Un week-end d’août à Hakodate – Jour 1 : Découverte de la ville côtière et de sa célèbre vue nocturne

hakodate

Si j’espère pouvoir découvrir un jour Kyûshû et Shikoku, la grande île nordique de Hokkaidô m’attire aussi particulièrement, et j’ai eu la chance de pouvoir enfin la découvrir l’été dernier. Le choix d’une telle destination à une telle période de l’année n’était pas anodin : le but était de se faire une petite pause fraicheur au milieu de l’été, il fallait donc aller vers le nord, et pas ailleurs ! ^^. Préférant réserver la découverte de Sapporo pour l’hiver (tant qu’à faire de se cailler, autant essayer d’assister au festival de la neige ! ^^), et comme il était un peu tard pour profiter des champs de fleurs autour d’Asahikawa, mon choix s’est porté sur la ville de Hakodate, dont j’avais notamment entendu parler dans deux séries animées.

La manière la plus rapide, et parfois aussi la moins chère, de se rendre à Hakodate et à Hokkaidô en général depuis Tôkyô, est l’avion. Si les aéroports d’Asahikawa et surtout de Sapporo sont desservis par des compagnies low cost, ce n’est pas le cas de celui de Hakodate, et le billet n’est donc pas forcément donné, surtout en été. On a dû en avoir pour 35 à 40000 yens par personne (mon mari a utilisé tous les points du système qui équivaut ici à un comité d’entreprise, donc le voyage ne nous a presque rien coûté en fait ^^).
Nous avons donc eu un vol sur la JAL au départ de Haneda, et même si c’était un trajet court et intérieur, l’avion était un Boeing 777. Une heure quarante-cinq de trajet environ, roupie de sansonnet ! Si les vols pour la France passaient aussi vite que ça, me suis-je dit en descendant.
Depuis l’aéroport de Hakodate, où j’ai été surprise de voir une grande inscription de bienvenue en russe (je sais que la Russie est pas loin, mais justement, il me semble que c’est pas vraiment supposé être des potes, mais bon…), nous avons pris un bus pour rejoindre le centre. Après avoir fait le check-in et laissé nos bagages à l’hôtel, nous avons pu partir à la découverte de la ville.

Nous n’avons eu besoin de parcourir que quelques dizaines de mètres pour voir les premiers témoins de la forte influence occidentale que la ville a connue dans la deuxième moitié du 19ème siècle. A l’instar de Yokohama, Hakodate a été l’une des premières villes japonaises dont le port a été ouvert aux étrangers. Il subsiste de nombreux bâtiments de cette époque, probablement parce que la ville n’a pas été touchée par le tremblement de terre de 1923 et sûrement moins visée par les bombardements que Yokohama (et certainement Kobe) pendant la guerre. A l’approche du port, on peut ainsi découvrir de véritables complexes de bâtiments et entrepôts en briques, aujourd’hui convertis en centres commerciaux et autres lieux d’activité économique ou culturelle. Et moi, la brique rouge, j’adore ! Nous sommes passés dans ce quartier de la ville chacun des trois jours qu’a duré notre séjour, et je ne me suis pas lassée de son ambiance.

Nous avons pris notre déjeuner dans un joli petit groupement de restaurants du quartier où nous sommes retournés au moins deux fois après. Il y a même un petit bain de pieds dans la cour centrale extérieure ! Pour cette première fois, c’était sushi. Déjà qu’on en mange souvent d’habitude, ç’aurait été un crime de faire l’impasse dessus dans une ville côtière ! ^^

Je n’ai pas non plus pu m’empêcher de sourire à chaque fois que j’ai croisé un des véhicules de la compagnie de taxi locale Moomoo-Taxi. Mais oui, Hokkaidô, ses verts pâturages et ses vaches qui semblent fournir en lait presque tout le Japon :).

Depuis le quartier des entrepôts portuaires, nous avons entrepris de monter jusqu’au vieux quartier de Motomachi, niché sur le flanc du mont Hakodate. Et là, il est grand temps de faire le point topographie que j’aurais dû caser en intro et qui est importante pour la suite : la ville de Hakodate se situe sur une péninsule au bout de laquelle se trouve une montagne. On a donc d’un côté la montagne, de deux côtés la mer, et du dernier côté, l’accès vers les vastes terres de Hokkaidô.
Un réseau de rues escarpées à peu près parallèles mène donc jusqu’à Motomachi. Dans la perspective de ces rues, on devine toujours la mer en bas. En chemin, nous croisons le tramway, que nous aurons l’occasion d’emprunter le lendemain.

