23 octobre 2017

[Drama] Carnation

carnation

Titre japonais :  カーネーション
Nombre d’épisodes : 151 de 15 minutes
Diffusé en : Automne 2011 et Hiver 2012
Chaîne de diffusion : NHK
Fiche : DramaWiki

Vu que j’avais adoré Ohisama aussi bien pour son histoire que pour son format, il était clair que j’allais regarder d’autres asadora bien que le choix soit assez restreint vu que le format intéresse généralement peu les fansubbers. Dès que j’ai lu le synopsis de Carnation, j’ai voulu le voir : tout comme Ohisama, il s’agit d’une histoire de femme née avant la guerre, et dans ce cas elle est même basée sur un personnage réel. Plusieurs semaines après le début de la diffusion au Japon, aucune raw à l’horizon. Grosse déception ! Je commençais à me résigner quand Heiwa Fansub, qui avait travaillé sur Ohisama (et plein d’autres drama) a commencé à proposer le drama semaine par semaine  (donc par « lots » de 6 épisodes). Cette fois encore mon intuition ne m’avait pas trompée : Carnation était un drama fait pour moi, et je suis tombée sous le charme dès les premiers épisodes.

Le personnage principal du drama Ohara Itoko, est basé sur celui de Koshino Ayako, une célèbre styliste née en 1913 et décédée en 2006. Si les noms ne sont pas les mêmes et si je n’ai pas lu de biographie détaillée de la dame, les ressemblances physiques entre les principaux personnages du drama et les personnes réelles qu’ils représentent laissent penser que l’histoire de l’asadora suit d’assez près les faits réels. Afin de pouvoir en dire un minimum sur l’ensemble de la série, il me semble nécessaire de révéler un élément en particulier concernant son personnage principal, que je ne considère pas comme un spoil étant donné qu’on en a connaissance dès que l’on cherche quelques infos sur Koshino Ayako et que tous les spectateurs japonais devaient le savoir avant de voir le drama étant donné sa célébrité.

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Je vous préviendrai à nouveau au moment de parler de cet élément en question. A part ça, je vais en dire le minimum, ce qui est très frustrant vu la richesse de l’histoire et le nombre de personnages qu’elle met en scène ! Carnation nous raconte la vie d’Itoko de son enfance à sa mort, et cette vie longue de 93 ans a été riche en événements. Itoko a traversé des périodes historiques clés, à commencer par celle de la guerre, et son quotidien ainsi que la société ont bien évolué au cours des décennies.

Le drama débute donc dans les années 20, dans la ville de Kishiwada. voisine d’Osaka et célèbre pour son festival du danjiri, qui est un fil conducteur tout le long de l’histoire. La famille Ohara tient un magasin de tissus pour kimono. et Itoko étant l’aïnée de quatre filles, elle est donc destinée à hériter de l’affaire familiale avec celui qui deviendra son mari. Si la jeune fille affectionne bien les tissus, elle ne veut pas particulièrement en faire des kimono. Elle s’est en effet découvert une véritable passion pour les vêtements occidentaux, encore peu répandus à l’époque, surtout en dehors de la capitale. Les aléas de la vie et de l’histoire vont l’amener à consacrer sa vie à la couture et à devenir une pionnière de la mode occidentale au Japon.

Enfant, Itoko ne comprend pas très bien pourquoi on ne laisse pas les filles faire les mêmes choses que les garçons et a un côté assez casse-cou. La jeune Ninomiya Akari, qui joue Itoko jeune pendant les premières semaines, est franchement convaincante. Elle laisse ensuite la place à Ono Machiko, qui va porter sur ses épaules le drama pendant plus de vingt semaines. Avec son dynamisme et sa force de caractère à toute épreuve, Itoko attire immédiatement la sympathie, et la prestation de l’actrice m’a enthousiasmée. Itoko ne semblait vraiment pas faite pour être une mère au foyer, et les circonstances vont faire qu’elle va être active toute sa vie. Un destin pas ordinaire qui lui fera nouer des relations particulières avec ses enfants.

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Quand Itoko arrive à la soixantaine, on a bien du mal à croire qu’Ono Machiko a le même âge, même si on voit clairement la différence dans ses expressions et ses gestes par rapport à l’Itoko de vingt ans. Une troisième actrice entre alors en scène pour nous mener jusq’à la fin de la série. La transition s’opère très bien et Natsuki Mari est adorable.

Le père d’Itoko et chef de la famille Ohara, Zensaku, est incarné par Kobayashi Kaoru, que j’ai retrouvé avec grand plaisir après Shinya Shokudô. Le personnage n’a rien de l’imperturbable master derrière son comptoir, et on adore le détester pour sa mauvaise foi (lets choses se font quand lui l’a décidé, et pas quelqu’un d’autre !), sa lâcheté (il n’ose pas faire face à sa belle-famille et envoie sa fille recouvrir ses créances) et ses accès de colère auxquels Itoko va se confronter bien des fois en toute connaissance de cause. Mais les chiens ne font pas des chats, et c’est à voir lequel sera le plus têtu des deux. Par la suite, on ne peut s’empêcher de sourire quand on voit que le schéma se reproduit quand Itoko va assumer le rôle de parent. Avec quelques variations dues au changement d’époque ^^.

