime beaucoup quand la narratrice (ou narrateur, ce qui est plus rare) a un lien avec l’histoire, et là c’était particulièrement chouette parce que j’adore la voix de Kanno Miho. Gros contraste avec la narration de Mare qui m’avait tant tapé sur les nerfs :D. Bandô Isoya, le papa de notre héroïne, aura la lourde tâche d’élever seul ses deux filles après la disparition de leur mère. S’il est attaché au fait de transmettre l’affaire familiale, il laissera beaucoup de liberté à ses filles pour leurs choix de vie et les soutiendra autant que possible. J’ai au final peu vu Namase Katsuhisa mais je l’ai apprécié dans ce rôle.

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Kimie, Ryôko et Akemi sont les trois anciennes camarades de classe de Sumire qui vont décidé de se lancer dans l’aventure avec elle (il ne sera pas aisé de les convaincre !). Les personnages de Kimie (Tsuchimura Kaho) et Ryôko (Momota Kanako) ne sont pas désagréables, mais j’ai eu un peu de mal à m’attacher à elles (surtout la deuxième car la tête de l’actrice me revient pas trop). Leur histoire personnelle que l’on suit en pointillés restent intéressantes. J’ai préféré le personnage d’Akemi, un peu plus atypique par ses origines et son destin. Contrairement à ses trois camarades, Akemi est issue d’un milieu modeste et n’a donc pas eu besoin de la guerre pour avoir un quotidien difficile. Cela faisait longtemps que je n’avais pas vu Tanimura Mitsuki et je la trouve décidément très chouette.

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Norio et Kiyoshi sont deux amis d’enfance des soeurs Bandô qui vont jouer un rôle important dans leur vie une fois arrivés à l’âge adulte. Le premier, très timide, est le troisième fils d’un membre de la chambre des pairs. Le deuxième, plein d’assurance, est le fils du bras droit de papa Bandô. Norio et Kiyoshi sont respectivement joués par Nagayama Kentô et Kôra Kengo, deux acteurs que j’avais découverts dans mon premier asadora, Ohisama. Je trouve ça vraiment chouette de revoir des acteurs ou actrices d’un asadora à l’autre, et tous les deux sont cette fois encore très convaincants. 

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Parmi les personnages qui entourent Sumire et ses associées, je citerai enfin monsieur Asada, un cordonnier de Kôbe que Sumire connaît depuis son enfance et qui va l’aider à se lancer en lui prêtant un coin de sa boutique pour vendre ses premières créations. J’ai plutôt vu Ichimura Masachika dans des rôles d’homme pas toujours très sympa, c’était une bonne surprise de le voir dans un rôle de gentil tonton. On peut aussi retrouver Tanaka Yôji et Hiraoka Yûta, je n’en dirai pas trop sur eux pour ne pas spoiler. Il en sera de même pour le personnage d’Eisuke (Matsushita Yûya), dont Sumire va faire la conaissance par l’intermédiaire de Kiyoshi et dont l’évolution est assez curieuse. Je ne dois pas non plus oublier le timide Takeshi (Nakajima Hiroki), qui va devenir en quelque sorte l’assistant de ces dames.Il faut quand même que je mentionne aussi la fille de Sumire, Sakura, puisqu’elle prend une place importante dans l’histoire du drama une fois devenue adolescente puis adulte. Elle est à partir de ce moment jouée par Igashira Manami. J’ai eu du mal à avoir de la sympathie pour elle, j’y reviendrai brièvement un peu plus bas.

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Je termine enfin avec des personnages côté famille ou presque : la grand-mère paternelle de Sumire et Yuri, Tokuko, a du mal à passer outre l’autorité de son fils aîné Chôtarô, qui s’entend mal avec son cadet Isoya. J’ai vraiment eu du mal avec ce personnage, je n’ai pas vraiment compris pourquoi il se montrait aussi puant. Enfin, même si elle a perdu son prestige à cause de la guerre, la famille Bandô va conserver à ses côtés deux de ses employés. Kiyo, dont le dévouement est tel qu’elle aurait été une suivante ou une nourrice si l’histoire s’était déroulée à une époque plus ancienne, est une seconde mère pour Sumire, et le très émotif Chû-san va épauler papa Bandô. 

