[Drama] Manpuku

asadora manpuku

Titre japonais : まんぷく
Nombre d’épisodes : 151 de 15 minutes
Période de diffusion : Automne 2018/Hiver 2019
Chaîne de diffusion : NHK
Fiche : DramaWiki

A l’automne 2018, après le petit entracte contemporain et plutôt novateur qu’a été Hanbun, aoi, la NHK est retournée du côté des histoires d’époque se situant autour de la guerre qui constituent la majorité de ses productions du matin de ces dix dernières années. Si sa structure s’annonçait donc plus ou moins prévisible, j’avais quand même un très bon a priori car le casting comme le thème de l’histoire me plaisaient beaucoup. Et bien sûr, si les personnages sont bien écrits il n’en faut pas plus pour faire un asadora sympathique !

Manpuku s’inspire du parcours d’Andô Momofuku, l’homme qui a inventé pas moins que le ramen instantané et a fondé l’entreprise alimentaire Nissin. Le long chemin qui l’a mené à mettre au point ce mets si emblématique pour les Japonais est conté à travers la vie de sa femme, qui reste le personnage principal de la série. Dans la fiction, notre inventeur s’appelle Tachibana Manpei, et notre héroïne est Fukuko, Fuku-chan pour ses proches. De leur rencontre à la fin des années 30 jusqu’à la relève de la génération suivante dans une entreprise florissante dans les années 70, l’asadora nous invite à suivre les aventures quotidiennes d’un couple très attachant et de la grande famille qui va contribuer à leur succès.

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Fukuko est la benjamine d’une famille de trois filles et elle a pas mal de différence d’âge avec ses deux aînées. Après avoir fini le lycée, elle met à profit ses compétences en anglais et commence à travailler à la réception d’un grand hôtel d’Ôsaka. Fukuko est une jeune femme très simple mais persévérante. Elle n’a pas forcément beaucoup confiance en elle, mais quand elle a l’intuition qu’elle a trouvé où serait son bonheur, elle n’hésite pas. Ses traits de caractère ne sont dans les grandes lignes pas bien différents de la majorité des héroïnes d’asadora, mais l’excellente Andô Sakura en fait vraiment un personnage à part entière, qui a un petit truc en plus. J’avais au final peu vu l’actrice avant ça, et dans des rôles très dramatiques, mais j’étais certaine qu’elle ferait quelque chose de très bon et c’est effectivement le cas !

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En bon inventeur qu’il est, Manpei n’est pas un as des relations humaines. Mais il n’a rien de méchant, et est même au contraire très candide et pas du tout rancunier. Il ne veut pas inventer histoire d’inventer, mais cherche vraiment à faire des choses qui puissent faciliter la vie des gens. Quand il rencontre Fukuko, il essaie de mettre au point une machine pour couper les légumes. Il a un associé qui s’occupe de tous les aspects financiers et administratifs, lui c’est le côté technique et rien d’autre. J’ai toujours apprécié Hasegawa Hiroki et je l’ai cette fois encore trouvé très chouette dans ce rôle d’homme un poil perché mais pas trop. L’acteur a décidément du succès avec la NHK car c’est lui qui a le rôle principal du taiga drama de 2020, Kirin ga kuru.

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La mère de Fukuko, Suzu, est veuve depuis déjà plusieurs années lorsque sa petite dernière commence à travailler. Comme le père de ses filles était un entrepreneur qui n’avait pas les pieds sur terre et qui a eu des déboires financiers, Suzu espère bien que ses filles auront un mari sérieux, ce qui veut dire en gros salarié dans une bonne entreprise. Comme on va le voir, elle s’est fait un peu avoir pour sa cadette. Heureusement, l’aînée va prendre le bon chemin, et elle compte bien que la benjamine en fasse autant. Évidemment, Manpei ne rentre pas vraiment dans ses critères du gendre idéal ! On va donc passer par la case très traditionnelle de l’opposition au mariage, mais ça passe crème car dès le départ la relation entre Manpei et Suzu est assez amusante. Par la suite, Suzu va avoir le double rôle de mère et de belle-mère vu qu’elle va cohabiter pas mal de temps avec Manpei et Fukuko. J’ai trouvé le personnage extrêmement chouette. Suzu a toujours tendance à exagérer les choses et à râler un peu, mais elle va être d’une aide précieuse pour sa fille et son beau-fils. Dès qu’il y a quelque chose qui lui déplait d’une manière ou d’une autre, elle ne peut pas s’empêcher de rappeler, que oui mais elle, elle est une fille de samourai, et ses filles la charrient gentiment avec ça. Matsuzaka Keiko a un style de jeu un peu à l’ancienne si on peut dire, mais je la trouve formidable.