Et bien sûr, une fois arrivé en haut de la pente, la vue est encore plus dégagée ! Nous nous rendons du côté d’un des monuments les plus célèbres de la ville : la plus vieille église orthodoxe du Japon. Ça n’est déjà pas commun de voir une église ancienne au Japon, et c’est bien sûr encore plus curieux quand on est comme moi plus habitué aux églises catholiques. L’édifice n’est en fait pas très grand (la partie intérieure accessible est encore plus restreinte), mais il n’en est pas moins impressionnant.
Il y a d’autres édifices chrétiens à côté de l’église orthodoxe, comme vous pourrez le voir un peu plus loin.

En empruntant une autre des pentes de Motomachi, j’ai pris en photo une autre des petites curiosités de la ville : les bouches à incendie, très rétro, ne sont pas rouges mais jaunes !

Comme dans beaucoup d’endroits au Japon, les bouches d’égout de Hakodate arborent des symboles de la ville, monuments aussi bien que spécialités culinaires ! Voici donc de mignons toutenons japonais, puisque apparemment c’est ainsi qu’on appelle cette variété de seiche (surume ika) en français.

L’après-midi est bien avancé, Après une petite pause glace aux entrepôts en brique jusque auxquels nous étions retournés, nous décidons donc de la prochaine étape de notre visite. Pour cela, il faut monter à nouveau, et plus haut cette fois ! Oui, jusqu’au sommet de la montagne ! Alors bien sûr, on aurait pu prendre nos pieds, mais on serait peut-être arrivés un peu tard. Donc nous avons fait comme tout le monde : téléférique !

Le but était bien sûr de profiter de la célèbre vue nocturne de la ville. Pas de bol, le temps pourtant assez dégagé pendant la journée venait de se couvrir, et le mont Hakodate avait la tête dans les nuages. Mais bon, nous n’avions que deux soirs sur place, et le lendemain n’aurait pas été vraiment mieux en fait. Mais même si la météo n’était pas au top, nous n’étions bien sûr pas les seuls à avoir eu l’idée de venir en ce week-end estival. J’avais déjà pu observer à Shirakawa-go que le touriste chinois n’est pas l’espèce la plus discrète qui soit, et cela s’est confirmé. Oh, je sais, le touriste français n’est pas forcément mieux, le truc c’est qu’il ne se déplace pas systématiquement en cars entiers…

Plus le jour baissait, plus l’observatoire fourmillait de monde. J’ai fait un petit tour des lieux avant de retourner sur l’esplanade principale. Pour espérer prendre un cliché correct, il fallait vraiment réussir à se faire une place au premier rang devant la rambarde, ce que j’ai réussi à faire en m’armant de courage et de patience, et surtout en jouant de l’épaule car de toute façon c’était un peu le cirque ^^.

Franchement, tous ces gens qui brandissaient leurs smartphones à bout de bras, je me demande s’ils espéraient vraiment prendre une photo correcte ? ^^
Quand la nuit est vraiment tombée, les nuages se sont dissipés et la vue était déjà meilleure. Mais même avec un bon appareil, vu les conditions de luminosité, sans trépied et avec tout le monde autour, pas de miracle !
Mais je n’étais pas montée là-haut pour prendre une photo, mais pour voir. Et si bien sûr ça doit être encore mieux quand il n’y a personne, ça reste vraiment chouette. Les lumières de la ville au milieu, et cette démarcation nette à gauche et à droite avec la mer…

Nous sommes repassés du côté des églises en redescendant et j’ai pu prendre l’église catholique illuminée.

Les entrepôts de brique sont eux aussi bien jolis la nuit, avec en arrière-plan la montagne et la lumière de l’observatoire.

Notre première soirée s’est terminée à la brasserie Hakodate Beer. Nous y avons mangé de bonnes petites choses, mais elles n’étaient faites bien sûr que pour accompagner le plat principal : la bonne bibine locale ! La Weiss est particulièrement délicieuse, Herbert Junior vous le dira :D.

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