[Drama] Scarlet

scarlet asadora

Titre japonais :  スカーレット
Nombre d’épisodes : 150
Diffusion : Automne 2019 – Hiver 2020
Chaîne de diffusion : NHK
Fiche : DramaWiki

Après avoir marqué joliment le coup de son centième feuilleton du matin au printemps 2019 avec Natsuzora, la NHK nous a proposé ensuite un autre drama situant son histoire juste après la deuxième guerre mondiale. Même si j’aurais peut-être aimé que la chaîne s’aventure de nouveau un peu du côté des histoires plus contemporaines vu la réussite qu’avait été Hanbun, aoi l’année précédente, j’avais un bon feeling pour Scarlet en raison de son thème mais aussi de la présence dans le premier rôle d’une actrice que je connais depuis mes tout premiers drama.

L’histoire de Scarlet s’inspire librement de la vie de l’artiste Kôyama Kiyoko. Dans la fiction, notre héroïne prend le nom de Kawahara Kimiko. Aînée d’une fratrie de trois soeurs, Kimiko est originaire d’Ôsaka et va venir s’installer à la fin de la guerre dans la petite ville de Shigaraki alors qu’elle a 9 ans. Shigaraki est située près du lac Biwa et est connue depuis longtemps pour ses poteries. Mais Kimiko ne va absolument pas se trouver une vocation pour le modelage de la terre locale dès son arrivée : des années vont passer avant que la jeune femme qu’elle est devenue s’assoie devant un tour de potier. Le parcours qui va l’y mener, ainsi que celui qu’elle affrontera une fois devenue artiste céramiste, est rempli d’épreuves petites comme grandes, tout comme sa vie familiale.

asadora scarlet

Si je ne remettrai jamais en question la tradition de la NHK de mettre en avant dans la majorité de ses asadora des jeunes actrices encore très peu connues, je dois dire que j’étais particulièrement heureuse cette fois encore qu’ils fassent une entorse à cette règle et choisissent Tôda Erika pour tenir le rôle principal de Scarlet. C’est une des premières actrices japonaises que j’ai découvert dans les j-drama, et certainement aussi une de celles sur qui j’ai le plus changé d’avis au fil des années. Elle me laissait à peu près indifférente au début, puis SPEC est passé par là et j’ai réalisé qu’elle pouvait être excellente si elle incarnait un personnage intéressant et bien écrit. Je n’ai pas du tout été déçue par sa prestation en tant qu’actrice principale d’un drama qui, rapporté au format classique, compte l’équivalent de cinquante épisodes.

Les héroïnes d’asadora ont souvent la particularité d’être des enfants puis des jeunes femmes déterminées, c’est particulièrement le cas de Kimiko. Elle va tenir tête autant que possible à son père, supporter des conditions de travail difficiles, rebondir superbement après avoir dû renoncer à son premier rêve, se faire une place dans un univers exclusivement masculin, se battre pour son enfant, sacrifier beaucoup pour se réaliser en tant qu’artiste. S’il est évident que Tôda Erika n’a pas 16 ans comme son personnage dans les premières semaines du drama (je commence à être habituée au procédé de garder la même actrice pour incarner l’héroïne sur plusieurs dizaines d’années !), elle se débrouille vraiment bien pour montrer l’évolution de son personnage avec l’âge et avec les expériences qu’elle traverse. J’ai également bien apprécié la jeune Kawashima Yua qui joue le rôle de Kimiko enfant.

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Les pères d’héroïnes d’asadora sont en gros soit adorables, soit de vraies têtes à claques. Dans le genre adorable, il y a par exemple le papa de Hanako to Anne, qui va tout faire pour que sa fille puisse entrer dans une école prestigieuse malgré ses origines modestes. Dans le genre tête à claques, c’est immédiatement le père de Mare, éternel chouineur qui n’apprend rien de ses erreurs, qui me vient à l’esprit. Kawahara Jôji, le père de l’héroïne de Scarlet, se classe hélas dans cette seconde catégorie. Je sais bien que ce n’est pas du tout réaliste d’avoir uniquement de bons pères, mais le problème c’est qu’on essaie toujours de nous faire passer les mauvais pères pour des gars qui dans le fond veulent le bien de leur famille mais sont juste un peu maladroits alors il faut leur pardonner.