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Saki est l’incarnation de la fille aînée idéale, douce et dévouée. Après avoir soutenu financièrement sa mère et sa petite soeur pendant de nombreuses années, elle va enfin pouvoir se marier. Je ne peux pas en dire plus sur le personnage sans spoiler donc je m’arrêterai là ! Uchida Yûki fait partie de ces actrices que je trouve à la fois très chouettes mais parfois un poil agaçantes, c’est assez dur à expliquer !

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Onozuka Shinichi est celui qui va au début de l’histoire devenir le mari de Saki. A fille idéale, mari idéal :D. Je ne rentrerai pas dans les détails mais les circonstances vont mener Shinichi à être très proche sur le long terme de la famille de sa femme, au niveau privé comme professionnel. Le personnage, joué par Ôtani Ryôhei, est un peu trop lisse mais pas non plus désagréable.

La cadette des trois soeurs, Katsuko, est mariée et a déjà quatre enfants quand Fukuko termine sa scolarité. Elle est très directe, c’est elle qui ressemble le plus à sa mère et c’est aussi pour ça que c’est celle des trois qui se chamaille le plus avec Suzu. Après avoir tenu le rôle principal dans Gegege no nyôbo, Matsushita Nao était donc de retour dans un rôle de grande soeur. Le mari de Katsuko, Kôda Takahiko, est artiste peintre. Au fil des années, on suit l’évolution de sa carrière et en particulier le rôle que va avoir sa mobilisation pendant la guerre, physiquement comme mentalement, sur son oeuvre. C’est peut-être un peu fort de dire que c’est surprenant de voir Kaname Jun dans un asadora, il n’y a pas de raison qu’il n’y soit pas, mais autant j’aime retrouver des acteurs ou actrices d’un asadora à l’autre, autant c’est bien parfois d’avoir des nouveaux venus que j’apprécie dans des drama classiques.

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Parmi les quatre enfants du couple Kôda, on va voir particulièrement les deux aînées, en particulier lorsqu’elles seront devenues des jeunes femmes. La cadette, Yoshino, est jouée par Fukagawa Mai. L’aînée, Taka, est particulièrement présente et j’ai trouvé le personnage ainsi que son interprète Kishii Yukino très sympathiques (s’il y a une future héroïne d’asadora dans les personnages de Manpuku elle est sûrement là ! ^^).

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Au lendemain de la guerre, Fukuko et sa famille vont faire la rencontre dans des circonstances assez étranges de Kanbe Shigeru, un ancien étudiant fraîchement rentré du front. Le jeune homme va développer une grande admiration pour Manpei et va vouloir travailler à ses côtés. Je n’ai pas vu tant que ça Seto Koji mais plus ça va plus je le trouve chouette comme acteur.

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Au tout début du long et tortueux parcours qui va l’amener à inventer un produit alimentaire révolutionnaire, Manpei va croiser le chemin de Sena Katsuo, un homme d’affaires si on peut dire qui a une très grande gueule et n’est pas toujours super honnête. Le rôle est taillé sur mesure pour Kiritani Kenta.

Pour aider son mari à percer, Fukuko va entrer en relation avec Mitamura (Hashizume Isao), le directeur de la chambre de commerce d’Ôsaka, qui va se montrer moins frileux que pas mal d’autres et apprécier la ténacité de notre héroïne. Un peu plus tard dans l’histoire, le couple Tachibana va devoir avoir recourt aux services d’un avocat au premier abord quelque peu étrange, Azuma. Suda Masaki est assez excellent dans ce rôle (admirez la coup de cheveux ! :D).

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Comme c’est très souvent le cas dans les asadora, il y a dans Manpuku un lieu de rencontre où différents personnages se retrouvent régulièrement pendant au moins une partie de la série. Cette fois, c’est le petit restaurant tenu par Akira et Shinobu (Katô Masaya et Makise Riho), un couple assez original. Si je me souviens bien ils disent avoir 4 grands enfants, mais on ne les verra jamais. Ils sont sympa mais ne révolutionnent pas le type de personnages.