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La mère d’Itoko est issue d’une famille aisée de Kôbe et représente parfaitement la mère au foyer traditionnelle. Elle se garde bien de donner son avis et n’entend pas grand chose aux affaires. Son petit côté précieux et facilement éploré est parfaitement traduit par Asô Yumi. La grand-mère paternelle d’Itoko, qui est assez complice avec sa petite fille et tente toujours de tempérer les colères de son fils, tout en ayant elle-même son petit caractère bien sûr, est un personnage très sympathique joué par Shôji Terue.

De nombreux personnages entourent Itoko et sa famille dans le quartier marchand de Kishiwada. Il y a d’abord les Yasuoka. La mère, Tamae (Hamada Mari, vue dans Unfair), tient un salon de coiffure. Le fils aîné, Taizô (Suga Takamasa), est admiré par les plus jeunes car en tant que charpentier il monte au sommet du danjiri lors du festival. Le cadet, Kansuke (Onoue Hiroyuki), a le même âge qu’Itoko et a donc été son camarade de classe pendant le primaire. Les membres de la famille Yasuoka sont au coeur de nombreux événements poignants de l’histoire.

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Yoshida Natsu a elle aussi le même âge qu’Itoko. Toujours soigneusement habillée et se tenant bien, elle est destinée à prendre la succession à la tête du ryôkan familial. Son caractère et sa destinée contrastent fortement avec ceux d’Itoko, et j’ai adoré la relation si ambivalente qui existe entre elles dès l’enfance et qui va se prolonger dans l’âge adulte. Natsu est amoureuse de Taizô, et si l’amour secret à sens unique pour un garçon plus âgé ça n’a rien d’inédit, le contexte n’est pas tout à fait ordinaire et les scènes sur ce sujet m’ont vraiment émue. Kuriyama Chiaki prend des petis airs hautains et est parfaite dans le rôle de Natsu.

A côté de la boutique des Ohara, on peut trouver celle du marchand d’électroménager Kinomoto (Kômoto Masahiro, croisé dans plusieurs petits rôles). C’est un peu le boute-en-train du quartier, et c’est par lui que vont arriver à Kishiwada les dernières technologies comme le poste de radio. Yaeko est un personnage qui va faire son apparition un peu plus tard à Kishiwada. Elle est interprétée par la jolie Tamaru Maki, qui prend des airs de personnage d’anime avec sa mise en plis et ses grandes lunettes en métal. J’ai beaucoup aimé l’amitié qui naissait entre Itoko et Yaeko, mise à rude épreuve à certains moments.

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Lors de son parcours professionnel, notre héroïne va rencontrer de nombreuses personnes, à Kishiwada ou un peu plus loin. Parmi elles, il y a le toujours souriant Kawamoto Masaru (Suruga Tarô), employé chez un tailleur de costumes occidentaux. Il y a aussi le patron d’un grand magasin de Shinsaibashi joué par Kunimura Jun, qui va vite se rendre compte de la persistence d’Itoko. Plus tard, celle-ci va rencontrer le directeur du syndicat du textile (incarné par Kondô Masaomi) et faire par son intermédiaire la rencontre de Satomura (Hosshun), toujours près à se lancer dans de grandes affaires, et de Suô, un tailleur aussi discret qu’adorable incarné par Ayano Go.

Nous arrivons donc au moment où je vais dévoiler le fameux élément dont je parlais. J’ai déjà dit qu’Itoko allait avoir des enfants, ce qui n’a rien d’étonnant. C’est plutôt le contraire qui l’aurait été et dans ce cas je ne l’aurais pas mentionné ^^. Je ne dirai évidemment pas avec qui notre couturière va se marier, mais je ne peux m’empêcher de souligner qu’elle se donne tellement tout entière à la confection de vêtements qu’elle n’a pas du tout le temps de s’intéresser aux hommes et que les histoires de coeur comme le mariage ne lui font ni chaud ni froid. Presque ^^. Itoko va donc devenir mère, et si vous ne voulez rien savoir sur ses enfants, mieux vaut ne pas lire les paragraphes suivants (et ne regardez pas non plus les screeshots, je sais que c’est plus dur mais il fallait quand même que j’en mette ^^).

Ohara Itoko va avoir trois filles, qui ont toutes un caractère bien différent. L’aînée, Yôko, veut toujours être une fille modèle et recevoir les compliments de son entourage. Elle est très jalouse de sa soeur cadette Naoko, renfermée, boudeuse et originale. Enfin, la petite dernière, Satoko (Yasuda Misako), ne se mêle pas des affaires de ses aînées et trace son chemin tranquillement de son côté. J’ai eu beaucoup du mal à la fois avec les personnages de Yôko et Naoko et les actrices qui les inteprétaient (Niiyama Chiharu et Kawasaki Asami). Non pas qu’elles jouaient mal, au contraire, elles rendaient chacune très bien le côté exaspérant de leur personnage, il faudrait juste que je les voie dans un autre rôle pour décider si je les aime bien.