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Jôji boit, dépense tout l’argent de la famille dans son alcool, ne cessera de répéter à ses trois enfants que les filles, ça n’a pas besoin d’instruction. Bien sûr, personne ne bronche ou presque, en raison du respect dû au chef de famille. Franchement, j’ai du mal à croire qu’un homme de ce genre puisse ne pas être violent, mais ça évidemment on nous le montre pas, car ça deviendrait quand même un peu compliqué de le faire passer pour le gars sympa qui pleurniche parce que sa fille lui manque une fois qu’il l’a envoyée travailler à Ôsaka. Kitamura Kazuki est très doué pour rendre son personnage détestable, j’imagine qu’on peut aussi le trouver très sympathique quand on a des grosses œillères. Dans ces conditions, c’est dur de se faire une opinion de la mère (Tomita Yoshiko) : si elle est du côté de ses filles, elle se résigne bien vite et ne s’oppose pas à son mari (d’où mes suspicions de violence domestique). C’est aussi dur d’apprécier la relation que Jôji aura avec notre héroïne Kimiko devenue adulte : l’attachement sincère qu’elle garde malgré tout pour son père est bien dépeint, mais j’ai eu un peu de mal à y croire.

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La cadette de la famille, Naoko, est aussi têtue que son père. Ce trait de caractère et le fait qu’elle n’a pas à s’encombrer du rôle d’aînée comme Kimiko vont faire que c’est elle qui va le plus s’opposer à Jôji. J’ai découvert Sakuraba Nanami avec ce rôle, et je l’ai beaucoup aimée. Elle a des airs d’Ono Machiko, ce qui est plutôt bien pour jouer un personnage au caractère bien trempé.

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La benjamine, Yuriko, a 8 ans de moins que Kimiko et est la plus préservée de la fratrie. Elle est toujours très calme, presque dans la lune, et ne semble jamais contrariée. J’étais contente de revoir dans ce rôle Fukuda Mayuko, qui continue tranquillement sa carrière depuis Byakuyakou et Soredemo, ikite yuku.

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A son arrivée à Shigaraki, Kimiko va se faire deux amis en particulier parmi ses nouveaux camarades de classe. Cette amitié perdurera bien après la fin de sa scolarité, et le trio d’amis est franchement attachant. Shinsaku est le fils des propriétaires de l’épicerie du quartier. Une fois jeune adulte, le personnage est incarné par Hayashi Kento, que j’avais déjà croisé dans de tout petits rôles sans m’en souvenir vraiment mais que j’ai cette fois beaucoup apprécié. Le caractère de Shinsaku n’est pas évident à décrire, mais le personnage a clairement un petit côté décalé bien dosé qui le rend très sympathique.

Teruko est la fille du patron de la fabrique de poteries Marukuma, un des établissements les plus importants de Shigaraki où le père de Kimiko va d’ailleurs travailler. Une fois adulte, elle est incarnée par Ôshima Yûko, que je ne portais jusqu’ici pas particulièrement dans mon coeur. Mais en fait, le problème est surtout que les rôles dans lesquels je l’avais vue n’étaient pas intéressants et comptaient trop sur son côté gentille jolie fille ex-AKB. Teruko est un personnage qui a un peu plus de caractère et l’actrice sait la rendre attachante. C’est franchement chouette de la voir dans la dernière partie de l’histoire alors qu’elle a plus de 40 ans et a un look de baba qui aux yeux de certains ne la met sûrement pas en valeur mais qui casse bien son image et la rend beaucoup plus sympathique à mes yeux.

Quelque temps après son arrivée à Shigaraki, Kimiko va faire la connaissance de Kusama, un homme qui était en Mandchourie pendant la guerre et qui a été aidé à son retour sur l’archipel par Jôji (vous voyez, le bougre a bon coeur dans le fond !). Le jeune homme va apprendre le judo aux enfants de Shigaraki et devenir un véritable ami pour Kimiko. Satô Ryûta fait partie de ces acteurs que je ne m’attendais pas à voir dans un asadora (peut-être parce qu’à ma connaissance il a peu tourné pour la NHK ?) et que j’étais très heureuse de retrouver. J’aurais même aimé que son personnage ait un rôle plus important !

