24 avril 2018

[Drama] Suna no utsuwa (2011)

suna no utsuwa 2011

Titre japonais :  砂の器
Nombre d’épisodes : tanpatsu en 2 parties de 2 heures environ
Diffusé en : Eté 2011
Chaîne de diffusion : TV Asahi
Fiche : DramaWiki
Voir aussi : Suna no utsuwa (TBS, 2004)

Après avoir été fascinée par la série en 11 épisodes de 2004 faite par TBS où le rôle principal était tenu par Nakai Masahiro, j’étais bien décidée à voir d’autres adaptations de Suna no utsuwa (Le vase de sable en français), roman du célèbre Matsumoto Seichô. J’ai assez logiquement jeté mon dévolu sur la plus récente version, pour sa « disponibilité » et son casting.

TV Asahi est certainement la chaîne de télé japonaise qui a fait le plus d’adaptations des romans de Matsumoto : dans les années 2000, il y a eu 4 renzoku, et depuis 2007, quasiment chaque année un tanpatsu en 1 ou 2 volets. Suna no utsuwa a donc été diffusé en 2011 (programmé initialement les 12 et 13 mars, repoussé à septembre pour des raisons faciles à deviner) et compte 2 épisodes de 2 heures environ. Je m’excuse d’avance pour ceux qui n’ont pas vu l’adaptation de 2004, mais il m’est inévitable d’écrire ce petit article en comparant les deux versions :).

En décembre 1960, à Tokyo, un homme est retrouvé mort et défiguré sous un train en stationnement dans la gare de Kamata. Le jeune inspecteur Yoshimura va participer à l’enquête, sous les ordres de son mentor Imanishi. Face au manque de témoins et de pièces à conviction, l’enquête piétine d’abord mais fini par diriger les deux policiers vers l’entourage de Waga Eiryô, pianiste et compositeur très en vogue, fiancé à la fille d’un homme politique et bien intégré dans le monde artistique. Même après avoir identifié la victime et en ayant de forts soupçons sur le coupable présumé, il faudra reconstituer un véritable puzzle pour mettre à jour le mobile du crime, qui s’avère à la fois cruel et effrayant.

Ceux qui comme moi ont vu la version 2004 de TBS remarqueront tout de suite deux gros changements dans cette version 2011 : l’époque où se déroule l’histoire, et le point de vue choisi. Enfin, en fait c’est plutôt la version de 2004 qui changeait, car cette version 2011 semble suivre de beaucoup plus près le roman original, en s’offrant quand même elle aussi la liberté d’un point de vue différent de celui du roman, qui est apparemment centré sur Imanishi. Je ne vais pas entrer dans le grand débat de la fidélité des adaptations, mais j’en redirai deux mots en conclusion.suna no utsuwa 2011suna no utsuwa 2011

Bref, nous voici donc avec un jeune flic en personnage principal, et Tamaki Hiroshi se tire très bien d’affaire. En plus, le look et le décor début années 60 lui vont très bien. Cette fois, il regarde quelqu’un diriger un orchestre mais ne veut pas faire la même chose, juste trouver un coupable :).

Yoshimura est aidé dans son enquête par son amante journaliste Yamashita Yûko, qui s’intéresse à l’affaire et va être en mesure de fournir des informations. Ce personnage principal féminin différent prend la plus de celui incarné par Matsuyuki Yasuko dans la version 2004. C’est un plaisir de retrouver Nakatani Miki, qui porte très bien le béret. Elle forme un duo très sympa avec Tamaki, et je me disais en les revoyant en prenant des captures d’écran qu’on les imaginerait bien en personnages récurrents dans une série d’enquête.suna no utsuwa 2011

L’inspecteur Imanishi est quant à lui joué par Kobayashi Kaoru, qui est bien différent de Watanabe Ken mais dégage autant de classe à sa manière le temps des deux épisodes de 2 heures. C’est Sasaki Kuranosuke qui prend les traits du compositeur Waga Eiryô, qui n’a donc plus le premier rôle par rapport à l’adaptation de 2004 mais reste un personnage clé de l’histoire. Vu que l’acteur peut si facilement paraître décalé ou étrange, on peut presque dire que c’était trop facile de lui donner ce rôle. En tout cas, ça marche !suna no utsuwa 2011

C’est Katô Ai qui est la fiancée de Waga, et ce rôle de fille à Papa lui va à merveille. Tout autant que le personnage confié à Hasegawa Hiroki qui est Sekigawa, critique qui fait partie de la petite bande gravitant autour de Waga. On le voit peut au final vu le format du feuilleton, mais il est tellement bon en intello à col roulé et lunettes fumées ! ^^suna no utsuwa 2011

L’opening en images noir et blanc d’époque et le décor années 60 qui arrive en transition posent tout de suite l’ambiance du feuilleton. Les costumes ne gâchent rien, et globalement l’ambiance rétro et vieux polar est bien convaincante. J’ai beaucoup aimé les scènes en ville dans un quartier qui ressemble fortement au Golden Gai, avec en contraste d’autres scènes dans un environnement beaucoup plus naturel.

Je pense ne pas me tromper en disant que le fait d’avoir conservé l’époque à laquelle se déroule l’histoire originale permet de garder tels quels des éléments qui avaient dû être légèrement modifiés pour une transposition à une époque contemporaine. Du coup, la conclusion est encore plus plausible et garde toute sa puissance même si l’histoire se déroule plus rapidement et avec une narration plus classique que dans le cru 2004.

De la même manière que Waga est plus en retrait, la musique joue un rôle moins important. Là encore, c’est compréhensible vu le format et le choix de coller vraisemblablement au roman, et la bande originale est tout à fait correcte pour une durée de deux fois deux heures.suna no utsuwa 2011

Au final, je ne peux absolument pas dire quelle est ma préférée entre la version 2004 et la version 2011, car les différences de format et d’approche ne permettent pas de faire un choix qui ait un sens. Chaque version a ses intérêts, et voir celle de 2011 plus fidèle à l’original m’a permis de réaliser encore plus à quel point celle plus libre de 2004 était réussie. Quand on a une histoire solide au départ et quand on a des scénaristes et des réalisateurs qui sont bons, le résultat le sera que l’adaptation soit fidèle ou libre.

Et puisque je me permets de dire ça, je ferais bien de lire le roman de Matsumoto Seichô, pas d’excuse vu qu’en plus il est disponible en français ^^. J’aurais tendance à dire à ceux qui n’ont vu aucune des versions de Suna no Utsuwa qu’il faut peut-être voir le renzoku de 2004 avant le tanpatsu de 2011, mais chacun a ses affinités avec les différents formats de drama, les différentes époques, les différents styles d’adaptations. Pour ma part, même si ça n’est pas tout de suite, je pense que je regarderai le film de 1974, que j’aurai sûrement moins de mal à trouver que les autres adaptations pour le petit écran, même plus récentes ! En tout cas, si vous voulez passer deux bonnes petites soirées devant un polar bien ficelé au bon petit goût rétro, voilà ce qu’il vous faut !

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