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Enfin, un petit mot sur la « nouvelle génération », en gros les enfants de notre héroïne (comme je dis toujours, ce n’est pas vraiment spoiler de dire qu’une héroïne d’asadora va avoir des enfants, c’est plutôt dire qu’elle ne va pas en avoir, ce qui arrive quand même parfois ^^). Je suis assez difficile concernant ce type de personnages, car ils sont souvent supposés renouveler l’intrigue dans la dernière partie de la série donc si ça ne prend pas on sent la baisse de niveau. Fukuko va avoir un fils et une fille. Son fils, Gen (Nishimura Motoki), va sans surprise marcher sur les traces de son père, mais son histoire est intéressante car elle permet de mettre en lumière une nouvelle fois la personnalité de l’inventeur. L’époque n’est plus la même, Gen est différent de son père, il va devoir trouver sa recette pour contribuer à la pérennisation de l’entreprise familiale. J’ai trouvé le parcours de sa soeur Sachi (Ogawa Sara) beaucoup moins intéressante. Sachi se veut être une jeune femme libérée des années 70 mais sa naïveté sur certains points ne la rend franchement pas sympathique.

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Ashida Mana fait également partie du casting de Manpuku, mais on ne la voit pas, pour la bonne raison qu’elle tient le rôle de la narratrice. J’ai tendance à préférer quand le narrateur ou la narratrice est impliquée dans l’histoire (typiquement, une grand-mère), mais là ça passait plutôt bien, et l’actrice est devenue la plus jeune narratrice d’un asadora (j’ai dans l’idée qu’elle doit avoir d’autres records du genre vu qu’elle a commencé sa carrière très tôt ^^).

A l’instar de la majorité des asadora historiques basés sur des personnages réels, Manpuku se déroule donc sur plusieurs dizaines d’années, avec à plusieurs reprises des ellipses de plusieurs années. Comme l’enfance de Fukuko n’est pas racontée, on rentre en quelque sorte plus vite dans le vif du sujet. La période de la guerre correspond donc à la première partie de l’histoire, avant que Manpei ne mette au point avec sa femme le produit qui va changer sa vie et celle de millions de Japonais pressés. Comme toujours, il est question de restrictions pour les civils, de départ au front pour les hommes avec un retour pas du tout garanti. Mais cette fois, à travers le personnage principal masculin, il est aussi question de non-mobilisation et de tout ce que ça implique : c’est quand même une honte de ne pas pouvoir être utile à la patrie !

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A trois reprises, Manpei va avoir de sérieux ennuis avec les autorités, et les deux premières fois au moins il s’agit d’un gros malentendu mais on s’acharne sur lui et ce sont vraisemblablement des coups montés. J’ai trouvé qu’à ces occasions, le scénario n’était pas très clair car au bout du compte on ne nous dit jamais qui est derrière tout ça alors qu’on a vraiment l’impression qu’il doit y avoir certaines personnes qui lui en veulent personnellement. Quand on regarde la biographie du personnage réel qui est derrière l’histoire, pourtant, on peut avoir une petite idée : Andô Momofuku était d’origine taïwanaise et a été naturalisé en 1966. C’est quand même dommage que ce background se soit perdu en route !

Dès le lendemain de la guerre, l’histoire se centre sur les activités professionnelles de Manpei et Fukuko. Il reste au bout du compte relativement peu de place pour les personnages secondaires, même si bien sûr on va suivre l’histoire de certains en pointillés. Avant d’avoir l’idée de mettre au point des nouilles instantanées, Manpei va se lancer dans la production d’une denrée alimentaire de base dont il y avait pénurie, et ce n’est donc pas cet aliment en question qu’il va inventer, mais un procédé de production qu’il va mettre au point avec les moyens du bord. Ensuite, toujours en lien avec les conséquences de la guerre sur la population, il va inventer un produit à mi-chemin entre l’aliment et le médicament. Même si bien sûr, on attend toujours ces satanées nouilles, cette partie de l’histoire n’est en rien du remplissage On nous montre bien que sans ces étapes, Manpei n’aurait jamais inventé les nouilles instantanées. Et puis surtout, comme pour la suite j’ai trouvé que tout le processus d’invention, fabrication, vente du produit fini, était vraiment bien raconté.