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A la fin de sa scolarité, Kimiko va devoir retourner à Ôsaka pour y travailler afin de soutenir financièrement sa famille. Elle va assister Okubo (Mitsubayashi Kyôko), l’intendante d’une petite pension, dans l’objectif de la remplacer un jour. Okubo (Mitsubayashi Kyôko, qui a joué dans au moins 3 autres asadora mais aucun de ceux que j’ai déjà vus) est un peu l’archétype du maître d’apprentissage à la japonaise : elle est bien sévère, fait bien sentir à son élève qu’elle n’est capable de rien et est très avare en compliments (mais c’est que comme ça qu’on apprend, bien sûr…). Parmi les pensionnaires, Sakata (Mizobata Junpei), étudiant en médecine, ne va sans surprise pas laisser notre héroïne insensible. Chiyako (Mizuno Miki) est une journaliste qui va beaucoup influencer Kimiko dans sa manière d’envisager son avenir, jouant le modèle de femme forte et indépendante qui évolue dans un univers très masculin. L’arc se passant dans la pension Araki étant plus court que ce qu’on peut penser au départ, on n’a pas beaucoup le temps de s’attacher aux personnages. Heureusement, Kimiko aura l’occasion d’en revoir certains par la suite :).

A son retour à Shigaraki, Kimiko va faire la connaissance de plusieurs personnes travaillant à la fabrique de poteries Marukuma. Il y a d’abord Fukano, qui dirige l’atelier de décoration de hibachi (sortes de braseros/réchauds d’intérieur), qui sont depuis longtemps une production clé de la fabrique (mais on le devine vite, avec la modernisation du Japon les habitudes changent et ça ne sera plus le cas par la suite). Fukano (Issey Ogata) était un peintre réputé avant d’arriver chez Marukuma. Bien loin du maître autoritaire et sûr de sa supériorité, il a une manière très particulière de traiter ses apprentis et ne va pas du tout se reposer sur ses acquis. Ce personnage un peu différent et décalé est franchement sympathique.

Kimiko rencontre Soyoda Hachirô lorsqu’il est embauché chez Marukuma à la fin de ses études. Le rêve du jeune homme est de devenir un artiste céramiste reconnu. Même s’il a des côtés assez vieux jeu (il en est conscient), j’ai tout de suite trouvé le personnage super sympathique et j’ai eu un gros coup de coeur pour son interprète que je ne connaissais pas du tout, Matsushita Kôhei. Il est à la base chanteur, et j’ai beaucoup hésité à écouter ce qu’il faisait car je pressentais que ça serait pas mon style. Effectivement, je ne pourrai pas devenir une grande fan, mais j’ai vraiment hâte de le revoir en tant qu’acteur !

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Mitsu est une étudiante en art qui apparaît un peu plus tard dans l’histoire. Bien qu’elle soit débutante dans l’univers de la poterie, elle n’hésite pas à exprimer son opinion auprès des personnes plus expérimentées. Pour certaines raisons, elle peut passer pour une “méchante” mais personnellement j’ai plutôt compati avec elle :). On retrouve dans ce rôle Kuroshima Yuina, qui a depuis été choisi pour être l’héroïne de l’asadora du printemps 2022.

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Takeshi est un personnage qui apparaît dans la dernière partie de Scarlet et incarne la nouvelle génération. On traite encore une fois à travers lui la thématique de la vocation à suivre le même chemin que ses parents, question particulièrement pertinente quand il s’agit d’un domaine artistique. J’ai trouvé Itô Kentarô convaincant dans ce rôle qui a des aspects pas évidents, dommage qu’il y ait peu de probabilités de le revoir car il a un peu grillé sa carrière en se faisant arrêter après avoir causé un accident de la route sous l’emprise de l’alcool…