Et puis si Ono Machiko est convaincante malgré ses trente ans quand son personnage en a seulement quinze, j’ai trouvé que c’était moins le cas pour les actrices jouant ses trois filles, qui sont à peine plus jeunes qu’elle. Du coup, on se retrouve un moment avec une mère supposée avoir la quarantaine et trois filles autour de la vingtaine mais tout le monde a le même âge en vrai. Mais je comprends qu’on n’ait pas voulu mulitiplier le nombre d’actrices jouant un même personnage. Et puis on n’est pas non plus dans un long métrage à gros budget où on peu faire  des maquillages de fou ^^. Et j’ai beau dire que je n’ai pas aimé le caractère de Yôko et Naoko, leur relation conflictuelle n’en est pas moins digne d’intérêt et leur mère a toujours un rôle à jouer.

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Comme dans Ohisama, j’ai énormément apprécié la façon dont le drama abordait le quotidien des civils pendant la guerre. D’abord les années 30, les jeunes hommes envoyés au front en Chine avec enthousiasme, avec la conviction que la guerre sera brève et que le Japon sera victorieux. L’optimisme se maintient avec l’entrée en guerre contre les Etats-Unis, mais les privations sont de plus en plus lourdes. Le conflit n’en finit pas, les hommes ne reviennent pas du front, d’autres y sont envoyés et la séparation est un véritable arrachement. Les bonbardements arrivent, et avec eux les exercices d’évacuation et les destructions de maisons. A l’école, les enfants apprennent plus à se battre qu’à lire et à écrire. Et enfin, le discours de l’empereur diffusé à la radio arrive…

On devine bien qu’une fois les Américains devenus des ennemis et les beaux habits prohibés car considérés comme un luxe, Itoko ne va plus pouvoir confectionner et vendre des vêtements occidentaux comme avant. Elle sera loin d’être épargnée par la guerre, mais d’autres personnes dans son entourage vont être encore plus durement touchées. Les jeunes hommes de Kishiwada partent les uns après les autres au front, et on sait très bien qu’ils ne reviendront pas tous. A la fin du conflit, certaines personnes parviennent à aller de l’avant mais d’autres sont anéanties. Le drama contient donc son lot de moments poignants mais jamais mélodramatiques.

Etant donné qu’Itoko a une très longue vie, tous les personnages qui l’entourent ne vont pas pouvoir être éternellement à ses côtés, à commencer évidemment par ceux qui sont plus agés. Itoko va chérir le souvenir de tous ceux qui sont partis avant elle et continuer à aller de l’avant. Car malgré ces événements tristes, Carnation n’est pas du tout un drama déprimant, au contraire, il respire la joie de vivre d’un bout à l’autre. Et c’est tout simplement formidable de voir l’héroïne et sa ville traverser les époques des années 1920 aux années 2000.

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Le drama bénéficie d’un OST très réussi, ce qui n’est pas du tout étonnant  vu qu’il est signé Satô Naoki. Des mélodies enjouées, d’autres mélancoliques, des ambiances variées qui collent parfaitement. La musique est parfois discrète mais elle est bien là, et c’est encore un plus pour la série. Et cerise sur le gâteau, la chanson de l’opening est un vrai délice. Là encore ce n’est pas une surprise étant donné qu’il s’agit de Shiina Ringo. C’était la deuxième fois qu j’entendais la chanteuse dans un drama (la première étant dans Smile), et j’ai énormément apprécié. Surtout que les images du générique sont jolies comme tout. Et à la fin de chaque épisode, on a le droit à une photo de mode d’époque !

Vous l’avez bien compris, j’ai adoré Carnation et j’ai dévoré les semaines d’épisodes les unes après les autres. Je pense que j’aurais fait des crises aiguës de manque si l’équipe de fansub n’avait pas travaillé  si rapidement. Une semaine d’épisodes chaque mardi, puis même une deuxième chaque jeudi vers la fin. Même comme ça, je devais me rationner pour pas tout regarder en 2 ou 3 jours ^^.  Mais maintenant, le drama est disponible entièrement alors regardez-le ! C’est un véritable petit hymne aux femmes et à la vie, qui m’a fait autant rire que pleurer. Encore un très bel exemple d’histoire dans l’Histoire avec un destin pas ordinaire. Et la façon dont la fiction rejoint la réalité est vraiment chouette ^^. Un très gros coup de coeur qui confirme mon affection pour les asadora !

1 commentaire sur [Drama] Carnation

  1. Commentaires laissés sur l’ancienne version du blog

    Merci pour cet avis complet! J’avais très envie de le regarder car le début m’avait bien plu, mais j’avais un peu peur par rapport au nombre d’épisodes. Tu m’as convaincu, je l’ajoute à ma liste!

    Écrit par : Nettie | 22.08.2012

    Contente de t’avoir donné envie de continuer l’aventure ! C’est vrai que le nombre d’épisodes des asadora est assez imposant, mais vu la durée des épisodes et la structure des histoires, ça passe vraiment bien ! J’espère que tu passeras de bons moments 🙂

    Écrit par : Katzina | 28.08.2012

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