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Quand Manpei et Fukuko en viennent enfin aux ramen et nouilles instantanées, c’est assez passionnant de suivre ça étape par étape. Trouver LA bonne recette pour la pâte, trouver LA bonne manière de couper les nouilles, de les cuire,pour qu’elles se conservent sans réfrigération et retrouvent une consistance en étant simplement réhydratées à l’eau bouillante, trouver LA recette du bouillon et l’idée de le mettre en poudre… On part vraiment de zéro, il y a tout à faire ! Après ça, il est question de packaging, de réseaux de distribution, de concurrence déloyale, de diversification de la gamme, et enfin de l’invention des cup noodles, pour ne même plus avoir besoin d’un contenant pour mettre ses nouilles. Tout ça toujours d’une manière très simple, mais toujours aussi efficace. Du coup, là où certains asadora s’essoufflaient parfois un peu dans leur dernière partie, jusqu’à la fin il reste des choses à raconter sur le sujet principal.

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Lorsqu’un homme est reconnu d’une manière ou d’une autre pour ses accomplissements, généralement s’il a une femme elle reste dans l’ombre et ne reçoit aucune reconnaissance. Là, oui, c’est Manpei l’inventeur, c’est lui le chef d’entreprise. Mais Fukuko reste le personnage principal du drama, et on nous montre aussi bien par les faits que par les propos directs de Manpei que sans elle, les ramen instantanés, il n’y en aurait jamais eu. Aussi bien pour toutes les idées qu’elle a eues en rapport direct avec le produit que pour tout ce qu’elle a fait pendant des années pour soutenir ce mari qui ne voyait rien quand il avait le nez dans ses idées. Et puis, (pas) accessoirement, elle a aussi élevé leurs deux enfants. Et tout ça, c’est pas rien. Mais il n’est absolument pas question d’une épouse qui se sacrifie pour la carrière de son mari parce que c’est ce qu’elle est supposée faire. Fukuko a choisi son mari, elle l’aime, elle accomplit des choses, et en tire son bonheur et une grande satisfaction personnelle, elle n’accorde pas vraiment d’importance à ce que les autres pensent. Évidemment, le contexte n’est pas contemporain et donc même si on avait eu des grosses problématiques féministes, la portée était limitée. J’y ai en tout cas vu une manière de dire que s’il faudrait en effet laisser les femmes tenir elles aussi le « premier rôle », il faut aussi présenter positivement le « second rôle » au lieu de toujours le dévaloriser si on veut que les hommes se l’approprient.

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Après avoir entendu Kawai Kenji dans un taiga drama (Hana Moyu), j’ai pu le retrouver aux commandes de l’OST d’un asadora. Ce n’était pas la première fois qu’il se prêtait à l’exercice vu qu’il a également officié en 2012 pour la musique d’Ume-chan sensei, que je n’ai pas encore vu. Le son et les mélodies de Kawai sont comme d’habitude bien reconnaissables, après évidemment vu le style de la série il n’a pas trop l’occasion de placer des thèmes super épiques comme il sait si bien les faire. Ca reste très sympa, mais je n’ai pas non plus eu de coup de coeur particulier par rapport à d’autres OST d’asadora.

La chanson de l’opening de Manpuku est signée Dreams Come True, un groupe dont je connais le nom depuis longtemps vu sa notoriété mais auquel je n’ai jamais vraiment accroché, en partie car je n’aime pas la manière de chanter de la chanteuse. Le titre composé pour l’occasion est intéressant, et fait un effet certain avec les images de l’héroïne, notamment dans les dernières secondes, mais il ne fera pas partie de mes chansons thème préférées.

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Comme je n’ai pas encore décidé entièrement de mon top drama vus en 2019, je pensais qu’écrire ce billet sur Manpuku m’aiderait à décider s’il en ferait partie ou pas, mais en fait toujours pas moyen de trancher ! Un couple super attachant, des personnages secondaires dans l’ensemble sympathiques, un thème super intéressant et bien mis en valeur, la série n’a clairement pas de gros défaut. J’ai vraiment apprécié, mais il m’a manqué ce petit coup de coeur, et je ne pense pas que le côté musical explique tout. En tout cas, c’est une valeur sûre parmi les asadora, et la NHK montre que même quand elle reste sur le schéma le plus utilisé ces dernières années, elle sait trouver des personnages inspirants pour ses feuilletons !

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