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J’ai globalement aimé les thèmes abordés à travers la carrière de Sumire. L’évocation des besoins des mères pour leur tout-petits au lendemain de la guerre, de l’influence de l’occident pour l’habillement et la puériculture m’a certainement plus interpellée que si je n’avais pas encore eu d’enfant. On suit avec plaisir la création de ce qui va devenir quelques années après une véritable entreprise, et on nous montre comment Kiarisu (le nom choisi pour la marque de vêtements) va se développer, va devoir se renouveler avec l’évolution de la demande et de la société. La petite équipe de quatre femmes est très complémentaire, chacune a sa propre spécialité. On n’est pas surpris de voir à leurs débuts tous les hommes de leur entourage ou presque ne pas les prendre au sérieux et se demander pourquoi elles veulent absolument travailler. Ils vont devoir bien sûr revoir leur jugement !

Dans tous les asadora dont une partie de l’histoire au moins se situe autour de la guerre du Pacifique, le conflit et ses conséquences sont évoqués d’une manière ou d’une autre, dans la majorité des cas du point de vue des civils. Comme je l’ai dit plus haut, l’héroïne de Beppin-san va voir sa vie prendre un tournant radical au lendemain de la guerre. On nous montre à quel point il va être difficile pour les mères attendant le retour du front de leur mari ou malheureusement déjà veuves de subvenir à leurs propres besoins et à ceux de leurs enfants, surtout les tout-petits dans les villes en ruine où tout manque. Plusieurs des personnages du drama fréquentent également régulièrement le marché noir d’Osaka, où des membres du crime organisé font la plupart du temps régner leur loi. J’ai trouvé que le drama aurait pu s’arrêter davantage sur ceux des personnages masculins qui sont allés au front et en reviennent. Non pas que je veuille absolument qu’ils aient tous des troubles post-traumatiques qui ruinent le reste de leur vie, mais il y a forcément quelque chose à dire là-dessus.

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Dans la dernière partie du drama, notre héroïne se fait plus discrète à l’écran car l’histoire est donc plutôt centrée sur sa fille, Sakura, et d’autres personnages de son âge. La période crise d’adolescence de Sakura m’a beaucoup rappelé un passage de Massan et ce n’était pas pour mon plus grand plaisir. Voir une gamine tirer la gueule et dire que ses parents sont chiants et/ou s’en fichent d’elle, c’est intemporel, c’est sûr, mais je pense qu’il y a de meilleurs manières de traiter cette période ingrate :D. On sent pour les dernières semaines que le drama a un peu de mal à se renouveler et qu’il est temps qu’il se termine. Mais tout de même, c’est assez marrant de voir Sumire et sa bande en mode mamies et papys, on a l’impression que les acteurs s’amusent bien. Et ces messieurs portent des lunettes sacrément fashion (on est arrivé dans les années 70 :D). 

J’ai beaucoup apprécié l’OST de Beppin-san, composée par Sebu Hiroko. Mes connaissances musicales ne sont pas assez bonnes pour trouver les mots pour expliquer, mais j’ai aimé le mélange entre une instrumentation plutôt classique et des rythmes plus contemporains. Le thème principal est plein d’émotion, je ne me suis pas lassée de l’entendre. En cherchant des extraits à partager, je me suis aperçue qu’il y avait des pistes dont je ne me souvenais pas, sûrement parce qu’on les entendait rarement (et puis ça fait quand même près de six mois que j’ai terminé le drama !). En tout cas, je crois bien que cette bande originale fait partie de celles que l’on peut apprécier d’écouter « hors contexte » ! 

Belle surprise aussi du côté de la chanson de l’opening, qui est signée Mr. Children et qui est chouette comme tout. En plus on a comme souvent le droit à des scènes d’animation fleuries et colorées mignonnes comme tout. Je crois que je ne le dis pas assez, mais la plupart du temps les génériques des asadora sont très sympas visuellement ! Cela ne va pas durer mais j’ai trouvé le premier épisode du drama en ligne, je vous propose de regarder les premières minutes même s’il n’y a pas de sous-titres car je pense qu’il donne une bonne idée de l’ambiance, et puis vous entendrez le thème principal, la chanson du générique et la voix de Kanno Miho :).

En raison de sa structure très classique et de ses quelques longueurs et inégalités, Beppin-san ne se classe donc pas au rang des asadoras révolutionnaires. Même si ce ne sont pas eux qui sont le plus développés, il a quand même pour lui quelques personnages secondaires sympathiques et surtout une héroïne si mignonne qu’elle fait oublier la plupart des défauts. Même si la période de la guerre du Pacifique est utilisée dans presque chaque asadora d’époque, je crois que je ne m’en lasserai jamais tant il y a de choses à dire, surtout quand on a à la base une histoire vraie. Et Sumire est sans conteste une des ces femmes dont la vie peut nous inspirer même aujourd’hui. Le drama n’est pas le meilleur pour découvrir les feuilletons du matin de la NHK, mais ceux qui en sont déjà fans y trouveront à peu près leur compte !

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