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Malgré un début un poil terni par le personnage de Jôji qui me tapait un peu trop sur les nerfs, j’ai tout de suite apprécié Scarlet. C’était un plaisir de voir Kimiko avancer semaine après semaine et de découvrir le chemin qui allait l’amener à devenir une artiste reconnue dans son domaine. J’ai également beaucoup aimé découvrir certains aspects techniques de la création de céramiques, notamment par rapport à la cuisson et les différentes manières de leur donner des couleurs. A travers le parcours de Kimiko et d’autres personnages, on nous pose la question de la limite entre artisanat et art : est-il forcément plus valorisant de faire des objets uniques estimés et montrés dans des expositions, que des objets produits en plus grand nombre mais utilisés au quotidien, qui peuvent néanmoins être magnifiques ? Je dois dire que depuis que j’ai vu l’asadora, j’ai encore plus de mal à ne pas acheter quelques petits objets en céramique quand on voyage quelque part au Japon ! Et oui, comme je n’ai jamais mis les pieds dans ce coin j’espère bien voir un jour Shigaraki et le lac Biwa :).

Si notre héroïne suit le chemin classique de se marier et de fonder une famille, il y a des éléments dans cette histoire personnelle qui changent un peu de d’habitude, surtout si l’on considère l’époque à laquelle se déroule l’histoire. Dès la rencontre, le couple qu’elle forme avec son conjoint est super attachant et d’un sens cela m’a fait regretter encore plus qu’il n’y ait pas un peu plus de manifestations d’affection (surtout un moment en particulier où on croit vraiment qu’on va y avoir le droit ^^). Il y a un moment particulièrement dur dans la vie de Kimiko, c’était d’autant plus dur que je m’étais un peu spoilé en regardant la biographie du personnage ayant inspiré le drama. Mais le thème central dans cette partie de l’histoire est judicieusement traité, et du coup j’aurais même aimé qu’on ait plus le temps de voir plus en détail l’influence que les événements avaient eu sur la vie de Kimiko par la suite.

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Je m’étais réjouie pendant la diffusion de Scarlet de voir que la NHK avait mis en ligne sur sa chaîne Youtube plusieurs vidéos en lien avec la série, notamment le générique et plusieurs morceaux de l’OST. Hélas, le but de l’opération était juste de faire la promo de l’asadora pendant sa diffusion, et tout a disparu quand il a été terminé… De toute façon, c’était probablement zoné. J’ai trouvé des vidéos non officielles mais bien sûr, je ne sais pas quelle sera leur durée de vie !

La chanson du générique de Scarlet est signé Superfly, un duo que je connais depuis pas mal de temps de loin. La mélodie de la chanson est super chouette et prenante dès les premières écoutes, un grande réussite. Les images choisies manquent peut-être un peu de couleurs à mon goût, mais le concept rend parfaitement hommage au thème principal du drama et il m’a beaucoup rappelé un des génériques de Honey & Clover.

L’OST de Scarlet a été composé par Tôno Yumi, une compositrice qui travaille principalement pour la NHK mais qui n’avait pas encore oeuvré pour un feuilleton du matin. J’ai beaucoup aimé ses compositions, et notamment son utilisation du violoncelle, un instrument dont j’adore vraiment le son. Le morceau que l’on entend dans des moments clé de l’histoire (deuxième vidéo) est vraiment magnifique et illustre parfaitement l’intensité des scènes. J’ai l’impression que dans ses derniers feuilletons du matin, la NHK propose plus de variété au niveau de la musique même pour des histoires non contemporaines et j’apprécie pas mal.

Scarlet est pour moi l’asadora par excellence qui, sans renouveler du tout le genre, en utilise parfaitement le schéma et parvient à captiver le spectateur grâce à des personnages dans l’ensemble très attachants (mention spécial au trio d’amis de Shigaraki !) et un univers professionnel passionnant. Même si j’espère que la NHK va continuer régulièrement à explorer des pistes un peu différentes, je n’ai pas boudé mon plaisir et si certains acteurs ou actrices du casting ou le thème du drama vous intéressent particulièrement, Scarlet est un excellent ambassadeur pour découvrir l’univers des asadora.

2 Commentaires

    • Quelle coïncidence ! Pas plus tard qu’hier je cherchais une série pour rentabiliser notre abo Netflix avant de regarder la dernière saison de Shinya shokudô – Tokyo stories et je me suis rappelé qu’on m’avait déjà conseillé Hibana. Et du coup effectivement, maintenant que je connais Hayashi Kento, ça me tente encore plus ! 🙂

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